International

Plusieurs morts en Ukraine après de nouvelles attaques russes

La Russie bombarde quasi quotidiennement l’Ukraine depuis son invasion en 2022.

Mis à jour le 

Publié le 

Des passants passent devant une maison gravement endommagée lors d'une frappe russe sur un quartier résidentiel de Kyiv, en Ukraine, le jeudi 24 septembre 2026. Des passants passent devant une maison gravement endommagée lors d'une frappe russe sur un quartier résidentiel de Kyiv, en Ukraine, le jeudi 24 septembre 2026. (Evgeniy Maloletka/AP Photo/Evgeniy Maloletka)

De nouvelles frappes russes contre l’Ukraine ont fait au moins huit morts, dont six dans une entreprise agricole, au lendemain de déclarations de Moscou affirmant ne pas avoir l’intention de la moindre «pause» dans ce conflit meurtrier.

La Russie bombarde quasi quotidiennement l’Ukraine depuis son invasion en 2022, conflit le plus meurtrier en Europe depuis la Deuxième Guerre mondiale.

Ces frappes se sont encore intensifiées depuis cet été, en particulier contre Kyiv, la capitale, pour paralyser, selon les autorités ukrainiennes, l’économie et la vie des habitants.

Deux personnes ont été tuées dans une série de frappes nocturnes russes sur Kyiv, où des journalistes de l’AFP ont entendu des dizaines de violentes explosions en pleine alerte aux missiles balistiques.

Cette nouvelle attaque est survenue au moment même où le président ukrainien Volodymyr Zelensky rencontrait aux États-Unis des membres du Congrès américain pour leur demander de renforcer les sanctions contre Moscou.

Sur cette photo fournie par les services d'urgence ukrainiens, un corps gît dans la rue à la suite d'une frappe russe sur Kyiv, en Ukraine, le jeudi 24 septembre 2026. Sur cette photo fournie par les services d'urgence ukrainiens, un corps gît dans la rue à la suite d'une frappe russe sur Kyiv, en Ukraine, le jeudi 24 septembre 2026. (Ukrainian Emergency Service)

«Une fois de plus, les principales cibles de leur attaque ont été Kyiv et les infrastructures civiles, des immeubles d’habitation, une maternité, des installations énergétiques et des infrastructures logistiques», a déploré M. Zelensky sur Telegram.

Pour lui, la Russie multiplie ses attaques aériennes — que l’Ukraine peine à contrer en raison d’un manque de moyens de défense aérienne — pour faire pression sur la population civile, faute de pouvoir progresser sur le front.

Les autorités d’Odessa (sud) ont également évoqué des attaques russes contre cette grande ville portuaire sur la mer Noire.

Dans la région de Kharkiv (nord-est) six personnes ont été tuées dans une attaque de drone russe dans la matinée sur une entreprise agricole, ont indiqué les autorités.

Les victimes «triaient des légumes» au moment de l’attaque, selon les services de secours régionaux, qui ont publié des images montrant l’intérieur d’un hangar détruit où l’on voit ce qui semble être des dizaines de pommes éparpillées au milieu de débris.

«Condamner la Russie»

Mercredi, une série de bombardements russes avaient déjà fait au moins 7 morts en Ukraine, dont deux à Kyiv, qui subit depuis plusieurs jours des attaques de drones quasi incessantes.

M. Zelensky a de nouveau réclamé depuis New York le durcissement des sanctions contre la Russie et l’envoi d’intercepteurs de missiles balistiques en Ukraine.

«Nous n’allons pas faire de pause dans notre opération militaire spéciale», l’expression utilisée par Moscou pour qualifier le conflit, a averti de son côté le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov mercredi au Conseil de sécurité de l’ONU.

«L’Europe veut obtenir une pause, pour l’utiliser pour approvisionner en armes» l’Ukraine, a-t-il affirmé.

L’Ukraine a elle-même intensifié ses frappes en Russie, visant à répétition ces derniers mois des raffineries et dépôts de pétrole ainsi que des entrepôts des géants du cybercommerce Wildberries et Ozon.

La veille, M. Zelensky s’était dit «prêt» à un moratoire sur les frappes contre les sites énergétiques si Moscou faisait de même, alors que son homologue américain Donald Trump lui a reproché ces dernières semaines d’aggraver la pénurie mondiale de gazole en visant les raffineries russes.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky prend la parole lors de la 81e session de l'Assemblée générale des Nations unies, au siège de l'ONU, le mercredi 23 septembre 2026. Photo AP Le président ukrainien Volodymyr Zelensky prend la parole lors de la 81e session de l'Assemblée générale des Nations unies, au siège de l'ONU, le mercredi 23 septembre 2026. Photo AP (Seth Wenig)

Plus de quatre ans et demi après le début de l’invasion de son pays, M. Zelensky a dénoncé mercredi à la tribune de l’ONU la «folie» meurtrière du président russe Vladimir Poutine, exhortant ses alliés à maintenir les sanctions contre Moscou.

«Il est le patient zéro, celui à partir duquel cette idée de guerre ne cesse de se propager», a-t-il lancé. «Y a-t-il encore quelqu’un pour penser qu’il est raisonnable et modéré ?»

Face à cet engrenage, «notre cible, c’est la capacité de la Russie à financer cette guerre, à la prolonger, à la rendre plus brutale et plus destructrice», a-t-il souligné.

Parallèlement, les efforts de médiation américaine pour mettre fin au conflit ont été relancés en septembre par la visite à Moscou, puis à Kyiv pour la première fois, des émissaires de Donald Trump.

Vladimir Poutine a néanmoins été invité par Donald Trump à participer au G20 à Miami en décembre.

L’Union européenne a affirmé jeudi que cette invitation, que le Kremlin a dit «étudier», ne changerait rien au message que l’UE souhaite continuer à adresser lors de ce forum : «condamner la Russie» pour son invasion de l’Ukraine.