Le président américain Donald Trump a accusé une nouvelle fois le Canada de ne pas en faire assez pour lutter contre le trafic de drogue, mais il ne l’a pas inclus dans la liste des principaux pays producteurs de drogue publiée mercredi.
«Après quatre ans de chaos de frontières ouvertes, les saisies de fentanyl et d’autres drogues introduites clandestinement aux États-Unis ont diminué de plus de moitié, et les décès par surdose ont chuté, a affirmé M. Trump dans une déclaration soumise au Congrès. Mon administration a sauvé des dizaines de milliers de vies américaines de ce fléau.»
Chaque année, en vertu de la législation américaine, le président doit désigner les pays qui n’ont pas respecté leurs obligations relevant des accords internationaux de lutte contre le trafic de stupéfiants au cours des douze derniers mois.
La nouvelle liste cite l’Afghanistan, les Bahamas, le Belize, la Bolivie, la Chine, la Colombie, le Costa Rica, la République dominicaine, l’Équateur, le Salvador, le Guatemala, Haïti, le Honduras, l’Inde, la Jamaïque, le Laos, le Mexique, le Myanmar, le Nicaragua, le Pakistan, le Panama, le Pérou et le Venezuela.
Dans sa déclaration au Congrès, M. Trump a salué les efforts déployés par l’administration de la présidente mexicaine Claudia Sheinbaum pour endiguer le trafic de drogue et démanteler les laboratoires clandestins, tout en affirmant que le Mexique et le Canada devaient encore faire davantage.
«Du fentanyl continue d’être produit illicitement dans des laboratoires clandestins canadiens, et des précurseurs chimiques ainsi que les drogues de synthèse continuent d’entrer aux États-Unis via le Canada», a affirmé M. Trump.
«Le Canada doit prendre des mesures concrètes pour démanteler les laboratoires de drogue, renforcer la sécurité de la chaîne d’approvisionnement et affaiblir les réseaux criminels et les gangs chinois opérant le long de notre frontière nord.»
Les données du gouvernement américain montrent que le volume de drogue saisi à la frontière canadienne est infime par rapport à celui saisi à la frontière avec le Mexique.
Une stratégie frontalière et un «tsar du fentanyl»
La Gendarmerie royale du Canada a indiqué que, bien que le fentanyl soit un problème pour les Canadiens, il s’agit principalement d’un problème lié à un approvisionnement local, et il existe peu d’éléments suggérant que le fentanyl canadien représente une menace croissante pour les États-Unis.
M. Trump a invoqué la loi sur les pouvoirs économiques en matière d’urgence internationale (International Economic Emergency Powers Act, ou IEEPA) l’année dernière pour déclarer l’état d’urgence concernant le trafic de fentanyl et imposer des droits de douane au Canada.
Le Canada a réagi rapidement en mettant en place un plan frontalier d’un milliard de dollars et en nommant un «tsar du fentanyl». Ottawa a annoncé la création d’une force d’intervention conjointe canado-américaine et a déployé des hélicoptères et des drones supplémentaires le long de la frontière.
Mais des membres de l’administration Trump ont continué à critiquer les efforts canadiens, soulignant que la GRC avait démantelé un laboratoire de drogue sophistiqué en Colombie-Britannique en 2024 comme exemple que des cartels mexicains s’implantaient au Canada.
Les droits de douane sur le fentanyl ont finalement été levés lorsque la Cour suprême des États-Unis a statué que le recours de M. Trump à l’IEEPA pour imposer ces droits de douane était illégal.
Depuis, M. Trump a remplacé ces droits de douane par une taxe de 10 %, invoquant le recours au travail forcé dans les chaînes d’approvisionnement. Ces droits ne s’appliquent pas aux marchandises conformes à l’Accord Canada-États-Unis-Mexique (ACÉUM).
Le Canada est également frappé de plein fouet par les droits de douane sectoriels distincts — qui touchent des secteurs tels que l’acier, l’aluminium, l’automobile et l’ébénisterie — ainsi que par des droits de 50 % sur toute une série de marchandises, mis en place après l’échec des négociations commerciales le mois dernier.
Les membres de l’administration Trump ont beaucoup moins évoqué les problèmes de trafic de drogue à la frontière canadienne depuis que la Cour suprême a privé M. Trump de son outil tarifaire.
Le secrétaire américain à la Sécurité intérieure, Markwayne Mullin, a rencontré le ministre canadien de la Sécurité publique, Gary Anandasangaree, à Washington en juin.
Au cours d’une discussion informelle à Washington, les deux responsables ont évoqué la collaboration fructueuse à la frontière. M. Mullin a déclaré que les relations «fracturées» entre le Canada et les États-Unis devaient être rétablies pour garantir la sécurité dans les deux pays.
En juillet, des agents de l’Agence des services frontaliers du Canada au poste frontalier de Coutts, dans le sud de l’Alberta, ont intercepté deux camions commerciaux en provenance des États-Unis transportant une quantité importante de cocaïne.
— D’après des informations de l’Associated Press

