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Un Canadien raconte le massacre survenu sur la plage de Bondi

«Je n’aurais jamais pensé être victime d’une véritable attaque terroriste.»

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Les secours transportent une personne sur une civière après une fusillade signalée à Bondi Beach, à Sydney, le dimanche 14 décembre 2025. Les secours transportent une personne sur une civière après une fusillade signalée à Bondi Beach, à Sydney, le dimanche 14 décembre 2025. (Mark Baker/AP)

Finn Foster, un Canadien qui voyageait avec sa petite amie en Australie, raconte qu’ils avaient prévu d’admirer le coucher de soleil sur la célèbre plage de Bondi à Sydney lorsqu’ils ont entendu une vingtaine de détonations.

Au début, ils ont pensé qu’il s’agissait peut-être de feux d’artifice, mais ils ont rapidement compris que la situation à quelques centaines de mètres de là était grave et qu’ils étaient en danger.

«Tout le monde était complètement paniqué. Je n’arrivais pas à y croire sur le moment», a confié l’homme de 18 ans, qui vit à Brantford, en Ontario, lors d’un entretien téléphonique.

«J’ai eu une forte montée d’adrénaline, car je n’aurais jamais pensé être victime d’une véritable attaque terroriste.»

—  Finn Foster

La fusillade de masse qui a eu lieu pendant la célébration de Hanoukka sur la plage a fait au moins 15 morts et 38 blessés. L’un des assaillants a été arrêté et l’autre a été abattu par la police.

Le premier ministre australien Anthony Albanese a qualifié cette fusillade d’acte antisémite et terroriste.

Finn Foster, qui séjournait dans une auberge près de la plage, a déclaré qu’il avait prévu un barbecue pour les clients à la plage, mais que l’événement avait été annulé. Lui et sa petite amie, Hayden Lombardi, se rendaient au McDonald’s avant d’aller à la plage lorsque les coups de feu ont retenti.

Quand ils ont réalisé qu’il s’agissait de coups de feu, Foster a déclaré avoir attrapé Lombardi et avoir couru vers l’auberge.

«Les voitures s’arrêtaient. Les gens sortaient et attrapaient leurs enfants», a-t-il raconté. «Les magasins fermaient et certains laissaient entrer les gens.»

« De retour à notre auberge, nous avons ouvert les portes et laissé entrer les personnes en détresse qui avaient besoin d’un abri», a-t-il poursuivi.

Selon lui, la police a demandé aux personnes se trouvant sur les trottoirs si elles savaient pratiquer la réanimation cardio-pulmonaire. Un client polonais de l’auberge s’est précipité sur les lieux et a tenté de réanimer certaines des victimes.

Finn Foster est ensuite allé aider lui aussi, mais à ce moment-là, les victimes avaient déjà été évacuées. Beaucoup de leurs effets personnels ont été laissés sur place, ainsi que des objets appartenant à des personnes qui avaient pris la fuite.

«Il y avait des vélos partout, des téléphones, des portefeuilles, des poussettes, de la nourriture. Les gens étaient dans les bars, car nous sommes juste à côté du quartier des bars. Il y avait des bières partout. C’était complètement fou. On se serait presque cru à l’apocalypse. Les affaires de tout le monde étaient là, sans eux», a-t-il ajouté.

Selon la police, les tireurs étaient un homme et son fils. Le père a été tué par la police, tandis que le fils a été blessé et transporté à l’hôpital.

Finn Foster et sa petite amie devaient prendre l’avion pour Brisbane lundi soir. Il a déclaré ne pas savoir dans quel état se trouvait l’aéroport de Sydney.

Le lendemain, le bruit des hélicoptères envahissait les lieux et certaines parties de Bondi Beach étaient fermées. Certaines personnes pleuraient, a ajouté Foster, et de nombreux commerces restaient fermés.

«L’ambiance est morose. Personne ne sourit, il y a beaucoup de visages tristes, beaucoup de fleurs. Ce n’est vraiment pas l’endroit où l’on a envie d’être en ce moment», a-t-il dit.

Rob Drinkwater

Rob Drinkwater

Journaliste