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Un homme touché par balle par un agent de l’ICE dans le Bronx

Le maire de New York, Zohran Mamdani, a qualifié la situation d’«inadmissible et d’incroyablement grave»

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Des personnes se rassemblent près de la scène où un homme a été atteint par balle d'un agent de l'ICE, une manifestante brandissant une pancarte sur laquelle est écrit «Laissez nos voisins tranquilles, meurtriers», le 8 octobre 2026, à New York. (Pho... Des personnes se rassemblent près de la scène où un homme a été atteint par balle d'un agent de l'ICE, une manifestante brandissant une pancarte sur laquelle est écrit «Laissez nos voisins tranquilles, meurtriers», le 8 octobre 2026, à New York. Photo AP (Seth Wenig)

Un agent de la police fédérale américaine de l’immigration, communément appelée ICE, a blessé par balle un homme dominicain alors qu’il procédait à son arrestation jeudi à New York, dans le cadre de ce que le Département de la Sécurité intérieure (DHS) a qualifié d’«opération de contrôle ciblée». Les manifestants ont dénoncé cet incident comme illustrant les dangers de la répression menée par l’administration Trump en matière d’immigration.

L’homme a survécu et est actuellement soigné à l’hôpital, a indiqué l’agence. Celle-ci n’a pas précisé les circonstances exactes qui ont conduit à la fusillade, se contentant de déclarer que «lors de l’incident, un agent de l’ICE a fait usage de son arme» et que l’homme a été blessé.

Le DHS l’a décrit comme un «alien illégal criminel», déjà condamné pour vol aggravé et ayant fait l’objet d’autres arrestations par le passé. La police de New York l’avait arrêté en décembre 2023, mais il avait été remis en liberté, a précisé le DHS.

Dans un communiqué, le maire Zohran Mamdani a qualifié la situation d’«inadmissible et d’incroyablement grave», et le démocrate a déclaré qu’il comptait demander au président Donald Trump de mettre fin à toutes les opérations fédérales de contrôle de l’immigration dans la ville. D’autres élus locaux ont également réclamé l’arrêt des opérations fédérales de contrôle de l’immigration dans la ville, et certains se sont précipités sur les lieux pour tenir une conférence de presse animée condamnant la fusillade.

«Nous sommes bouleversés et révoltés», a affirmé la conseillère municipale Carmen De La Rosa, une démocrate originaire de la République dominicaine qui représente actuellement le quartier où la fusillade a eu lieu. D’autres élus ont maudit l’ICE et Donald Trump.

Les manifestants présents sur place ont scandé «L’ICE hors de nos rues, maintenant !», puis ont défilé jusqu’à l’hôpital où l’homme blessé était soigné. Une foule importante a bloqué une intersection à l’entrée de l’hôpital, et, alors que la police commençait à installer des barricades pour permettre le passage des ambulances et des autres véhicules, certains manifestants ont bousculé les barrières et lancé des bouteilles d’eau sur les agents.

Le DHS s’est plaint que ses agents «soient contraints de procéder à des arrestations à grande échelle au sein de la communauté, dans des environnements imprévisibles et dangereux» lorsque de «dangereux aliens illégaux» sont remis en liberté.

Il a imputé la responsabilité à des «politiques de sanctuaire irresponsables» dans les zones dirigées par les démocrates. Il n’existe pas de définition claire des juridictions «sanctuaires», mais le terme s’applique généralement aux gouvernements des États et aux collectivités locales qui limitent leur coopération avec les autorités fédérales responsables de l’immigration.

Les agents de l’ICE ont fait usage de leurs armes lors de plus d’une douzaine de contrôles routiers depuis l’année dernière, tuant au moins quatre personnes et en blessant d’autres. Fin septembre, l’ICE a ordonné à ses agents de ne pas se lancer dans des poursuites automobiles à grande vitesse et de ne procéder à des contrôles routiers que s’ils avaient suivi une formation spécifique.

Des communautés face à des agents dont l’identité est dissimulée

La fusillade de jeudi s’est déroulée à Marble Hill, un petit quartier de Manhattan rattaché au Bronx.

Pedro Almaraz, employé d’un restaurant voisin, a rapporté avoir entendu environ trois ou quatre coups de feu et avoir vu un homme à terre, encerclé par plusieurs agents portant des masques et des gilets arborant le logo du DHS. Selon lui, des témoins hurlaient.

Des vidéos et des photos publiées par des passants sur les réseaux sociaux montraient un homme assis par terre, les mains derrière le dos, juste après la fusillade. Une autre vidéo montre des policiers new-yorkais soulevant un homme apparemment blessé et le transportant dans un véhicule de police.

À proximité, une voiture endommagée bloquait la chaussée, avec de petits impacts sur deux de ses vitres.

Les vidéos montrent des agents portant des insignes de l’ICE sur les lieux, dont l’un était armé d’un fusil.

Alfred Silva, 38 ans, un résident du quartier, a demandé que les agents fédéraux s’identifient plus clairement, précisant que l’un d’entre eux portait un gilet de sécurité de chantier et était armé d’un fusil.

«Nous avons besoin d’une plus grande transparence pour comprendre à qui nous avons affaire, car n’importe qui dans la rue peut simplement enfiler un gilet, sortir une arme et prétendre appartenir à l’ICE, a-t-il dit. Je pense que, que l’on soit de gauche ou de droite, nous devons comprendre que cela ne devrait pas se produire.»

Dans un communiqué, la gouverneure Kathy Hochul a déclaré que les New-Yorkais étaient indignés, que les communautés d’immigrés étaient terrifiées et que l’État exigeait des réponses.

«Les New-Yorkais ont été témoins de bien trop d’actes de violence commis par une agence fédérale hors de contrôle et par des agents non formés qui agissent en toute impunité», a-t-elle dit.