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Trump reporte sur Zelensky et l’Ukraine ses frustrations politiques

La grande majorité des sondages prédisent qu’il perdra le contrôle du Congrès le 3 novembre, lors des législatives de mi-mandat.

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Le président Donald Trump rencontre le président ukrainien Volodymyr Zelensky en marge de l'Assemblée générale des Nations unies, mardi 22 septembre 2026, au siège de l'ONU. Photo AP Le président Donald Trump rencontre le président ukrainien Volodymyr Zelensky en marge de l'Assemblée générale des Nations unies, mardi 22 septembre 2026, au siège de l'ONU. Photo AP (Julia Demaree Nikhinson)

Avec son accord surprise sur le diesel russe et son appel au départ de Volodymyr Zelensky, Donald Trump semble reporter sur l’Ukraine, et plus particulièrement sur son président, la frustration accumulée pendant sa difficile campagne pour les «midterms».

Ce n’est pas la première fois que le président américain accable son homologue ukrainien de reproches. Leur entrevue houleuse dans le Bureau ovale en février 2025 est restée dans les mémoires.

Mais si le président américain était à l’époque dans l’élan d’un retour tonitruant au pouvoir, il est aujourd’hui dans une position politique plus incertaine.

La grande majorité des sondages prédisent qu’il perdra le contrôle du Congrès le 3 novembre, lors des législatives de mi-mandat, à cause du mécontentement des Américains face à la hausse des prix, en particulier à la pompe.

Selon une enquête d’opinion Associated Press/Université de Chicago parue le 1er octobre, 65% des adultes aux États-Unis estiment que le coût élevé de la vie est dû au locataire de la Maison-Blanche, en particulier à sa politique de droits de douane et au déclenchement du conflit contre l’Iran.

C’est dans ce contexte que s’inscrit l’annonce vendredi par Donald Trump d’un accord avec Moscou, qui voit les États-Unis lever certaines sanctions afin de permettre l’arrivée sur le marché de diesel russe, censé tempérer les prix.

Le président américain a donné lui-même l’objectif: alléger la pression sur des professions telles que l’agriculture, l’élevage et le transport routier, ayant largement voté pour lui en 2024.

«Il n’a que quelques semaines pour essayer de changer le discours sur cette hausse de prix. Je pense que c’est vraiment la principale raison», analyse Garret Martin, professeur de relations internationales à l’American University, interrogé par l’AFP.

Le ministre de la Défense britannique Wes Streeting a fait le même rapprochement dimanche, dans une interview avec la chaîne Sky News: «Soyons francs, les +midterms+ approchent. Le coût de la vie est un sujet. Le président Trump subit sans aucun doute la même pression que de nombreux dirigeants.»

«Rejeter la responsabilité»

Des parlementaires de son propre camp ont protesté contre cette décision, qui va à l’encontre d’une loi récemment promulguée par Donald Trump lui-même, durcissant au contraire les mesures contre la Russie.

Le président américain a aussi condamné une nouvelle fois les attaques ukrainiennes contre des raffineries russes. Volodymyr Zelensky «a intérêt à arrêter» ces frappes, a-t-il lâché pendant un échange avec des journalistes à la Maison-Blanche.

Donald Trump ne s’est en revanche pas exprimé sur l’intensification depuis quelques mois des frappes russes sur le territoire ukrainien, qui font un nombre croissant de victimes civiles.

Le républicain de 80 ans «essaie de rejeter la responsabilité de la hausse du prix du diesel» sur l’Ukraine, pourtant alimentée principalement par le conflit au Moyen-Orient, explique à l’AFP John Kilduff, analyste chez Again Capital.

Comme nombre d’experts, il doute que l’accord conclu avec Moscou change fondamentalement la donne.

«Un cessez-le feu énergétique» possible entre l’Ukraine et la Russie Malgré la conclusion d’un «cessez-le-feu énergétique», les frappes russes contre des installations énergétiques se poursuivent. Entrevue avec le politologue Romuald Sciora.

La quantité d’hydrocarbures que la Russie s’est engagée à mettre sur le marché en octobre, dans le mois précédant les «midterms», «est très réduite par rapport à la demande» souligne Andy Lipow, analyste chez Lipow Oil Associates, auprès de l’AFP.

Les États-Unis consomment 3,9 millions de barils de diesel par jour. L’accord avec Moscou porte initialement sur 2,22 millions de barils au total, à peine plus d’une demi-journée de consommation américaine.

Donald Trump, qui s’est comme l’an dernier indigné de n’être pas choisi pour le prix Nobel de la paix, a aussi reproché à nouveau à Volodymyr Zelensky d’être le principal obstacle sur la voie d’une résolution pacifique du conflit déclenché en février 2022 par l’invasion russe.

«Je suggère (aux Ukrainiens) de se doter d’un nouveau dirigeant qui peut parvenir à un accord» avec la Russie, a déclaré le président américain samedi, dans l’une de ses attaques les plus vives depuis longtemps contre le chef d’État ukrainien, élu en 2019.

«La Russie aimerait conclure un accord (…) mais pour une raison ou une autre, Zelensky ne veut pas conclure d’accord», a-t-il ensuite insisté.

Il a assuré que Vladimir Poutine, au pouvoir depuis 1999, souhaitait lui «fortement» un règlement pacifique.