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Le président taïwanais serait «heureux» de pouvoir parler avec Trump

Ces propos interviennent juste après une visite à Pékin de Donald Trump.

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ARCHIVES - Sur cette photo diffusée par la présidence taïwanaise, le président taïwanais Lai Ching-te s'exprime lors d'une conférence de presse consacrée au «Partenariat pour la prospérité économique entre Taïwan et les États-Unis», à Taipei, le 3 fé... ARCHIVES - Sur cette photo diffusée par la présidence taïwanaise, le président taïwanais Lai Ching-te s'exprime lors d'une conférence de presse consacrée au «Partenariat pour la prospérité économique entre Taïwan et les États-Unis», à Taipei, le 3 février 2026. Présidence taïwanaise via AP, archives (Uncredited)

Le dirigeant taïwanais Lai Ching-te a déclaré jeudi qu’il serait «heureux» de s’entretenir avec Donald Trump, une conversation qui romprait avec quatre décennies de protocole diplomatique et dont Pékin a dénoncé la perspective.

Le président américain a assuré mercredi devant des journalistes qu’il parlerait à M. Lai, notamment dans le contexte d’une vente d’armes que les États-Unis pourraient effectuer à Taïwan — île que la Chine considère comme son territoire.

Ces propos interviennent juste après une visite à Pékin de Donald Trump, au terme de laquelle il a déclaré avoir «beaucoup parlé» avec son homologue chinois Xi Jinping de la question taïwanaise, dossier ultrasensible des relations sino-américaines.

«Je parlerai avec (Lai). Je parle avec tout le monde», a déclaré M. Trump à des journalistes qui l’interrogeaient sur cette possibilité, une ligne rouge pour Pékin. «Nous allons travailler (au) problème de Taïwan.»

Le ministère des Affaires étrangères de Taipei a répondu peu après que l’île était «déterminée à maintenir le statu quo dans le détroit de Taïwan», estimant que la Chine était «le perturbateur de la paix et de la stabilité» dans la région.

Lai Ching-te serait «heureux de discuter de ces questions avec le président Trump», a ajouté son communiqué.

«Mauvais signaux»

Peu après sa première élection en 2016 mais avant de prendre ses fonctions, Donald Trump avait accepté un coup de téléphone de la présidente taïwanaise Tsai Ing-wen, suscitant l’ire de Pékin.

Mais jamais des présidents américains et taïwanais en exercice ne se sont parlé directement depuis que Washington a transféré ses relations diplomatiques de Taipei à Pékin, en 1979.

Interrogé sur les propos de Donald Trump, un porte-parole de la diplomatie chinoise, Guo Jiakun, a rappelé jeudi que Pékin «s’opposait fermement aux échanges officiels» entre Washington et Taipei, ainsi qu’aux ventes d’armes américaines à l’île.

Rencontre Trump-Xi: le bilan d’un sommet sur fond de tensions Par Sabrina Rivet | Le voyage de Donald Trump en Chine a pris fin vendredi. Le président américain et son homologue chinois, XI Jin Ping, ont tenté de s'entendre sur des enjeux majeurs, mais leurs discussions n’ont pas donné lieu à d'avancées majeures dans de grands dossiers.

«La Chine exhorte la partie américaine à mettre en œuvre le consensus important auquel sont parvenus les chefs d’État chinois et américain, à honorer leurs engagements et leurs déclarations et à traiter la question de Taïwan avec la plus grande prudence», a-t-il souligné lors d’une conférence de presse régulière.

Il a appelé Washington à «cesser d’envoyer de mauvais signaux (de soutien) aux forces séparatistes qui militent pour une indépendance de Taïwan».

Décision en suspens

La Chine considère Taïwan comme l’une de ses provinces, qu’elle n’a pas réussi à unifier avec le reste de son territoire depuis la fin de la guerre civile chinoise en 1949. Elle plaide pour une solution pacifique tout en se réservant la possibilité de recourir à la force.

À Pékin, Donald Trump avait mis en garde les dirigeants de l’île contre toute proclamation d’indépendance.

«Je n’ai pas envie que quelqu’un déclare l’indépendance et, vous savez, nous sommes ensuite censés faire 15 000 kilomètres pour faire la guerre», avait-il expliqué vendredi à Fox News.

Washington a approuvé fin 2025 la deuxième vente d’armes à Taïwan depuis le retour au pouvoir de Donald Trump, pour une valeur de 11,1 milliards de dollars.

Mais le président réserve sa réponse concernant la suite des livraisons souhaitées par Taipei. «Cela dépendra de la Chine. C’est un très bon atout de négociation pour nous», avait-il déclaré.

Lai Ching-te s’en est ému, relevant que «Taïwan se trouvait au cœur des intérêts mondiaux». Selon lui, «la paix et la stabilité dans le détroit de Taïwan ne seront jamais sacrifiées ni marchandées».