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Trump fait référence à une publicité jugée raciste des années 1980 dans un rassemblement électoral

À Gastonia, Trump ravive la controverse Willie Horton pour accuser les démocrates de laxisme face au crime.

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Le président des États-Unis, Donald Trump, parle durant un rassemblement de campagne à l'aéroport municipal de Gastonia, le mercredi 16 septembre 2026, en Caroline du Nord. (AP Photo/Matt Kelley) Le président des États-Unis, Donald Trump, parle durant un rassemblement de campagne à l'aéroport municipal de Gastonia, le mercredi 16 septembre 2026, en Caroline du Nord. (Matt Kelley)

Alors que le président Donald Trump tente de convaincre les électeurs que les démocrates ont laissé la criminalité se déchaîner, il puise dans le passé politique du pays pour faire référence à l’une des publicités de campagne les plus controversées, qui s’appuyait largement sur des clichés racistes.

Lors d’un rassemblement électoral mercredi à Gastonia, en Caroline du Nord, organisé pour soutenir Michael Whatley, candidat républicain au Sénat américain, Trump a ressorti une publicité de la campagne présidentielle de George H.W. Bush datant de 1988, mettant en scène Willie Horton, un homme noir condamné pour viol et agression après sa libération dans le cadre d’un programme de permission de sortie de la prison du Massachusetts.

Une photo de prison en noir et blanc, de mauvaise qualité, représentant Horton avait été utilisée dans cette publicité visant Michael Dukakis, alors gouverneur du Massachusetts, qui devançait Bush dans les sondages. Mercredi, Trump a évoqué la publicité sur Horton afin de convaincre les électeurs que l’ancien gouverneur démocrate Roy Cooper, l’adversaire de Whatley dans la course au Sénat, fait preuve de laxisme envers la criminalité.

«Willie Horton était un méchant, un vrai méchant», a déclaré Trump, avant de comparer la libération de Horton par Dukakis à la mise en liberté provisoire d’un homme noir accusé de meurtre pour avoir tué, l’année dernière, un réfugié ukrainien blanc à Charlotte, en Caroline du Nord.

«C’est exactement la même chose, exactement la même chose», a soutenu le président à la foule rassemblée à Gastonia.

C’est la deuxième fois que Trump évoque Willie Horton dans le cadre de la campagne électorale de son parti. Le mois dernier, lors d’un discours à Las Vegas, Trump avait qualifié le meurtre de Charlotte de tragédie «à la Willie Horton — version moderne».

«Après la diffusion du spot sur Willie Horton, Bush a pris la tête dans les sondages et n’a plus jamais été rattrapé», rappelle Andra Gillespie, politologue à l’université Emory, près d’Atlanta. «Ils ont montré la photo, et vous y avez attribué une dimension raciale. Cela n’a pas été suffisamment condamné comme du racisme.»

Une porte-parole du Comité national républicain (RNC), qui a organisé le rassemblement électoral de Gastonia, a défendu la référence de Trump à Horton.

«Roy Cooper a vidé les prisons et relâché des milliers de monstres violents dans les rues de Caroline du Nord», a affirmé Natalie Baldassarre, attachée de presse nationale du RNC, dans un communiqué adressé à l’Associated Press. «Cela a eu des conséquences mortelles, et tous les démocrates qui soutiennent l’abolition ou le désengagement financier de la police, la libération conditionnelle des criminels et la mise en place de politiques laxistes en matière de caution devront répondre de leur bilan dangereux en novembre.»

Trump dépeint la Caroline du Nord comme un «État dangereux»

Lors du rassemblement de mercredi, il a évoqué le meurtre, survenu le 22 août 2025, d’Iryna Zarutska, une femme blanche de 23 ans, dans un train de banlieue à Charlotte.

Decarlos Brown Jr., qui est Noir, est poursuivi pour meurtre et d’autres chefs d’accusation dans le cadre de l’agression à l’arme blanche contre Iryna Zarutska, qui a été filmée. Les dossiers judiciaires ont révélé qu’au moment de l’agression, Brown avait déjà fait l’objet de 14 procédures judiciaires dans le comté de Mecklenburg, dont une peine de cinq ans d’emprisonnement pour vol à main armée. Les médecins lui avaient diagnostiqué une schizophrénie.

Les républicains et d’autres voix influentes du mouvement «Make America Great Again» de Trump ont affirmé que cette agression montrait à quel point les élus démocrates des grandes villes américaines avaient échoué à protéger les habitants, tandis que certains commentateurs conservateurs ont laissé entendre que les démocrates ignoraient un problème infondé de criminalité «des Noirs contre les Blancs».

«Il aurait dû être incarcéré pour de très nombreuses années», a lancé Trump mercredi à propos de Brown.

«Avant, personne ne considérait la Caroline du Nord comme un État dangereux, sur le plan criminel», a ajouté Trump en rejetant la faute sur Cooper. «C’était le paradis, n’est-ce pas ? Aujourd’hui, c’est l’un des États les plus violents, l’un des pires de tout le pays.»

Selon les données du FBI sur la criminalité pour 2024, la Caroline du Nord se classait au 19e rang en termes de taux de crimes violents à l’échelle de l’État, sur un total de 50 États.

Lors du rassemblement de Gastonia, une mosaïque de photos d’identité judiciaire a été projetée sur grand écran devant la foule. Trump a affirmé que Cooper avait conclu un accord avec des «militants radicaux» pour relâcher «certains des pires criminels du pays en Caroline du Nord».

«C’est lui qui a relâché ces personnes. Ce n’est qu’un petit échantillon d’entre elles», a insisté le président, en désignant les photos d’identité judiciaire qui représentaient en grande majorité des personnes noires.

Bien que l’on ignore dans quelles circonstances les personnes figurant sur ces photos d’identité judiciaire ont été libérées, les responsables pénitentiaires de l’État ont précisé que Brown n’avait pas bénéficié d’une libération anticipée ni n’avait été libéré dans le cadre de l’accord de libération de détenus conclu par Cooper pendant la pandémie de COVID-19, auquel Trump faisait référence.

Avant de poignarder mortellement Zarutska, selon les dossiers judiciaires, Brown bénéficiait d’une liberté provisoire pour une infraction mineure, ordonnée par un magistrat après que Cooper eut quitté ses fonctions.

«Exploiter la colère»

Les républicains subissent une forte pression pour rallier les électeurs indécis à l’approche des élections de mi-mandat de novembre, alors que les démocrates tentent de prendre le contrôle de la Chambre des représentants, du Sénat, voire des deux. Certains stratèges politiques affirment qu’une partie de la stratégie consistant à associer Horton à la campagne sénatoriale en Caroline du Nord vise à attiser la base de Trump.

«Il exploite cette colère pour rappeler aux électeurs républicains ce qu’il considère comme leurs principes fondamentaux, dans l’espoir que cela profite aux candidats républicains», a évalué Mme Gillespie.

«Il agit ainsi pour tenter de détourner l’attention des critiques concernant sa façon de gouverner actuellement», a-t-elle poursuivi. «Les démocrates veulent centrer le débat de cette élection sur la faible cote de popularité de Trump, la guerre en Iran, l’inflation, en se focalisant sur des sujets qui n’ont pas beaucoup de sens alors que le pays est confronté à des problèmes vraiment graves.»

Dewey Clayton, professeur émérite de sciences politiques à l’université de Louisville, a déclaré que Trump et d’autres républicains pensaient peut-être que ce qui avait fonctionné auparavant lors des élections de 2016 et 2024 fonctionnerait sans doute à nouveau lors des élections de mi-mandat de cette année.

«Ça a été très efficace», a mentionné M. Clayton. «Il ne faut pas nécessairement y voir une question raciale en soi, même si la race entre clairement en ligne de compte. En 2026, parler de publicités datant des années 1980 ? Je suis sûr qu’il avait des conseillers qui lui disaient en substance que c’était une méthode qui avait fait ses preuves.»

Le Parti républicain pourrait avoir besoin d’un coup de pouce en novembre, prévient Mme Gillespie. «Je pense que la raison pour laquelle on revient à ces vieilles stratégies, c’est qu’il y a une réelle inquiétude quant à l’enthousiasme des républicains et qu’on pourrait assister à une baisse du taux de participation républicain», a-t-elle déclaré.

Une rhétorique visant à détourner l’attention des électeurs de la hausse des coûts

Selon Morgan Jackson, associé chez Nexus Strategies à Raleigh, cette tactique témoigne du désespoir de Trump et de la campagne de Whatley.

«Trump évoque Willie Horton pour attiser les divisions raciales, un argument qu’il utilise depuis dix ans», a avancé M. Jackson, qui est le stratège en chef de la campagne de Cooper. «Il ressort très clairement du discours du président hier soir que leur seul objectif est de semer la division, la haine et les mensonges. Michael Whatley redouble d’efforts pour soutenir cette démarche.»

M. Jackson a également affirmé que Trump et Whatley tentaient de détourner le message de la campagne électorale, axé sur «la hausse de l’inflation et le renchérissement général».

«Ils veulent utiliser une rhétorique incendiaire, des discours haineux et des mensonges pour semer la division dans l’espoir de remporter l’élection», a-t-il ajouté. «En évoquant Willie Horton, ils dévoilent très clairement leur jeu.»

L’AP a envoyé jeudi un courriel à la campagne sénatoriale de Whatley pour solliciter ses commentaires.