International

Un Irakien est accusé d'avoir planifié un attentat contre une synagogue à New York

Publié le 

Cette photo, issue d'une plainte pénale rendue publique vendredi 15 mai 2026 par le tribunal fédéral de première instance du district sud de New York, montre Mohammad Baqer Saad Dawood Al-Saadi, à droite, en compagnie de Qasem Soleimani, ancien comma... Cette photo, issue d'une plainte pénale rendue publique vendredi 15 mai 2026 par le tribunal fédéral de première instance du district sud de New York, montre Mohammad Baqer Saad Dawood Al-Saadi, à droite, en compagnie de Qasem Soleimani, ancien commandant de la Force Qods du Corps des gardiens de la révolution islamique iranienne, telle qu'elle apparaît sur le compte Snapchat d'Al-Saadi selon une plainte pénale fédérale. (Tribunal fédéral de première instance du district sud de New York via AP) (Uncredited)

Un Irakien accusé d’avoir planifié au moins 18 attentats terroristes en Europe en représailles à la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran, a été arrêté et inculpé pour soutien à des organisations terroristes soutenues par l’Iran.

Selon une plainte rendue publique vendredi devant un tribunal fédéral de Manhattan, Mohammad Baqer Saad Dawood Al-Saadi a cherché à attaquer une synagogue de New York le mois dernier et a fourni à un agent infiltré des photos et des cartes de centres juifs à Los Angeles et à Scottsdale, en Arizona, qu’il prévoyait de prendre pour cibles.

Al-Saadi est également accusé d’implication dans deux attaques récentes au Canada: une attaque contre une synagogue et une fusillade au consulat américain de Toronto en mars.

Les procureurs américains ont indiqué qu’il avait dirigé et incité d’autres personnes à attaquer des intérêts américains et israéliens, notamment en tuant des Américains et des Juifs.

Al-Saadi a publié des messages concernant ces attaques sur Snapchat et Telegram et en a parlé lors d’appels téléphoniques enregistrés par un informateur de la police fédérale américaine (FBI) dont il avait sollicité l’aide pour planifier des attaques aux États-Unis, selon la plainte.

Al-Saadi a mentionné à l’informateur qu’il était prêt à tuer des personnes lors de telles attaques, selon la plainte.

Al-Saadi, âgé de 32 ans, est accusé de complot en vue de fournir un soutien matériel au Kata’ib Hezbollah, un groupe militant chiite irakien soutenu par l’Iran, et au Corps des gardiens de la révolution islamique iranien, tous deux désignés par le gouvernement américain comme des organisations terroristes étrangères. Les procureurs américains ont déclaré qu’Al-Saadi était un commandant du Kata’ib Hezbollah.

Il est également accusé de complot et de soutien matériel à des actes de terrorisme, ainsi que de complot en vue de faire exploser un lieu public.

Le directeur du FBI, Kash Patel, a décrit Al-Saadi comme une «cible de grande importance responsable de terrorisme mondial de grande envergure» et a souligné que son arrestation était le fruit d’une «mission juste menée de main de maître» par les agents, les enquêteurs, les unités tactiques et les partenaires des forces de l’ordre de l’agence.

La commissaire de police de New York, Jessica Tisch, dont les agents ont enquêté sur Al-Saadi dans le cadre de la Force opérationnelle conjointe contre le terrorisme du FBI, a déclaré que cette affaire «mettait en évidence les menaces mondiales que représentent le régime iranien et ses mandataires, tels que Kata’ib Hizballah».

Al-Saadi a souri tout au long de sa première comparution devant le tribunal, mais n’a pas pris la parole.

Par l’intermédiaire de son avocat, il s’est qualifié de prisonnier politique et de prisonnier de guerre, affirmant qu’il était persécuté par les autorités américaines en raison de ses liens avec Qasem Soleimani, le chef des Gardiens de la révolution tué lors d’une frappe de drone américain à Bagdad en 2020.

Al-Saadi n’était pas tenu de plaider. Il restera en détention, mais pourra demander une libération sous caution.

Son avocat, Andrew Dalack, a avancé qu’Al-Saadi avait été arrêté en Turquie et remis aux autorités américaines. Dans sa déclaration, M. Patel a remercié l’ambassadeur américain en Turquie, Tom Barrack, le qualifiant de «déterminant pour mener à bien cette mission aux États-Unis».

Al-Saadi est maintenu à l’isolement depuis son arrivée dans une prison fédérale de Brooklyn jeudi soir, a précisé Me Dalack, ajoutant qu’un tel traitement était «inhabituel compte tenu de la nature des chefs d’accusation retenus dans la plainte».

D’autres attaques

Selon l’acte d’accusation, Al-Saadi et des complices non identifiés ont planifié, coordonné et revendiqué une série d’attaques au nom de Harakat Ashab al-Yamin al-Islamiya, une branche du Kata’ib Hizballah, depuis le début de la guerre le 28 février.

Parmi ces attaques figurent l’attentat à la bombe contre un bâtiment de la Bank of New York Mellon à Amsterdam à la mi-mars et une tentative d’attentat à la bombe contre une agence de la Bank of America à Paris le 28 mars, précise la plainte. Des adolescents suspects avaient déjà été arrêtés dans ces deux affaires.

L’attaque d’Amsterdam a provoqué un incendie et causé d’importants dégâts au bâtiment, mais n’a fait aucun blessé, selon les médias locaux. Elle a suivi une explosion devant une école juive à Amsterdam, qu’Al-Saadi a célébrée sur Snapchat avec une vidéo portant la marque d’Ashab al-Yamin montrant l’explosion et les assaillants s’enfuyant à moto, selon la plainte pénale.

À Paris, la police a découvert une bombe artisanale composée d’un bidon rempli d’essence scotché à un puissant feu d’artifice. Les experts légistes ont déclaré que l’engin contenait 650 grammes d’explosifs et qu’il aurait pu produire une énorme boule de feu et déclencher un incendie majeur.

Le mois dernier, Al-Saadi a envisagé de faire exploser des sites juifs aux États-Unis et a proposé à l’agent infiltré 10 000 $ US en cryptomonnaie pour ce qu’il envisageait comme des attaques simultanées contre la synagogue de New York et les centres juifs en Arizona et en Californie, selon la plainte pénale.