International

Trump ordonne de réduire les exercices militaires conjoints avec la Corée du Sud

Ces exercices, d’une durée de 11 jours et mobilisant 18 000 soldats sud-coréens, visaient à renforcer l’état de préparation face aux menaces nord-coréennes.

Mis à jour le 

Publié le 

President Donald Trump gestures as he boards Air Force One at Morristown Airport, Sunday, Aug. 16, 2026, in Morristown, N.J. (AP Photo/Julia Demaree Nikhinson) Le président Donald Trump fait un geste alors qu’il monte à bord d’Air Force One à l’aéroport de Morristown, le dimanche 16 août 2026, à Morristown, au New Jersey. AP Photo (Julia Demaree Nikhinson)

Le président américain Donald Trump a ordonné dimanche au Pentagone de réduire l’ampleur des exercices conjoints avec la Corée du Sud, après que celle-ci a refusé, selon lui, de contribuer à la dénucléarisation de l’Iran.

Dans un message publié sur les réseaux sociaux, M. Trump a indiqué que ces exercices, dont le début est prévu cette semaine, étaient coûteux et «envoyaient un signal totalement inapproprié et hostile» à la Corée du Nord, qui, selon lui, «s’est montrée non menaçante et respectueuse» depuis son arrivée à la Maison-Blanche.

«Par conséquent, et étant donné qu’il est trop tard pour les annuler, j’ai donné instruction au secrétaire à la Guerre, Pete Hegseth, de réduire considérablement l’ampleur des exercices militaires conjoints!»

—  Donald Trump, président des États-Unis

Le président a ajouté qu’il avait récemment demandé au président sud-coréen de se joindre aux États-Unis dans leurs efforts visant à dénucléariser l’Iran, «et ils ont répondu: “Non merci !”»

Cette décision est le dernier exemple en date d’une prise de position du président qui semble se retourner contre un allié au profit d’un dirigeant que les administrations précédentes avaient qualifié d’adversaire. 

M. Trump et d’autres membres de son administration ont également fustigé les alliés de l’OTAN pour leur manque de soutien perçu à sa guerre contre l’Iran, alors même qu’ils cherchent à faire face à une Russie de plus en plus agressive dans la région baltique.

Ces exercices, d’une durée de 11 jours et impliquant 18 000 soldats sud-coréens, avaient pour objectif de renforcer la préparation face aux menaces nord-coréennes.

L’armée américaine a avancé que les exercices estivaux «Ulchi Freedom Shield» renforçaient «le rôle de l’alliance en tant que pilier de la paix et de la sécurité régionales» et réaffirmaient «l’engagement inébranlable entre les États-Unis et la République de Corée à défendre leurs territoires respectifs».

Les forces américaines et sud-coréennes devaient s’entraîner à des opérations conjointes dans des scénarios complexes, notamment un exercice de tir réel visant à tester la précision et les manœuvres conjointes, la traversée d’un cours d’eau et la distribution de matériel militaire prépositionné, selon l’armée américaine.

Cet entraînement conjoint doit débuter quelques jours après la reprise par la Corée du Nord de ses essais de missiles balistiques, interdits par l’ONU. 

Au début du mois, la Corée du Sud, les États-Unis et le Japon ont détecté le lancement d’un missile balistique à courte portée depuis la Corée du Nord, ce qui constituait le premier essai d’arme balistique mené par le Nord depuis fin juin. 

Le missile a atterri dans les eaux au large de la côte est de la Corée du Nord. 

La Corée du Nord s’efforce activement d’étoffer ses arsenaux nucléaires et balistiques depuis l’échec, en 2019, de la diplomatie à haut risque menée par Kim Jong-un avec Donald Trump. 

D’après des experts, Kim Jong-un estime probablement qu’un arsenal plus important augmenterait ses chances d’obtenir davantage de concessions de la part des États-Unis lors de futures négociations.

La Corée du Nord a menacé vendredi de prendre des mesures sévères, sans les préciser, à l’encontre des États-Unis et de la Corée du Sud, qualifiant leurs exercices militaires  de «répétition en vue d’une guerre d’agression» qui aggraveraient l’instabilité dans la région.

Cet avertissement s’inscrit dans la lignée de la rhétorique virulente que la Corée du Nord déploie souvent à l’approche d’importants exercices militaires américano-sud-coréens. 

Selon des experts, la Corée du Nord a souvent utilisé les exercices de ses rivaux comme prétexte pour intensifier ses essais visant à étendre ses arsenaux d’armes et à renforcer le soutien de la population envers le dirigeant nord-coréen, connu pour son isolationnisme.

Donald Trump avait publié la veille une photo de lui aux côtés de Kim Jong-un, le dirigeant nord-coréen, en précisant que les deux dirigeants s’entendaient très bien «malgré l’air peu amical qui se dégage de cette photo en particulier».

Le ministère nord-coréen des Affaires étrangères a qualifié cet exercice américano-sud-coréen de «répétition en vue d’une guerre d’agression» qui provoque un regain d’instabilité dans la région.

M. Trump a rencontré le dirigeant nord-coréen, connu pour son isolationnisme, à trois reprises au cours de son premier mandat pour discuter du programme nucléaire du pays, la dernière fois en 2019. 

Depuis son retour au pouvoir, M. Trump a manifesté son intérêt pour la poursuite de ces discussions.

Ce n’est pas la première fois que M. Trump cherche à mettre fin à ces exercices. Au cours de son premier mandat, il avait également fait une annonce surprise, qualifiant ces manœuvres militaires de «provocatrices».

«Nous allons mettre fin aux exercices militaires, ce qui nous permettra de réaliser d’énormes économies, à moins que les futures négociations ne se déroulent pas comme elles le devraient», avait déclaré le président américain aux journalistes après sa rencontre avec Kim Jong-un à Singapour en 2018.