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Trump laisse toujours entendre qu’il pourrait se présenter une troisième fois à la présidence

«Dans deux ans et demi, vous aurez peut-être un autre président — peut-être.»

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Le président Donald Trump se dirige vers sa limousine présidentielle après être arrivé à bord de Marine One depuis l'Ellipse, près de la Maison-Blanche, vendredi 28 août 2026, à Washington, à son retour de Houston. Photo AP Le président Donald Trump se dirige vers sa limousine présidentielle après être arrivé à bord de Marine One depuis l'Ellipse, près de la Maison-Blanche, vendredi 28 août 2026, à Washington, à son retour de Houston. Photo AP (Jacquelyn Martin)

Le président américain Donald Trump a souvent laissé entendre qu’il souhaitait briguer un troisième mandat : il a publié des messages sur l’organisation d’une nouvelle campagne, a porté des casquettes «2028» et a évoqué les moyens d’y parvenir — même s’il a reconnu que la Constitution américaine l’interdit.

Mais ces derniers temps, M. Trump a commencé à montrer des signes indiquant que même lui ne croit pas vraiment à la possibilité d’une nouvelle candidature.

Au cours de récents discours, le président américain républicain a commencé à décrire sa vie après la Maison-Blanche, lorsque son mandat prendra fin en janvier 2029, prédisant qu’il restera chez lui et qu’il souffrira de voir son successeur s’attribuer le mérite de ses réalisations.

«Votre prochain président va dire : “Quel excellent travail j’ai accompli”», avait-il dit d’un événement à Long Island, dans l’État de New York, ce mois-ci. «Il restera assis à regarder la télévision. Un vrai rabat-joie. À moins que vous ne votiez républicain, bien sûr.»

Pour un président en fonction, parler de devenir un ancien président est toujours politiquement délicat. Mais à seulement neuf semaines des élections de mi-mandat, M. Trump approche le moment de sa présidence où les rappels que son pouvoir va bientôt s’estomper se feront de plus en plus nombreux.

Le fait qu’il soit prêt à dire qu’il envisage une Maison-Blanche sans lui marque un changement notable. Si l’on remonte à son premier mandat et pratiquement dès l’instant où il a remporté un deuxième, il a laissé la porte ouverte à la possibilité de rester en poste pendant plus de huit ans.

«Il est incohérent», a indiqué Brian Kalt, professeur de droit constitutionnel à l’Université d’État du Michigan. «Et cela lui permet de se référer à ses propres propos pour appuyer un nombre illimité d’idées qui s’excluent mutuellement.»

«Donald Trump peut dire: “Oh oui, j’ai clairement dit que je ne me présenterais pas”», a-t-il expliqué. «Ou s’il décide de se présenter, il pourrait dire: “Vous savez, je n’ai jamais dit que je ne le ferais pas.”»

Il pourrait pleurer à la fin de son mandat?

La Maison-Blanche a rejeté les suggestions selon lesquelles Donald Trump penserait de plus en plus au temps qui s’écoule avant la fin de sa présidence — et à l’héritage qu’il laissera derrière lui. La porte-parole Olivia Wales a déclaré qu’il «se battait chaque jour» pour tenir ses promesses de réduire la criminalité violente, de sévir à la frontière entre les États-Unis et le Mexique et de faire baisser les prix des médicaments sur ordonnance.

«Le seul héritage qui importe au président Donald Trump, c’est de rendre l’Amérique plus grande que jamais», a-t-elle mentionné.

Pourtant, M. Trump parle soudainement beaucoup de la façon dont on se souviendra de lui.

Lors d’un récent rassemblement en Pennsylvanie, il avait dit : «Quel que soit le prochain président, il se vantera d’être un président brillant. Et moi, je serai chez moi. Et je dirai: “Ce sacré bonhomme”, parce que c’est nous qui avons fait le travail.»

«Je serai chez moi. Je lirai les journaux. Je regarderai la télévision. Et j’aurai un type — comme la dernière fois, un vrai idiot — qui se lèvera pour dire : “Nous battons tous les records.”»

—  Donald Trump, avant de lancer une pique à son prédécesseur Joe Biden

Une semaine plus tard, en Géorgie, M. Trump prédisait qu’une fois sa présidence terminée, «je serai assis chez moi».

«Je pleurerai peut-être», avait ajouté le président américain, faisant valoir que les démocrates pourraient reprendre le Sénat et abolir les règles relatives à l’obstruction parlementaire, ce qui leur permettrait de faire adopter plus facilement leurs projets de loi clés.

Puis, au Michigan, Donald Trump a semé le doute quant à savoir s’il était prêt à céder le Bureau ovale et à retourner en Floride.

«Dans deux ans et demi, vous aurez peut-être un autre président — peut-être», avait-il lancé, en insistant sur le « peut-être ».

Des signaux contradictoires

Mais alors même qu’il commence à laisser entendre qu’il quittera la présidence, M. Trump continue également de laisser entrevoir une candidature à la réélection en 2028.

S’adressant le mois dernier au souper reporté de l’Association des correspondants de la Maison-Blanche, il avait plaisanté en disant : «Tout comme ma présidence, la deuxième fois, c’est toujours mieux» et que «la troisième fois sera encore meilleure». «Je plaisante, bien sûr», avait-il précisé. Il avait ensuite enfilé une casquette de campagne 2028 pour conclure son discours.

Le 22e amendement de la Constitution stipule que personne ne peut être élu président plus de deux fois. Il a été ratifié en 1951, six ans après le décès du président Franklin Delano Roosevelt, quelques mois après le début de son quatrième mandat. Avant Roosevelt, aucun autre président n’avait défié la tradition instaurée par George Washington consistant à quitter ses fonctions après deux mandats.

Pourtant, M. Trump n’était de retour à la Maison-Blanche que depuis quelques mois lorsqu’il a déclaré à NBC News : «Il existe des moyens que l’on pourrait» utiliser pour briguer un troisième mandat.

Trump signe un décret rebaptisant le lac Ontario en «Lake America» Voyez le compte-rendu de Sabrina Rivet.

Il a reconnu qu’un de ces moyens consistait à se présenter comme colistier du vice-président américain JD Vance en 2028 — puis à demander à Vance de se retirer si le duo remportait l’élection.

«Il y en a d’autres aussi», avait alors souligné M. Trump, faisant allusion à d’autres options. Il avait par la suite déclaré au magazine Time : «Il existe certaines échappatoires », tout en précisant qu’il ne croyait pas qu’il fallait les utiliser.

Depuis, le président a souvent utilisé ses publications sur les médias sociaux pour promouvoir des logos «Trump 2028» arborant son slogan Make America Great Again.

Mais Trump a aussi parfois semblé catégorique quant à l’interdiction qui lui est faite de se présenter à nouveau, reconnaissant récemment devant des journalistes : «J’adorerais me présenter, mais la loi est très stricte.»

M. Kalt a évoqué la possibilité pour un président ayant exercé deux mandats de revenir au pouvoir en se présentant à la vice-présidence dans son ouvrage Constitutional Cliffhangers: A Legal Guide for Presidents and Their Enemies. «Les gens ont tendance à trouver, pour reprendre les mots de Trump, ce qu’ils veulent entendre», a-t-il analysé.

Trump pourrait lutter contre le facteur «canard boiteux»

Les présidents américains en deuxième mandat voient généralement leur pouvoir et leur influence s’amenuiser au cours de leurs deux dernières années, particulièrement si leur parti subit de lourdes défaites aux élections de mi-mandat. Mais les commentaires de Trump pourraient également indiquer qu’il songe à consolider son héritage, une étape que bon nombre de ses prédécesseurs ont également franchie.

«Ils commencent tous, surtout lorsqu’ils franchissent la moitié de leur deuxième mandat, à penser à leur héritage», a avancé Paul Begala, ancien conseiller de l’ancien président américain Bill Clinton.

«Ils bannissent tous ce mot. Je sais que Clinton et Bush disaient : “On ne peut pas utiliser le mot en L.” Mais ils le font quand même», a-t-il ajouté, faisant référence à son ancien patron Clinton et à l’ancien président américain George W. Bush. «Ils y pensent tous. Et le personnel y pense, et le Cabinet y pense.»

Au cours de ses deux dernières années au pouvoir, M. Clinton s’est consacré corps et âme à la négociation d’un accord de paix au Moyen-Orient. M. Bush a utilisé le slogan «sprint jusqu’à la ligne d’arrivée» durant la dernière année de sa présidence, en 2008, et M. Biden a adopté une philosophie consistant à «franchir la ligne d’arrivée» après avoir abandonné sa campagne de réélection.

M. Trump s’est attaché à modeler la Maison-Blanche et la région métropolitaine de Washington à son image, en s’inspirant de son passé de promoteur immobilier à New York dans les années 1970 et 1980.

Il a commandé la construction d’une arche imposante près du Mémorial de Lincoln et fait restaurer les fontaines de la ville, tout en aménageant une terrasse dans la Roseraie et un héliport sur la pelouse de la Maison-Blanche, et en ajoutant de nombreuses touches dorées à l’intérieur et à l’extérieur majestueux du bâtiment.

Et puis, il y a cette immense salle de bal qu’il fait construire à la hâte malgré les contestations judiciaires — un projet qui, selon le président, ne sera achevé qu’à la fin de 2028, peu avant la fin de son mandat.

«Ce n’est pas pour moi, parce que je ne serai là que pour une très courte période lorsque les travaux seront terminés», avait-il dit aux journalistes dans le Bureau ovale. «Je serai là pendant quatre, cinq ou six mois. C’est pour les futurs présidents.»