Le ministre grec des Migrations a fait l’éloge de Donald Trump pour avoir largement contribué à durcir la politique migratoire en Europe, dans une interview mise en avant par le président américain sur son réseau social.
«Pour moi, la meilleure chose que le président Trump ait faite, c’est d’avoir changé la politique migratoire aux États-Unis, mais aussi en Europe», a déclaré le ministre, Thanos Plevris, dans un long entretien au site conservateur américain Breitbart News.
L’entrevue, partagée dans la foulée par le président Trump sur son réseau Truth social, est largement reprise lundi par la presse grecque.
«Je suis un admirateur du président Trump (…) Nous avions une mauvaise politique (migratoire) en Europe», a estimé M. Plevris, pour qui les «sondages» et «le message de nos citoyens» sur le sujet «est clair : ça suffit».
De même si le vice-président américain JD Vance, dont un discours aux Européens sur leur politique migratoire avait suscité la controverse l’année dernière, «venait aujourd’hui ici, non seulement en Grèce, mais aussi en Europe, il constaterait que l’Europe a modifié sa politique migratoire», a affirmé le ministre.
Pour son entrevue à Breitbart News, il a fait visiter un centre d’opérations dédié au contrôle des flux migratoires aux frontières et des 33 camps de migrants répartis à travers la Grèce.
«Nous avons une politique stricte, mais juste», a assuré M. Plevris, ancien membre du parti d’extrême-droite Laos et ministre des Migrations depuis juin 2025 au sein du gouvernement du premier ministre conservateur Kyriakos Mitsotakis.
Auteur d’une nouvelle loi qui a considérablement durci les conditions d’accueil pour les migrants et les demandeurs d’asile, il est également adepte des centres en dehors de l’Europe pour y renvoyer les exilés déboutés, décrits comme «hub» de retour.
Cette politique est vivement critiquée par des ONG, inquiètes notamment de «l’affaiblissement et de la dégradation continus des services aux mineurs non accompagnés».
Sur les récents évènements dans l’enclave espagnole de Ceuta, où 72 000 migrants ont franchi la frontière depuis le Maroc, lors d’un mouvement d’une ampleur sans précédent, M. Plevris a jugé que «l’Union européenne doit disposer d’un instrument institutionnel pour faire face à des situations extrêmes» de ce genre.
Il a rappelé que la Grèce a été confrontée à des situations similaires, en 2020 notamment, et estimé «que certaines politiques nationales, telles que les régularisations massives de migrants, peuvent fonctionner comme un facteur d’attraction pour les réseaux de passeurs et l’immigration illégale», cité par l’agence de presse grecque Ana.
