L’un des pilotes de l’avion d’Amazon qui s’est accidenté sur une piste de Miami, causant la mort de cinq personnes, avait signalé à plusieurs reprises, près de deux minutes à l’avance, que l’appareil approchait à une vitesse trop élevée. Il avait également insisté à la dernière seconde pour que l’atterrissage soit interrompu, selon les extraits de l’enregistrement du poste de pilotage rendus publics mercredi par les enquêteurs.
Le Bureau national de la sécurité des transports des États-Unis (NTSB) a divulgué certains détails de l’enregistrement après que les enquêteurs ont interrogé les deux pilotes, mais la transcription complète ne sera rendue publique qu’ultérieurement. L’agence a indiqué que l’autre pilote n’avait pas toujours réagi aux avertissements concernant la vitesse.
L’avion d’Amazon a approché la piste à grande vitesse, avant d’y atterrir en la manquant par 400 mètres, puis a percuté une camionnette transportant les employés d’une entreprise de nettoyage d’avion, un VUS compact, pour finalement prendre feu, dimanche après-midi.
Les cinq personnes qui ont perdu la vie se trouvaient toutes dans la camionnette. Cinq autres ont été blessées, dont deux qui étaient toujours dans un état critique mardi. Les deux pilotes ont survécu.
Au moment où l’un d’entre eux a signalé pour la première fois que l’avion allait trop vite, l’équipage aurait eu la possibilité de prendre plusieurs mesures pour le ralentir, notamment déployer les réducteurs de portance, réduire la puissance des moteurs et abaisser le train d’atterrissage, selon l’ancien responsable de l’agence fédérale d’aviation des États-Unis (FAA) Mike O’Donnell.
Les pilotes auraient également pu simplement interrompre l’atterrissage à ce moment-là et effectuer un tour de piste pour réessayer.
«On a largement le temps de ralentir, largement le temps de se dire: “faisons simplement un petit tour à deux minutes de l’atterrissage”», a déclaré M. O’Donnell, qui était autrefois chargé de superviser la sécurité aéroportuaire et les enquêtes sur les accidents.
Ce Boeing 767, vieux de 32 ans, avait initialement été construit pour transporter des passagers et a volé pour plusieurs compagnies aériennes à l’étranger pendant plus de deux décennies avant d’être converti en avion-cargo en 2015, selon le site de suivi des vols Flightradar24.
Ce dernier vol était assuré par 21 Air, une compagnie de fret installé en Caroline du Nord.
L’historique de propriété de l’appareil, ses dossiers de maintenance et son exploitation par 21 Air devaient faire l’objet d’un examen par les enquêteurs du NTSB.
Il s’agit du deuxième écrasement d’un avion-cargo aux États-Unis en moins d’un an. En octobre, un avion d’UPS s’était écrasé après avoir perdu un moteur alors qu’il accélérait sur la piste de l’aéroport international Muhammad Ali de Louisville. L’accident avait coûté la vie aux 3 pilotes et à 12 personnes au sol, 23 autres personnes avaient été blessées.
