Le ministre britannique de la Défense Wes Streeting a qualifié mardi d’«irresponsable» l’exercice de tir réel dans la Manche mené par un navire de guerre russe lundi au large de Plymouth (sud-ouest de l’Angleterre), rapporté plus tôt par son ministère.
Cet «exercice» s’est produit «à environ 40 miles nautiques» (64 km) «au sud de Plymouth», a indiqué un porte-parole du ministère britannique de la Défense.
«La Royal Navy a surveillé l’exercice, continue de suivre de près l’activité du navire et se tient prête à protéger la sécurité nationale du Royaume-Uni», a-t-il ajouté.
«Ce n’est pas la première fois que la Russie se comporte de cette manière, et franchement ce n’est que la partie émergée de l’iceberg des menaces quotidiennes auxquelles (le Royaume-Uni) est confronté, tout comme nos alliés», a réagi le ministre Wes Streeting, nommé la veille par le nouveau chef du gouvernement travailliste Andy Burnham.
Le ministère précise que le bâtiment russe avait prévenu le patrouilleur britannique HMS Tyne, présent dans la zone, de son intention de procéder à ces tirs, et lui a demandé de se repositionner à une distance plus sûre.
L’exercice a duré une trentaine de minutes.
Il est intervenu le jour de l’arrivée à Downing Street du nouveau premier ministre Andy Burnham, et dans un contexte de tensions croissantes avec la Russie dans la Manche et dans les eaux du nord de l’Europe.
Mi-juin, les forces britanniques ont intercepté un pétrolier de la flotte fantôme russe dans la Manche.
Deux jours plus tard, un voilier immatriculé au Royaume-Uni a signalé avoir reçu des coups de semonce tirés par un navire de guerre russe alors qu’il naviguait au sud de l’île de Wight, en dehors des eaux territoriales britanniques.
Le premier ministre d’alors, Keir Starmer, avait dénoncé une action «imprudente», tandis que le ministère russe de la Défense a assuré que le voilier s’approchait «dangereusement» de la frégate russe.
Le Kremlin a indiqué mardi n’avoir «aucun espoir» d’amélioration des relations avec Londres après l’arrivée au pouvoir d’Andy Burnham, en dénonçant le «soutien inconditionnel» à l’Ukraine affiché par le nouveau Premier ministre britannique.
