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Un gang haïtien tend la main au groupe gouvernemental chargé de son désarmement

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Un soldat haïtien escorte un convoi de véhicules blindés transportant des soldats salvadoriens dans le quartier de Tabarre, à Port-au-Prince, en Haïti, le 30 octobre 2026. (Photo AP/Odelyn Joseph) Un soldat haïtien escorte un convoi de véhicules blindés transportant des soldats salvadoriens dans le quartier de Tabarre, à Port-au-Prince, en Haïti, le 30 octobre 2026. Photo AP (Odelyn Joseph)

L’un des gangs les plus puissants d’Haïti a déclaré vendredi avoir pris contact avec une agence gouvernementale chargée de démanteler les gangs armés, dans le cadre d’une initiative visant à promouvoir «la paix, la stabilité et la réconciliation nationale».

Le gang des 400 Mawozo a envoyé un communiqué de trois pages à l’Associated Press, arguant que «le dialogue n’est pas une capitulation», mais plutôt un «acte de responsabilité patriotique visant à préserver des vies humaines».

Les Nations unies et les organisations de défense des droits de l’homme ont accusé le gang des 400 Mawozo d’avoir commis des viols, des meurtres et des enlèvements, ce que le groupe a nié.

Le 1er novembre, le chef du gang, Wilson Joseph, alias Lanmo San Jou, a indiqué à l’AP qu’il avait écrit au secrétaire général de l’ONU pour demander à l’organisation d’envoyer une délégation en Haïti afin d’engager un dialogue et une médiation, craignant que la présence de troupes salvadoriennes n’aggrave encore la violence.

Le gang, qui se qualifie lui-même de groupe rebelle, a déclaré qu’il prévoyait de participer à une manifestation pacifique dans le courant du mois «afin de jeter les bases d’un dialogue national et d’un processus de négociation de paix».

«L’avenir d’Haïti ne peut pas se bâtir que sur des affrontements et des opérations militaires», a-t-il déclaré.

Un responsable de la Commission nationale de désarmement, de démantèlement et de réinsertion n’a pas immédiatement répondu à une demande de commentaire.

Cette lettre a été diffusée alors que la police haïtienne et les forces étrangères continuent de lutter contre les gangs. Vendredi soir, le premier ministre haïtien Alix Didier Fils-Aimé a annoncé qu’un chef de gang avait été tué. Il n’a pas révélé l’identité de ce dernier.

Une source s’exprimant sous couvert d’anonymat a confirmé qu’il s’agissait du chef du gang Nan Boston, connu sous le nom de Mathias. Nan Boston opère à Cité Soleil, un bidonville contrôlé par des gangs dans la capitale, Port-au-Prince.

L’AP a contacté un porte-parole de 400 Mawozo pour lui demander si le gang était prêt à déposer les armes.

Cette personne, qui s’est exprimée sous couvert d’anonymat, a répondu que le gang était disposé à s’engager dans des négociations de paix et que le désarmement était un processus.

Lorsqu’on lui a demandé ce que le gang attendait en échange, cette personne a répondu: la paix et la fin de l’«ingérence internationale».

L’annonce du gang intervient quelques semaines seulement après le déploiement par le Salvador de plus de 2000 soldats en Haïti, à la suite de la disparition de quatre techniciens aéronautiques salvadoriens qui ont été pris pour cible le 18 octobre lorsqu’ils se trouvaient en plein territoire des gangs.

Les Nations unies ont indiqué que la plupart des membres du personnel salvadorien présents en Haïti opèrent en dehors du cadre de la force de lutte contre les gangs soutenue par l’ONU, qui collabore avec la police et l’armée haïtiennes ainsi qu’avec Vectus Global, une société de sécurité privée fondée par Erik Prince, ancien membre de la marine américaine et fondateur de Blackwater.

Le gang estime qu’il serait bénéfique que toutes les «forces militaires concernées» suspendent leurs opérations dans certaines zones, en attendant «l’ouverture effective d’un dialogue sur la paix et la stabilité».

«Cette période devrait offrir l’occasion d’une désescalade, de la protection des populations civiles et de la recherche d’une solution politique durable», a-t-il écrit.

Dans sa lettre, 400 Mawozo s’est dit préoccupé par des publications sur les réseaux sociaux «ciblant» le domicile de son chef, en particulier des commentaires attribués au président salvadorien Nayib Bukele.

Vendredi, M. Bukele a réagi à une publication sur les réseaux sociaux dans laquelle il était mentionné et qui montrait, selon certaines sources, le domicile de M. Joseph. «Où se trouve cette maison? Donnez-nous l’adresse exacte, et nous la détruirons», a écrit M. Bukele sur X.

Dans sa lettre, le gang a décrit le domicile de M. Joseph comme «un symbole de paix dans le cadre de son processus de désescalade» et a appelé «toutes les parties à respecter les obligations internationales relatives à la protection des civils et des biens civils».

Le gang a fait référence à certains articles des Conventions de Genève ainsi qu’à la Charte des Nations unies.

Contacté par l’AP vendredi soir, le gouvernement salvadorien n’a pas souhaité faire de commentaire.