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Un démocrate californien appelle le Canada à mettre fin aux restrictions sur l'alcool

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Des vins américains sont en vente dans un dépôt de la SAQ à Montréal, le jeudi 12 février 2026. Le gouvernement du Québec a autorisé la remise en vente de certains produits alcoolisés américains, les recettes étant versées aux Banques alimentaires du... Des vins américains sont en vente dans un dépôt de la SAQ à Montréal, le jeudi 12 février 2026. Le gouvernement du Québec a autorisé la remise en vente de certains produits alcoolisés américains, les recettes étant versées aux Banques alimentaires du Québec. Crédit image | LA PRESSE CANADIENNE (Graham Hughes)

Un sénateur démocrate de Californie affirme avoir adressé une lettre à la première ministre Christine Fréchette pour demander au Québec de lever les restrictions sur l’importation et la vente de vin américain, alors que la mobilisation bipartite américaine contre les interdictions provinciales en matière d’alcool prend de l’ampleur.

«Le boycottage canadien du vin californien cause un préjudice dévastateur aux viticulteurs», a écrit Adam Schiff jeudi dans un message publié sur les réseaux sociaux, faisant référence à une lettre envoyée à Mme Fréchette en juin.

«J’exhorte le gouvernement canadien à reconnaître que la Californie n’est pas d’accord avec ces guerres tarifaires, à lever ces restrictions et à élargir les choix des consommateurs afin de renforcer nos deux économies.»

Certaines régies provinciales des alcools ont cessé d’acheter de l’alcool américain l’année dernière en réaction aux droits de douane imposés par M. Trump et à ses menaces d’annexion.

Alors que la Saskatchewan et l’Alberta ont remis les alcools américains en rayon, les principales provinces acheteuses, comme l’Ontario et le Québec, n’ont pas repris l’approvisionnement en alcool américain.

Cette question est devenue un sujet de tension entre les deux partis politiques aux États-Unis.

Un groupe bipartite de 14 législateurs californiens a adressé une lettre distincte à M. Fréchette au début du mois de juin pour exhorter la province à recommencer à acheter de l’alcool américain.

«Les consommateurs québécois ont toujours eu accès à une grande variété de vins américains, et leur absence limite le choix sur le marché, tout en privant la province d’un marché de 434 millions $», ont écrit les législateurs.

Ils prennent également des mesures législatives pour tenter d’imposer une enquête commerciale.

La députée républicaine Claudia Tenney, de New York, a indiqué lundi qu’elle présenterait ce jour-là à la Chambre des représentants des États-Unis le «Combating Attacks on our National Alcoholic Drinks by Allies Act» — ou «CANADA Act» — afin de déclencher une enquête en vertu de l’article 301 de la loi commerciale de 1974.

Si cette enquête révélait l’existence de pratiques commerciales déloyales, les États-Unis pourraient riposter par des droits de douane ou d’autres restrictions à l’importation.

«On ne peut pas laisser les provinces canadiennes prendre en otage les vignobles, brasseries et distilleries américains et tenter de leur extorquer une rançon», a soutenu Mme Tenney.

L’industrie américaine de l’alcool et des groupes de pression ont indiqué que le secteur était ébranlé par la perte de clients canadiens. Ils ont appelé à un retour à des relations normales entre le Canada et les États-Unis.

Le Conseil des alcools distillés des États-Unis a indiqué que les interdictions de rétorsion imposées par le Canada avaient entraîné une baisse de 63% des exportations américaines de spiritueux vers ce marché en 2025.

Vendredi, le gouvernement québécois n’a montré aucun signe de recul.

Un porte-parole de Mme Frechette a indiqué que la première ministre continue de défendre les intérêts économiques du Québec dans un contexte de guerre commerciale. Il a ajouté que les mesures resteront en vigueur tant que les États-Unis maintiendront leurs droits de douane.

Le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, a également invoqué les droits de douane de Trump et sa rhétorique sur le «51e État» pour justifier sa décision de maintenir l’interdiction sur les spiritueux.

M. Ford a déclaré aux journalistes à Washington le mois dernier qu’il accueillerait à nouveau l’alcool américain une fois que l’accord commercial entre le Canada, les États-Unis et le Mexique, connu sous le nom d’ACEUM, aura été renouvelé.

Cette semaine, à la suite de l’annonce du projet de loi de Mme Tenney, M. Ford a de nouveau insisté sur le fait que l’Ontario ne céderait pas.

«Nous ne céderons pas. Le moyen le plus rapide, et le seul, de faire revenir l’alcool américain dans les rayons ontariens est que les États-Unis lèvent leurs droits de douane illégaux imposés au Canada», a écrit M. Ford sur les réseaux sociaux.

La semaine dernière, les États-Unis ont annoncé qu’ils ne renouvelleraient pas l’ACEUM. Cela a déclenché un processus de révision annuelle continue pouvant durer jusqu’à dix ans, à l’issue duquel l’accord expirera si aucune prolongation n’est convenue.

Le Canada et le Mexique avaient tous deux réclamé une prolongation de 16 ans.

- Avec des informations de Marieke Glorieux-Stryckman

Kelly Geraldine Malone

Kelly Geraldine Malone

Journaliste