Donald Trump a affirmé vendredi qu’il avait renoncé à «beaucoup d’argent» pour créer un «fonds anti-instrumentalisation» destiné à ses partisans, une initiative qui indigne les démocrates et, chose rare, suscite aussi une grogne ouverte au sein du parti républicain.
«J’ai renoncé à beaucoup d’argent en permettant que le fonds “anti-instrumentalisation” entre en vigueur», a écrit le président américain sur son réseau Truth Social.
Ce fonds, alimenté par de l’argent public, a un montant de 1,776 milliard de dollars, en référence à la date de la création des États-Unis.
Il doit permettre d’indemniser des alliés de Donald Trump qui auraient, selon lui, été poursuivis ou condamnés de manière indue sous Joe Biden.
Le milliardaire républicain a assuré qu’il «aurait pu solder son litige (avec le fisc) pour une vraie fortune. Au lieu de cela, j’aide d’autres, qui ont été maltraités par une administration Biden malfaisante, corrompue et instrumentalisée».
Cette affaire trouve son origine dans une plainte déposée par Donald Trump contre le fisc américain, auquel il réclamait 10 milliards de dollars en particulier pour avoir rendu publiques ses déclarations d’impôt.
Plutôt que d’être tranché par un tribunal, ce litige a été résolu — comme c’est souvent le cas aux États-Unis — par un accord passé entre le président américain et le fisc, qui est sous l’autorité du pouvoir exécutif et supervisé par le ministère de la Justice, aujourd’hui dirigé par un ancien avocat personnel de Donald Trump, Todd Blanche.
Cette initiative a suscité l’indignation des opposants démocrates, qui y voient la création d’une «caisse noire» financée par les contribuables afin de rémunérer les alliés du président américain.
Y compris, potentiellement, ceux qui avaient attaqué le Capitole le 6 janvier 2021 pour tenter d’empêcher le congrès de certifier l’élection de Joe Biden.
Ce fonds a aussi provoqué un malaise au sein du parti républicain, sur lequel Donald Trump a une autorité presque absolue jusqu’ici.
La bronca a été suffisamment forte pour empêcher jeudi l’adoption au Sénat d’un texte budgétaire très important, ce qui constitue un camouflet rare pour le président américain.
En échange du retrait de sa plainte contre le fisc, Donald Trump a aussi obtenu que lui-même, sa famille et ses entreprises bénéficient d’une immunité fiscale rétroactive, c’est-à-dire que le service des impôts ne pourra pas contester leurs déclarations fiscales passées.
