International

Trump fête ses 80 ans avec un combat en cage à la Maison-Blanche

«Cet événement est unique en son genre, c’est un événement incroyable, j’adore ça.» - Dana White

Publié le 

The arena for the UFC Freedom 250 fights is pictured on the South Lawn of the White House in Washington, Thursday, June 11, 2026. (AP Photo/Julia Demaree Nikhinson) On voit ici l'arène où se dérouleront les combats de l'UFC Freedom 250, installée sur la pelouse sud de la Maison Blanche à Washington, le jeudi 11 juin 2026. Photo AP (Julia Demaree Nikhinson)

Le président Donald Trump célèbre dimanche ses 80 ans avec un spectacle d’anniversaire grandiose qui aurait autrefois semblé inimaginable: un combat en cage sur la célèbre pelouse sud de la Maison-Blanche.

Cette semaine, les dures réalités de la fonction ont menacé de faire de l’ombre à cette extravagance ostentatoire de l’UFC, où des combattants enfermés dans un octogone en treillis métallique tentent de se soumettre mutuellement à coups de poing et de pied.

Donald Trump s’est retrouvé pris au piège d’une guerre impopulaire et coûteuse qu’il a contribué à déclencher en Iran. Un accord pour mettre fin au conflit pourrait être proche, mais les détails cruciaux restent à négocier.

Pendant ce temps, à environ un kilomètre et demi de la fête d’anniversaire de M. Trump, des équipes ont retiré le nom du président du Kennedy Center après qu’un juge eut jugé que le fait de donner son nom à ce lieu allait trop loin.

Quoi qu’il en soit, le président sortira de la Maison-Blanche et sera entouré des chefs de cabinet, des hauts responsables de l’administration, des législateurs républicains et de plus de 4000 spectateurs hurlant à s’en éperdre la voix dans une arène temporaire sous «The Claw», une arche métallique en forme de vaisseau spatial équipée d’éclairage, de matériel de sonorisation et de grands écrans.

«Cet événement est unique en son genre, c’est un événement incroyable. J’adore ça», a déclaré le patron de l’UFC, Dana White, un ami proche du président, lors d’une séance de promotion vendredi soir au Lincoln Memorial, où des paires de combattants se bousculaient et se bagarraient devant les caméras sous le regard stoïque de la statue de marbre d’«Honest Abe».

UFC President and CEO Dana White speaks during a UFC news conference at the Lincoln Memorial, ahead of Sunday's fight on the South Lawn of the White House, Friday, June 12, 2026, in Washington. (AP Photo/Allison Robbert) Dana White, président-directeur général de l'UFC, s'exprime lors d'une conférence de presse de l'UFC au Lincoln Memorial, en amont du combat prévu dimanche sur la pelouse sud de la Maison Blanche, le vendredi 12 juin 2026, à Washington. (Photo AP/Allison Robbert) (Allison Robbert)

Le président a cherché à associer l’événement de dimanche — qui comprend sept combats se déroulant après minuit — aux célébrations plus larges, qui s’étendent sur plusieurs mois, du 250e anniversaire de la signature de la Déclaration d’indépendance.

Cependant, il s’agit bien plus d’une occasion de se mettre en avant, à tel point que le sommet du G7 réunissant les dirigeants des nations industrialisées a repoussé sa réunion afin que le président puisse assister à sa soirée de combats en cage avant de s’envoler directement pour la France pour les réunions.

La météo pourrait toutefois venir gâcher la fête. De violents orages et de puissants éclairs ont perturbé l’événement de vendredi au Lincoln Memorial, et les prévisions pour dimanche soir semblent également menaçantes.

«J’en ai ras-le-bol d’entendre parler de la météo», a énoncé M. White vendredi, avant d’admettre qu’il préférerait désormais organiser les événements de l’UFC uniquement dans des arènes couvertes.

Changement radical

Lorsque le prédécesseur de Donald Trump, le président Joe Biden, a fêté ses 80 ans en novembre 2022, il a célébré l’événement lors d’un brunch familial privé à la Maison-Blanche, mettant en évidence à quel point et à quelle vitesse les choses ont changé.

Interrogée sur ce contraste, la porte-parole de la Maison-Blanche, Allison Schuster, a indiqué que le combat «sera l’une des soirées les plus divertissantes de l’histoire américaine» et a ajouté que le moment était bien choisi. «Organiser ce spectacle à la Maison-Blanche le jour du drapeau, à l’occasion du 250e anniversaire de notre nation, est un hommage tout à fait approprié», a assuré Mme Schuster dans un communiqué.

À l’âge de 80 ans, Joe Biden était le président le plus âgé de l’histoire des États-Unis, et il était à quelques mois de lancer une campagne de réélection qu’il allait finalement abandonner après un débat désastreux contre M. Trump et une mutinerie parmi les démocrates, inquiets qu’il soit trop âgé pour assumer un second mandat.

Donald Trump a désormais supplanté M. Biden en tant que personne la plus âgée à avoir été élue président des États-Unis. La Constitution lui interdit de se présenter à nouveau, mais il joue constamment avec cette idée en public. Et ce, malgré des sondages montrant un scepticisme croissant du public quant à la santé mentale et physique de M. Trump — rappelant les inquiétudes auxquelles M. Biden avait dû faire face lorsqu’il avait atteint l’âge de 80 ans.

Un sondage Washington Post/ABC News/Ipsos réalisé en avril a révélé que moins de la moitié des adultes américains pensent que Donald Trump possède la vivacité d’esprit ou la santé physique nécessaires pour exercer efficacement ses fonctions de président.

La Maison-Blanche a répliqué par une longue déclaration de l’ancien médecin de Donald Trump à la Maison-Blanche, le représentant républicain du Texas Ronny Jackson, affirmant que «l’endurance, la concentration et la force de M. Trump sont exceptionnelles et se manifestent chaque jour. Les affirmations contraires relèvent de la pure fiction».

M. Jackson a ajouté que les inquiétudes soulevées par les sondages étaient «propagées par la même presse partiale, libérale et anti-Trump qui a complètement ignoré le désastre cognitif et physique absolu qu’était le président Biden».

Donald Trump a néanmoins subi quatre examens médicaux rendus publics au cours de ce seul mandat, le médecin de la Maison-Blanche, le Dr Sean Barbabella, l’ayant récemment déclaré en «excellente santé».

«Du pain et des jeux»

L’événement de l’UFC est une métaphore pertinente du style politique combatif de Donald Trump. Il est aussi grand amateur de la politique de type combat en cage que du combat en cage lui-même.

M. Trump est aussi depuis longtemps passé maître dans l’art de détourner l’attention politique, en présentant délibérément aux gens autre chose que sa présidence sur laquelle se concentrer lorsque les choses ne vont pas bien.

Alors que la guerre en Iran se poursuit malgré des semaines d’assurances de la part de M. Trump quant à sa fin imminente, que les prix de l’essence restent élevés, que les inquiétudes concernant l’inflation refont surface et que sa cote de popularité s’effondre — une fête d’anniversaire à la Maison-Blanche sans précédent dans l’histoire des États-Unis constitue sans aucun doute une diversion.

«Tout cela n’est qu’une diversion», a observé Mike Fontaine, professeur de lettres classiques à l’université Cornell, qui a comparé cette situation aux jeux de gladiateurs de la Rome impériale, où les combattants s’entre-tuaient pour le divertissement du public, dans le but de renforcer la popularité des dirigeants et d’apaiser les troubles potentiels.

«C’est une stratégie classique, a dit M. Fontaine. Dans la Rome antique, on aurait dit: “du pain et des jeux”».

Donald Trump affirme que l’UFC finance l’événement et, bien que son coût total n’ait pas été divulgué, le Service des parcs nationaux a indiqué dans un document judiciaire que plus de 60 millions $US et des dizaines de milliers d’heures de travail y avaient été consacrés, tandis que 7 agences gouvernementales avaient «alloué des ressources et des effectifs considérables».

L’UFC a également annoncé vendredi qu’elle ajoutait World Liberty Financial comme partenaire officiel de l’événement afin de créer une cagnotte spéciale de 250 000 $US destinée aux athlètes vainqueurs de dimanche soir.

Cette société spécialisée dans les cryptomonnaies est détenue en partie par la famille Trump. Elle a été fondée avec Steve Witkoff, l’envoyé diplomatique spécial du président, et est dirigée par son fils, Zach.

Cet accord brouille encore davantage les frontières entre les intérêts financiers de la famille Trump et les événements et projets de construction que le président a priorisés et mis en œuvre en utilisant des ressources gouvernementales.

Pourtant, M. Fontaine a déclaré qu’en matière de sens personnel du spectacle, la tendance du président, depuis son second mandat, à privilégier «la masculinité extrême et les combats brutaux» allie le sport sanglant de l’UFC à l’humour caractéristique de Trump et à son sens inébranlable du spectacle.

«Le président Trump possède un talent unique en son genre pour ce genre de choses», a-t-il souligné.