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Starmer ne «cédera pas» aux menaces de Trump pour engager le Royaume-Uni au Moyen-Orient

Trump a menacé de revenir sur l’accord commercial conclu l’an passé avec le Royaume-Uni.

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Le président américain Donald Trump, à gauche, et le premier ministre britannique Keir Starmer se regardent en se serrant la main lors d'une conférence de presse à Chequers, près d'Aylesbury, en Angleterre, le jeudi 18 septembre 2025. Le président américain Donald Trump, à gauche, et le premier ministre britannique Keir Starmer se regardent en se serrant la main lors d'une conférence de presse à Chequers, près d'Aylesbury, en Angleterre, le jeudi 18 septembre 2025. (Leon Neal)

Le premier ministre britannique Keir Starmer a affirmé mercredi qu’il ne «céderait pas» aux pressions américaines pour entraîner le Royaume-Uni dans le conflit contre l’Iran, malgré les menaces de Donald Trump de remettre en cause l’accord commercial entre les deux pays.

«Nous n’allons pas nous laisser entraîner dans cette guerre. Ce n’est pas notre guerre et de fortes pressions ont été exercées sur moi pour que je prenne une autre voie», a déclaré Keir Starmer, interrogé au Parlement sur la menace américaine.

«Je ne vais pas changer d’avis. Je ne céderai pas», a-t-il insisté.

Dans un entretien à Sky News mercredi, Donald Trump a menacé de revenir sur l’accord commercial conclu l’an passé avec le Royaume-Uni pour limiter l’impact des droits de douane américains, regrettant le manque de soutien britannique depuis le début du conflit.

«Nous leur avons accordé un bon accord commercial, meilleur que ce que j’étais obligé de faire, et cela peut toujours être changé.»

—  Donald Trump

Si Donald Trump avait loué à l’époque ses bonnes relations avec Keir Starmer, les liens transatlantiques se sont depuis détériorés, en particulier avec le conflit, le Britannique ayant notamment refusé d’autoriser l’utilisation de bases britanniques pour les frappes américaines.

Il a ensuite accepté une demande américaine pour utiliser deux bases militaires britanniques, mais à des fins «défensives spécifiques et limitées»

«Quand nous leur avons demandé de l’aide, ils n’étaient pas là, quand nous avions besoin d’eux, ils n’étaient pas là (…) Et ils ne sont toujours pas là», a déclaré Donald Trump à Sky News.

L’accord conclu l’an passé a permis de plafonner à 10% les droits de douane américains sur la plupart des produits manufacturés britanniques, le niveau le plus bas accordés à un pays tiers.

Tarifs douaniers invalidés: quels sont les impacts pour le Canada? Y aura-t-il des impacts concrets au Canada à la suite de la décision de la Cour suprême des États-Unis d’invalider certains droits de douane mis en place par Donald Trump? Entrevue avec Geneviève Dufour, professeure titulaire à la faculté de droit de l’Université d’Ottawa

Cet avantage s’est cependant estompé depuis que la Cour suprême a invalidé une partie des surtaxes américaines, poussant Washington à instaurer un droit de douane temporaire de 10% sur la quasi-totalité de ses importations — en attendant un nouveau régime tarifaire d’ici juillet.

Le gouvernement britannique, qui s’est longtemps efforcé de ménager Donald Trump, a récemment durci sa rhétorique à l’égard de son allié historique.

La ministre des Finances Rachel Reeves — qui doit rencontrer le secrétaire américain au Trésor Scott Bessent mercredi à Washington— a dénoncé mardi la «folie» américaine de s’engager dans un conflit «sans plan de sortie clair».

Keir Starmer a lui affirmé lundi que Donald Trump avait eu tort de menacer de détruire la civilisation iranienne, tandis que son ministre de la Santé a critiqué dimanche un langage «incendiaire, provocateur et scandaleux».

Le président américain a par ailleurs assuré à Sky News que ces tensions n’auraient «absolument aucun» effet négatif sur la visite d’État du roi Charles III aux États-Unis plus tard ce mois-ci.

Keir Starmer a lui souligné que les liens entre les deux pays étaient «bien plus forts» que «les responsables appelés, à un moment ou à un autre, à exercer telle ou telle fonction».