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Un nouvel ouvrage s’intéresse aux femmes de la famille royale britannique

La société considère souvent les femmes de la famille royale comme des symboles de ses espoirs, de ses craintes et de ses frustrations.

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Kate, princesse de Galles, de gauche à droite, Meghan Markle, duchesse de Sussex, Diana, princesse de Galles, et la reine Camilla. (AP Photo/Chris Jackson/Jonathan Brady/Martin Cleaver) Kate, princesse de Galles, de gauche à droite, Meghan Markle, duchesse de Sussex, Diana, princesse de Galles, et la reine Camilla. (AP Photo/Chris Jackson/Jonathan Brady/Martin Cleaver)

Tout au long de l’histoire, les femmes de la royauté n’ont presque jamais été jugées selon leurs propres mérites. On les compare souvent, on les juge, on les loue, on les critique et, le plus souvent, on les oppose les unes aux autres.

Cette idée est au cœur du nouvel ouvrage majeur de Catherine Mayer, Divide & Rule: Royal Women and Their Battles. D’Anne Boleyn à la reine Élisabeth Ire à Diana et Catherine, princesse de Galles, en passant par Meghan, duchesse de Sussex, Catherine Mayer montre comment la société a contraint les femmes de la famille royale à s’inscrire dans des récits qui en disent davantage sur les valeurs culturelles que sur les femmes elles-mêmes.

Ce texte une traduction d’un article de CTV News.

Catherine Mayer explique que la société considère souvent les femmes de la famille royale comme des symboles de ses espoirs, de ses craintes et de ses frustrations. Cela crée un cercle vicieux de comparaisons qui perdure depuis des siècles.

Dans son ouvrage, Catherine Mayer met en lumière ce qu’elle appelle des «similitudes troublantes» dans la manière dont les femmes de la famille royale sont perçues au fil du temps. Les récits changent, mais les mêmes schémas se répètent sans cesse. Depuis des années, le public se sent poussé à choisir son camp: Diana ou Camilla ; Catherine ou Meghan. Les médias qui couvrent la monarchie ont tendance à attiser ce phénomène en opposant héros et méchants, gagnants et perdants.

L’autrice établit une comparaison audacieuse entre Meghan Markle et Anne Boleyn. Elle affirme que ces deux femmes étaient considérées comme des outsiders porteurs d’espoir de changement, mais confrontées en même temps à une forte opposition. Un passage marquant du livre évoque une femme qui était «une héroïne pour certains, une figure honnie pour d’autres». Elle explique comment ses partisans croyaient qu’elle pouvait transformer la monarchie, tandis que ses détracteurs la rejetaient comme une intruse. Cette description correspond à Meghan, mais montre qu’elle s’applique tout aussi bien à Anne Boleyn.

Le poids des attentes

Que l’on soit d’accord ou non avec cette comparaison, elle soulève une question importante. Pourquoi certaines femmes de la famille royale suscitent-elles des opinions aussi tranchées? La réponse réside peut-être dans le poids des attentes. Au cours de l’histoire, les femmes de la famille royale qui ont le mieux réussi ont souvent incarné la continuité plutôt que de la remettre en cause. Catherine Mayer souligne que «la voie la plus sûre vers la popularité» consiste à maîtriser le rôle traditionnel.

Catherine, princesse de Galles, semble incarner une version moderne de cette idée. Son attitude posée, son sens du devoir et la manière réfléchie dont elle gère sa vie publique lui ont valu de nombreux éloges et une multitude d’admirateurs. Elle est mise sur un piédestal, considérée comme la meilleure des épouses et des femmes de la famille royale.

Le chapitre qui lui est consacré dans le livre de Mayer s’intitule même «Kate:“Qu’est-ce qu’elle ne sait pas faire?”». «Tapez son nom (et ceux des autres) sur Google et les résultats les plus récents regorgent du même trio d’adjectifs : “belle”, “rayonnante”, “parfaite”», a écrit l’autrice.

Elle poursuit en disant : «Ses camarades de classe se souviennent d’elle comme de “l’élève parfaite”, tandis que l’auteur du livre, Robert Jobson, correspondant royal chevronné, ne détecte pas le moindre défaut chez cette femme adulte. À ses yeux, elle incarne «l’image par excellence d’une princesse digne d’une carte postale.»

Pourtant, on compare souvent Catherine à Meghan. Au cours des 10 dernières années, une grande partie des discussions concernant Catherine a fait référence à Meghan d’une manière ou d’une autre. Ce qui est surprenant, c’est que ces comparaisons ne révèlent que très peu de choses sur l’une ou l’autre de ces femmes. Elles montrent plutôt comment la société tente encore de définir les femmes en créant une rivalité entre elles.

«Meghan n’est pas Diana»

Ce même schéma a façonné la façon dont les gens percevaient Diana de son vivant. Beaucoup se souviennent aujourd’hui d’elle comme d’une humanitaire appréciée et d’une figure mondiale. Mais avant sa mort, certains médias brossaient un portrait très différent d’elle. Mayer souligne que Diana a dû faire face à de vives critiques et à de l’hostilité bien avant que sa mort ne fasse d’elle une figure presque légendaire.

«Meghan a également été comparée à Diana au fil des ans. “Meghan n’est pas Diana”, m’a récemment confié à voix basse un initié du palais. Si ce sentiment vous parle, pensez à la haine qui visait Diana», a écrit l’autrice.

«Souvenez-vous de la chronique du Sunday Mirror sur Diana, parue dans les kiosques le matin même de sa mort. “C’est dommage que Gucci ne fabrique pas de fermetures éclair de créateur pour le visage.” Diana n’était pas non plus Diana – jusqu’à ce qu’elle ne puisse plus s’exprimer elle-même», a-t-elle ajouté.

Nous avons vu cela se produire à maintes reprises. Une femme fait son entrée dans la famille royale. Au début, les gens y voient un vent de fraîcheur. Les espoirs grandissent. Mais le regard critique ne tarde pas à se durcir. Chacun de ses choix est passé au crible. Chaque erreur, réelle ou imaginaire, devient une preuve pour ceux qui cherchent à la critiquer. Au fil du temps, la femme elle-même s’efface, ensevelie sous le poids des récits que les autres créent à son sujet. C’est pourquoi Divide & Rule semble si important en ce moment. Le livre ne se concentre pas uniquement sur la monarchie. Il explore la manière dont la société parle des femmes, les juge et, souvent, les monte les unes contre les autres aux yeux du public.

Meghan Markle, duchesse de Sussex, participe à la marche « Scar Tree Walk » à Melbourne, en Australie, ce jeudi 16 avril 2026. (Jonathan Brady/Pool Photo via AP) Meghan Markle, duchesse de Sussex, participe à la marche « Scar Tree Walk » à Melbourne, en Australie, ce jeudi 16 avril 2026. (Jonathan Brady/Pool Photo via AP)

Comme l’affirme Catherine Mayer, la pratique consistant à «monter les femmes les unes contre les autres nuit non seulement à elles, mais à nous tous». Cette observation s’étend bien au-delà des murs du palais.

De la politique au divertissement en passant par les réseaux sociaux, les femmes continuent d’être jugées à l’aune de normes impossibles à atteindre et comparées les unes aux autres d’une manière dont les hommes le sont rarement, et bien sûr, la presse alimente et amplifie ce phénomène à chaque occasion.

La monarchie offre peut-être la scène la plus visible, mais elle est loin d’être la seule. l’autrice écrit : «J’espère que ce livre contribuera à briser le cercle vicieux qui calomnie les femmes de la famille royale au détriment de toutes les femmes, mais la presse ne semble guère disposée à changer ses habitudes, son attitude envers Kate, Meghan et les autres femmes de la famille Windsor restant aussi prédatrice que jamais.»

Alors que le roi Charles III prend la tête de la famille royale et que le prince William assume davantage de responsabilités pour l’avenir, une question demeure : les choses ont-elles changé? La prochaine génération de femmes de la famille royale aura-t-elle la chance de forger sa propre identité? Continueront-elles à porter le poids de conflits qui ont commencé bien avant leur époque? Mayer suggère que la réponse ne repose peut-être pas tant sur les femmes elles-mêmes que sur la capacité de la société à cesser enfin de prendre parti.

Anne Boleyn contre Catherine d’Aragon? Élisabeth Ire contre Marie, reine d’Écosse? Diana contre Camilla? Kate contre Meghan? Vous n’avez pas à choisir.

Afua Hagan est collaboratrice pour CTVNews.ca, où elle couvre principalement l’actualité de la famille royale. Basée à Londres et à Accra, elle commente régulièrement les questions relatives à la famille royale dans divers médias internationaux et est une figure de proue de la diversité en Grande-Bretagne.