Deux hauts responsables de la FIFA ont critiqué le projet de vendre des parts de la Coupe du monde, vendredi.
L’un d’eux a démissionné de son poste de conseiller, tandis que l’autre a déclaré que le personnel avait été trompé par ce projet qui ne doit absolument pas aboutir.
Carlos Cordeiro, conseiller principal de la FIFA et représentant de l’instance dirigeante du soccer au sein du groupe de travail de la Maison-Blanche pour la Coupe du monde, a démissionné de son poste en guise de protestation contre un projet de fonds d’investissement privé.
«Je ne peux rester les bras croisés alors que la FIFA envisage de vendre une participation à la Coupe du monde», a déclaré Cordeiro, ancien banquier de Goldman Sachs, dans un communiqué accompagnant sa démission de son poste de conseiller du président de la FIFA, Gianni Infantino, et exhortant les autres hauts responsables de la FIFA à prendre la parole.
Le directeur général des opérations de la FIFA, Kevin Lamour, a indiqué à The Associated Press que le personnel avait été «trompé» par le manque de transparence d’Infantino concernant ce projet d’investissement privé et que le personnel «mérite mieux que le mépris et l’intimidation».
«C’est le projet d’une seule personne, a écrit Lamour, collaborateur de longue date d’Infantino à la FIFA et à l’UEFA. Non seulement ce projet ne doit pas aboutir… mais le moment est venu pour les dirigeants politiques du soccer de se poser les bonnes questions et de prendre les bonnes décisions.»
Lamour n’a pas démissionné du poste qu’il occupe depuis 2024, mais il a laissé entendre qu’il a un devoir envers ses collègues.
«Et si ça signifie que je perds mon emploi, qu’il en soit ainsi, a soutenu le responsable français. Je comprendrai et respecterai cette décision. Au moins, je dormirai bien ce soir.»
Ces dernières années, Cordeiro accompagnait souvent Infantino lors de ses visites de travail à la Maison-Blanche pour rencontrer le président américain Donald Trump.
«Soyons clairs: je n’ai joué aucun rôle dans cette proposition et je m’y oppose catégoriquement», a affirmé Cordeiro, ancien président de la Fédération américaine de soccer, qualifiant la filiale commerciale de 20 milliards $ US de «mauvaise affaire pour le soccer».
«Le soccer a toujours été au cœur de ma vie et, après plus de 35 ans dans le secteur bancaire, je comprends à la fois la valeur de cet actif et les conséquences d’en céder une partie, a-t-il ajouté. C’est pourquoi cette proposition doit être rejetée.»
Infantino a proposé de scinder les activités commerciales de la FIFA – notamment les Coupes du monde et les Coupes du monde des Clubs masculines et féminines – en une filiale de 20 milliards $, dont 20 % seraient détenus par des investisseurs privés.
«L’investisseur principal», selon la FIFA, est une société d’investissement new-yorkaise créée par Joshua Kushner, le frère cadet de Jared Kushner, gendre de Trump.
«La FIFA dispose déjà de ressources financières extraordinaires. L’organisation possède des milliards de dollars de réserve et aucune dette», a mentionné Cordeiro, soulignant que les 15 milliards $ de revenus générés par la Coupe du monde masculine ces quatre dernières années viennent de s’achever.
«Dans ce contexte, vendre une participation permanente dans l’actif le plus précieux du soccer pour lever 4,2 milliards $ n’a guère de sens. C’est hypothéquer l’avenir du soccer sans aucune justification valable», a-t-il insisté.
Cordeiro a précisé avoir travaillé cinq ans avec la FIFA aux côtés d’Infantino avec «des personnes dévouées et intègres, profondément attachées au soccer».
«J’espère qu’eux aussi prendront la parole, a-t-il écrit. Car des décisions de cette importance doivent être prises dans l’intérêt du soccer, et non dans celui de ceux qui en tirent profit.»
Infantino est président de la FIFA depuis plus de 10 ans et sa réélection sans opposition en mars prochain semblait acquise. La FIFA a fixé au 18 novembre la date limite pour que des candidats se manifestent.
