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Trump donne un aperçu de ses échanges privés avec Emmanuel Macron et Mark Rutte

Mardi, M. Trump a publié un texto qu’il a reçu du président français Emmanuel Macron, dont l’authenticité a été confirmée par l’Élysée.

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ARCHIVES – Le président Donald Trump embarque à bord d'Air Force One à la base aérienne d'Andrews, dans le Maryland, le 15 août 2025. (Photo AP/Julia Demaree Nikhinson) ARCHIVES – Le président Donald Trump embarque à bord d'Air Force One à la base aérienne d'Andrews, dans le Maryland, le 15 août 2025. Photo AP (Julia Demaree Nikhinson)

Alors que l’Europe s’insurge publiquement contre le président américain Donald Trump au sujet du Groenland, le ton semble plus conciliant en coulisses.

Mardi, M. Trump a publié un texto qu’il a reçu du président français Emmanuel Macron, dont l’authenticité a été confirmée par l’Élysée.

Dans un message commençant par «Mon ami», le ton de M. Macron était plus respectueux que les critiques que la France et certains de ses partenaires européens expriment ouvertement contre la volonté de M. Trump de s’emparer du Groenland, territoire appartenant au Danemark, membre de l’OTAN.

Avant d’aborder le différend groenlandais, M. Macron a choisi, dans son message, de parler d’autres sujets sur lesquels lui et M. Trump semblent partager le même point de vue.

«Nous sommes totalement d’accord sur la Syrie. Nous pouvons faire de grandes choses concernant l’Iran», a écrit le dirigeant français en anglais.

Puis, il a ajouté: «Je ne comprends pas ce que vous faites au Groenland», immédiatement suivi de: «Essayons de construire de grandes choses.»

Il s’agissait de la seule mention de M. Macron sur le territoire danois semi-autonome convoité par M. Trump dans les deux parties du message publié par ce dernier. On ne pouvait pas voir la date de réception du message.

Trump rompt avec la tradition

Les messages privés échangés entre dirigeants mondiaux sont rarement rendus publics intégralement, ce qui leur permet de présenter une image publique différente de celle qu’ils entretiennent entre eux.

Mais M. Trump, comme à son habitude dans de nombreux domaines, fait fi des traditions. Il a également publié un message flatteur de Mark Rutte, secrétaire général de l’OTAN, dont l’authenticité a été confirmée par l’alliance.

«Je suis déterminé à trouver une solution pour le Groenland, a écrit M. Rutte. J’ai hâte de vous rencontrer. Cordialement, Mark.»

Mark Rutte a refusé de s’exprimer publiquement sur le Groenland malgré l’inquiétude croissante suscitée par les menaces de M. Trump d’«acquérir» l’île et les conséquences que cela aurait pour l’intégrité territoriale du Danemark. Interrogé la semaine dernière sur les ambitions de Donald Trump au Groenland et sur les avertissements du Danemark selon lesquels toute intervention militaire américaine pourrait sonner le glas de l’OTAN, M. Rutte a déclaré: «Je ne peux absolument pas commenter cela. C’est impossible publiquement.»

Emmanuel Macron aime dire qu’il peut joindre M. Trump au téléphone quand il le souhaite. Il l’a prouvé en septembre dernier en appelant le président depuis une rue de New York, pour lui dire que des policiers le bloquaient afin de laisser passer un cortège.

«Devinez quoi? J’attends dans la rue parce que tout est bloqué pour vous!», a lancé M. Macron sous l’œil des caméras.

Il est fort probable que M. Macron sache désormais – un an après le début du second mandat de M. Trump – qu’il existe toujours un risque qu’un message privé soit divulgué.

Pourtant, le contraste entre le discours public et privé de M. Macron dans le message publié par M. Trump était frappant.

Accueillir la Russie et l’Ukraine ensemble

Plus remarquable encore, le président français a indiqué à Donald Trump, dans son message, qu’il serait disposé à inviter des représentants ukrainiens et russes à une réunion à Paris en fin de semaine – une idée que M. Macron n’avait pas évoquée publiquement.

Les Russes pourraient être accueillis «en marge», a suggéré Emmanuel Macron, faisant allusion à la gêne potentielle que représenterait une invitation de représentants de Moscou alors que la France soutient l’Ukraine militairement et autrement face à l’invasion du président russe Vladimir Poutine.

M. Macron a écrit que la réunion pourrait également inclure «les Danois, les Syriens» et les pays du G7 – dont les États-Unis.

Le président français a ajouté: «Dînons ensemble à Paris jeudi avant votre retour aux États-Unis.»

Il a ensuite conclu en signant «Emmanuel».