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Washington fustige l’OTAN avant la rencontre Trump-Rutte

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Le secrétaire général de l'OTAN, Mark Rutte, prend la parole au siège de l'OTAN à Bruxelles, le jeudi 26 mars 2026. Le secrétaire général de l'OTAN, Mark Rutte, prend la parole au siège de l'OTAN à Bruxelles, le jeudi 26 mars 2026. (Virginia Mayo)

Le président Donald Trump a réitéré ses critiques à l'égard de l'OTAN après une réunion à huis clos avec le secrétaire général de l'alliance, Mark Rutte, mercredi, au cours de laquelle les discussions devaient initialement viser à apaiser la colère de M. Trump envers l'alliance militaire au sujet de la guerre en Iran.

Avant cette réunion privée, le président avait laissé entendre que les États-Unis pourraient envisager de quitter l'alliance transatlantique après que les pays membres de l'OTAN eurent ignoré son appel à l'aide alors que l'Iran bloquait de facto le détroit d'Ormuz, une voie maritime vitale, provoquant une flambée des prix de l'essence.

Par la suite, il a publié un commentaire tout en majuscules sur les médias sociaux, laissant entendre qu’il restait mécontent.

«L’OTAN n'était pas là lorsque nous avions besoin d'elle, et elle ne sera pas là si nous avons à nouveau besoin d'elle», a écrit M. Trump dans son message.

La Maison-Blanche n’a pas immédiatement fourni d’autres informations.

Le président républicain a entretenu par le passé des relations cordiales avec M. Rutte. Cette rencontre a eu lieu après que les États-Unis et l’Iran se sont mis d’accord mardi soir sur un cessez-le-feu de deux semaines incluant la réouverture du détroit.

Ce cessez-le-feu naissant a été conclu après que M. Trump eut mentionné qu’il frapperait les centrales électriques et les ponts iraniens, menaçant qu’«une civilisation entière mourra ce soir».

Plus tôt mercredi, la porte-parole de la Maison-Blanche, Karoline Leavitt, a reconnu que M. Trump avait évoqué la possibilité de quitter l’OTAN.

«Je pense que c’est un sujet dont le président discutera dans quelques heures avec le secrétaire général Rutte», a indiqué Mme Leavitt.

En 2023, le Congrès a adopté une loi empêchant tout président américain de se retirer de l’OTAN sans son accord. Donald Trump critique depuis longtemps l’OTAN et, lors de son premier mandat, il avait laissé entendre qu’il avait le pouvoir de quitter de son propre chef l’alliance, fondée en 1949 pour contrer la menace que représentait l’Union soviétique pour la sécurité européenne pendant la guerre froide.

Le cœur de l’engagement pris par ses 32 pays membres réside dans un accord de défense mutuelle selon lequel une attaque contre l’un d’entre eux est considérée comme une attaque contre tous. La seule fois où cet accord a été activé, c’était en 2001, pour soutenir les États-Unis à la suite des attentats du 11 septembre à New York et Washington.

Malgré cela, M. Trump s’est plaint, au cours de la guerre qu’il a choisie de mener contre l’Iran, que l’OTAN avait montré qu’elle ne serait pas là pour les États-Unis.

Le sénateur républicain Mitch McConnell a publié mardi soir une déclaration en faveur de l'alliance, soulignant qu'«après les attentats du 11 septembre, les alliés de l'OTAN ont envoyé leurs jeunes soldats se battre et mourir aux côtés des soldats américains en Afghanistan et en Irak».

On ne sait pas si l'administration Trump contestera la loi interdisant à un président de se retirer de l'OTAN. Lorsque cette loi a été adoptée, elle a été défendue par l'actuel secrétaire d'État, Marco Rubio, qui était alors sénateur de la Floride.

M. Rubio s'est entretenu séparément avec M. Rutte mercredi matin au Département d'État américain avant les discussions à la Maison-Blanche.

Dans un communiqué, le Département d'État américain a indiqué que les deux hommes avaient discuté de la guerre avec l'Iran, ainsi que des efforts américains pour négocier une fin à la guerre entre la Russie et l'Ukraine et «du renforcement de la coordination et du partage des charges avec les alliés de l'OTAN».

Une alliance sous tensions

L'alliance était déjà ébranlée depuis un an, avec le retour au pouvoir de M. Trump, qui avait réduit le soutien militaire américain à l'Ukraine dans la guerre contre la Russie et menacé de s'emparer du Groenland, un territoire du Danemark.

Mais les pressions de M. Trump sur l'OTAN se sont intensifiées après le début de la guerre en Iran, fin février, le président insistant sur le fait que la sécurisation du détroit d'Ormuz n'était pas l'affaire des États-Unis, mais la responsabilité des pays qui dépendent du passage du pétrole par ce détroit.

«Allez dans le détroit et prenez-le, tout simplement», a lancé M. Trump la semaine dernière.

Donald Trump s’est également indigné lorsque des alliés de l’OTAN, l’Espagne et la France, ont interdit ou restreint l’utilisation de leur espace aérien ou de leurs installations militaires communes aux États-Unis dans le cadre de la guerre contre l’Iran. Ces pays, ainsi que d’autres nations, ont toutefois accepté de contribuer à une coalition internationale visant à rouvrir le détroit d’Ormuz une fois le conflit terminé.

Le premier ministre britannique, Keir Starmer, qui a été une source particulière de frustration pour M. Trump, devait se rendre mercredi dans le Golfe pour soutenir le cessez-le-feu. Le Royaume-Uni travaille à l'élaboration d'un plan de sécurité post-conflit pour le détroit.

Michelle L. Price et Collin Binkley, The Associated Press