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Un juge hondurien accorde la liberté à l'ancien président Juan Orlando Hernández

Cette affaire est suivie de près, car elle est considérée comme un test décisif pour le système judiciaire du pays.

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L'ancien président hondurien Juan Orlando Hernández est entouré de partisans après son arrivée à l'aéroport de Toncontin à Tegucigalpa, au Honduras, le dimanche 26 juillet 2026. Photo AP L'ancien président hondurien Juan Orlando Hernández est entouré de partisans après son arrivée à l'aéroport de Toncontin à Tegucigalpa, au Honduras, le dimanche 26 juillet 2026. Photo AP (Fernando Destephen)

Un juge hondurien a décidé lundi que l’ancien président Juan Orlando Hernández, qui est récemment rentré dans ce pays d’Amérique centrale après avoir bénéficié d’une grâce accordée par Donald Trump pour des accusations de trafic de drogue aux États-Unis, ne sera pas incarcéré pendant son procès pour fraude et blanchiment d’argent.

Cette affaire est suivie de près, car elle est considérée comme un test décisif pour le système judiciaire du pays, les détracteurs affirmant que l’ancien dirigeant a régné en toute impunité pendant des années.

M. Hernández, autrefois considéré comme un allié des États-Unis dans la lutte contre le trafic de drogue, a dirigé le Honduras de 2014 à 2022, période durant laquelle il se vantait de vouloir «fourrer la drogue sous le nez des gringos», selon les procureurs américains.

Il a été extradé vers les États-Unis pour y être jugé pour trafic de drogue peu après avoir quitté ses fonctions et a été condamné à 45 ans de prison.

Le président américain Donald Trump lui a accordé de manière inattendue une grâce l’année dernière et a soutenu le candidat de son parti à la présidence, Nasry Asfura, qui a pris ses fonctions en janvier.

M. Hernández, âgé de 57 ans, fait l’objet de poursuites dans le cadre d’une affaire connue sous le nom de «Pandora I», qui allègue qu’un réseau d’anciens hauts fonctionnaires, entre 2010 et 2013, a participé à l’extension et à l’approbation de versements de fonds publics totalisant plus de 10,8 millions $ US, soit environ 288 millions de lempiras, à diverses fondations, selon une enquête menée par l’Unité spécialisée du parquet contre les réseaux de corruption (UFERCO).

Selon l’UFERCO, M. Hernández aurait tiré profit de ces versements, recevant au moins 2,3 millions $ US, soit environ 62 millions de lempiras, pour sa campagne politique par le biais de divers stratagèmes, notamment la création de sociétés-écrans, le recours à des prête-noms et la conclusion de contrats fictifs.

D’autres hauts responsables impliqués dans l’affaire «Pandora I», dont les poursuites ont été classées sans suite, laissent entrevoir l’issue probable pour M. Hernández, selon des experts juridiques.

L’ancien président est resté aux États-Unis jusqu’à ce qu’un juge suspende en juin le mandat d’arrêt lancé contre lui au Honduras.

Les procureurs ont demandé qu’il soit maintenu en détention pendant la durée de la procédure, mais le juge a rejeté cette demande lundi.

Le tribunal a toutefois imposé certaines restrictions à M. Hernández. Il lui est interdit de quitter le pays et il doit se présenter au tribunal une fois par semaine.

M. Hernández a nié les accusations portées contre lui et a déclaré qu’il acceptait de faire face à cette affaire, qui «n’a aucun fondement juridique».

Il comparaîtra à nouveau devant le tribunal pour sa prochaine audience le 12 août.