Vendredi, un juge fédéral a refusé d’empêcher l’administration Trump de prendre des mesures visant à construire son mur frontalier le long d’une partie d’une réserve autochtone, sans le consentement de celle-ci.
Le juge fédéral de district Richard Leon a rejeté la demande de la nation Tohono O’odham visant à obtenir une injonction judiciaire pour suspendre la construction du mur frontalier sur sa réserve de 2,8 millions d’acres. Le juge Leon a estimé que la nation n’avait pas démontré qu’un mur frontalier modifierait sans l’autorisation du Congrès les limites de sa réserve.
Le juge a également rejeté l’argument de la nation selon lequel le mur frontalier prévu empiéterait illégalement sur sa réserve.
«Et dans tous les cas, j’estime que les intérêts du gouvernement en matière de sécurisation de la frontière, d’application des lois sur l’immigration et de garantie de la sécurité publique l’emportent sur tout préjudice irréparable qui pourrait subsister à ce stade», a écrit le juge Leon.
Un porte-parole de la nation n’a pas immédiatement répondu à un courriel lui demandant de commenter cette décision.
La réserve des O’odhams, située dans le désert du Sonora en Arizona, longe la frontière mexicaine sur 200 kilomètres. La nation compte plus de 37 000 membres, dont des milliers vivent au Mexique.
La construction du mur frontalier entraînerait des «ravages considérables» sur la réserve, notamment la destruction de sommets montagneux sacrés pour les O’odhams, ont soutenu leurs avocats.
«Cela affaiblirait les liens entre les communautés et les familles O’odhams situées de part et d’autre de la frontière, perturberait considérablement les rituels et pratiques religieuses, et détruirait des ressources végétales et animales sacrées», ont-ils écrit.
En 1907, le président Theodore Roosevelt a publié une proclamation réservant une bande de 18 mètres de terres publiques le long de la frontière américano-mexicaine pour en faire une zone tampon appelée «réserve Roosevelt», une décennie avant la création de la réserve.
Les avocats de la nation affirment qu’il est «au mieux fantaisiste» de suggérer que la construction du mur frontalier puisse se limiter à un couloir de 18 mètres de large.
Lors d’une audience tenue le 22 juillet, le juge Leon s’est montré sceptique quant à la possibilité que la législation américaine donne raison aux O’odhams dans leur demande d’injonction préliminaire, qualifiant celle-ci de requête «extraordinaire».
Le juge Leon, qui a été nommé à la magistrature par le président républicain George W. Bush, a déclaré ne pas avoir trouvé de décision judiciaire antérieure dans des circonstances comparables.
«Il s’agit d’une affaire inédite soulevant des questions inédites», a-t-il affirmé.
Michael Kunzelman, The Associated Press
