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Un homme soupçonné d'avoir abattu un militant russe arrêté en Pologne

Le suspect dans le meurtre commis lundi en Pologne est un homme de 36 ans en possession d’un passeport de la Géorgie.

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Un homme, identifié par les médias polonais comme Robert Kuzovkov et par le parquet comme Robert K., conformément à la loi polonaise sur la protection de la vie privée, et présenté comme un artiste utilisant le pseudonyme de Semyon Skrepetsky, pose pour une photo avec l'une de ses toiles près de l'ambassade de la Russie à Berlin, en Allemagne, le vendredi 12 juin 2026, quatre jours avant que les autorités polonaises n'annoncent son assassinat par balle à Biala Podlaska, en Pologne. SOTA via AP Un homme, identifié par les médias polonais comme Robert Kuzovkov et par le parquet comme Robert K., conformément à la loi polonaise sur la protection de la vie privée, et présenté comme un artiste utilisant le pseudonyme de Semyon Skrepetsky, pose pour une photo avec l'une de ses toiles près de l'ambassade de la Russie à Berlin, en Allemagne, le vendredi 12 juin 2026, quatre jours avant que les autorités polonaises n'annoncent son assassinat par balle à Biala Podlaska, en Pologne. SOTA via AP (Vasily Krestyaninov)

Les autorités polonaises ont arrêté un homme soupçonné d’avoir ouvert le feu en plein jour contre un militant russe critique à l’égard du président Vladimir Poutine. De hauts responsables estiment qu’il existe un lien probable avec un service de renseignement étranger, ont-ils déclaré jeudi.

Ce meurtre est le dernier acte en date qui, selon les autorités polonaises, pourrait s’inscrire dans le cadre d’une campagne de sabotage russe menée dans les pays de l’OTAN visant à semer la peur et à démoraliser les plus proches alliés de l’Ukraine.

Le suspect dans le meurtre commis lundi en Pologne est un homme de 36 ans en possession d’un passeport de la Géorgie, une ancienne république soviétique, a déclaré le ministre de l’Intérieur Marcin Kierwiński lors d’une conférence de presse à Varsovie.

M. Kierwiński a précisé que l’homme était soupçonné d’avoir des liens avec le crime organisé et qu’il était mis en cause par la police dans d’autres crimes commis en Pologne, dont certains remontent à 2022.

Robert Kuzovkov, connu sous le pseudonyme de Semyon Skrepetsky, a été tué près de son domicile à Biała Podlaska, une ville de l’est de la Pologne située près de la frontière avec le Bélarus. La police polonaise a indiqué que la victime était âgée de 44 ans.

Les procureurs ont indiqué que l’auteur des faits avait ouvert le feu deux fois sur lui, puis lui avait tiré trois autres balles à bout portant avant de prendre la fuite. M. Kuzovkov est décédé sur les lieux des suites de blessures par balle à la tête, à la poitrine et dans le dos.

«Nous considérons qu’il est possible que des services de renseignement étrangers aient été impliqués», a souligné Tomasz Siemoniak, ministre polonais chargé de la coordination des services spéciaux, qui s’est exprimé lors de la conférence de presse aux côtés du ministre de l’Intérieur.

«Les services étrangers engagent parfois des criminels pour mener des opérations. Nous l’avons constaté ces dernières années. Même si ces affaires n’impliquaient pas de meurtre, des criminels avaient été engagés pour commettre des agressions dans d’autres pays. Nous prenons donc cette possibilité très au sérieux», a ajouté M. Siemoniak.

Le premier ministre polonais, Donald Tusk, a déclaré mercredi que ce meurtre présentait toutes les caractéristiques d’un assassinat politique.

«Tout indique qu’il s’agit d’un meurtre politique, a soutenu M. Tusk. Si tel était le cas – s’il avait été commandité par la Russie – il s’agirait alors d’une affaire extrêmement grave sur le plan international. Cela constituerait un acte de terrorisme d’État.»

Les enquêteurs polonais ont dans un premier temps placé deux citoyens bélarusses en garde à vue, mais les ont ensuite relâchés, affirmant ne disposer d’aucune preuve de leur implication directe dans ce meurtre.

Les procureurs polonais ont indiqué que l’activiste russe utilisait son art pour critiquer les autorités russes.

Il peignait des portraits peu flatteurs de M. Poutine, du dirigeant tchétchène Ramzan Kadyrov et d’autres hauts responsables russes. L’un d’entre eux représente M. Poutine blotti dans les bras du dictateur soviétique Joseph Staline.

Dimanche, il a publié une vidéo sur sa chaîne YouTube le montrant à Berlin en train de jeter un drapeau russe à la poubelle le 12 juin, jour férié marquant la souveraineté de la Russie.

Depuis son invasion de l’Ukraine en 2022, la Russie est accusée de tenter d’assassiner ses opposants à l’étranger, notamment en prenant pour cible des militants en exil en France et en Lituanie.

Les autorités allemandes ont également déjoué des complots visant le dirigeant d’un fournisseur d’armes allemand à l’Ukraine et un responsable militaire ukrainien.

Les autorités polonaises ont arrêté un homme en 2024 dans le cadre de ce qu’elles ont qualifié de complot visant à assassiner le président ukrainien Volodymyr Zelensky. La même année, un pilote d’hélicoptère russe qui avait fait défection a été tué en Espagne; des agents russes sont les principaux suspects.