Le président Donald Trump a vivement critiqué samedi l’avis de la procureure fédérale Jeanine Pirro, selon lequel les dégâts subis par le bassin réfléchissant du Lincoln Memorial étaient dus à des travaux de construction de mauvaise qualité et non à l’œuvre de vandales, comme il le prétend.
Dans un document déposé vendredi auprès du tribunal, le bureau de Mme Pirro a demandé l’abandon des poursuites pénales à l’encontre d’un ancien athlète olympique, David Hearn, qui avait été accusé d’avoir délibérément endommagé le bassin après sa rénovation en vue de la célébration du 250e anniversaire du pays le mois dernier.
Dans un message publié sur les réseaux sociaux, Donald Trump a reconnu qu’il «y avait peut-être eu quelques difficultés de la part de l’entrepreneur» lors de la pose d’un nouveau revêtement du bassin. Mais il continue d’affirmer que «les dégâts majeurs ont été causés par des vandales !»
«Je suis en total désaccord avec Jeanine Pirro, la procureure fédérale du district de Columbia, au sujet du Reflecting Pool», a ajouté Donald Trump dans son message.
Ce rejet a constitué un revers embarrassant pour le ministère de la Justice, qui s’était auparavant fait l’écho des affirmations de Donald Trump et avait présenté les poursuites comme un moyen de faire rendre des comptes pour les dégâts causés à un site emblématique de Washington, un projet qui tenait particulièrement à cœur à Donald Trump.
Le président, sans fournir de nouvelles preuves claires, a continué samedi à affirmer que la majorité des dégâts subis par le bassin avaient été causés par des vandales.
Dans leur mémoire de 20 pages déposé vendredi devant le tribunal, les avocats du gouvernement ont indiqué que des documents supplémentaires fournis par le ministère de l’Intérieur depuis la mise en accusation de M. Hearn montrent que les dégâts résultaient d’une installation bâclée par un entrepreneur ainsi que de «la précipitation à achever le projet avant les événements liés à la célébration «America 250» au cours des semaines entourant le Jour de l’Indépendance de 2026».
De plus, une récente inspection visuelle a révélé des dégâts sur l’ensemble de la piscine, y compris au centre — là où, selon les procureurs, un vandale n’aurait probablement pas tenté de décoller le revêtement.
M. Hearn, ancien canoéiste olympique, a été accusé d’avoir arraché un morceau de revêtement de deux pieds carrés de la piscine.
«Compte tenu de toutes ces informations récemment découvertes, il est difficile d’attribuer les dégâts étendus subis par le bassin réfléchissant à un acte de vandalisme, et encore moins d’établir ce fait hors de tout doute raisonnable», a dit Mme Pirro, nommée par Donald Trump, dans son mémoire demandant à un juge de classer officiellement l’affaire.
Dans ce mémoire, Mme Pirro a également reproché au ministère de l’Intérieur d’avoir fourni «des informations incomplètes dès le début de l’affaire».
L’équipe juridique de M. Hearn a critiqué samedi à la fois M. Trump et Mme Pirro, et a indiqué qu’elle envisageait des «recours juridiques» au nom de son client.
«Trump en veut à Pirro parce qu’elle a finalement admis ce que nous avions clairement établi dans nos mémoires depuis le début: c’est la rénovation bâclée de Trump qui est responsable des dégâts — et non Davey Hearn», a indiqué l’équipe juridique dans un communiqué.
«Cependant, son affirmation selon laquelle elle et son bureau auraient été trompés auparavant par le ministère de l’Intérieur est absurde. Dès la première comparution, nos requêtes ont prouvé à maintes reprises que c’était l’administration qui était responsable des défaillances du Reflecting Pool, et non Davey.»
Donald Trump a également publié samedi une vidéo de près de quatre minutes qui semble provenir d’une caméra de sécurité, dans laquelle on peut voir trois personnes avoir les mains dans le bassin, dont l’une pendant une longue période.
Le président a affirmé que la vidéo montrait «du matériau en train d’être découpé avec un couteau ou un couteau à lame rétractable, aux yeux de tous !»
La vidéo, qui semble avoir été filmée à une certaine distance, ne permet pas de déterminer clairement s’il y a eu acte de vandalisme. On peut également voir des ouvriers se tenir à proximité, qui ne semblent pas remarquer les personnes plongeant leurs mains dans l’eau.
Donald Trump avait annoncé en mai son intention d’embellir le Reflecting Pool ce printemps. La société Atlantic Industrial Coatings, établie en Virginie, s’est vu attribuer un contrat de 14,7 millions $ US sans appel d’offres pour repeindre et imperméabiliser le sol en béton du bassin.
Atlantic Industrial Coatings n’a pas immédiatement répondu aux demandes de commentaires.
