Le président américain Donald Trump a congédié jeudi les deux derniers responsables d’une agence fédérale chargée de garantir la bonne tenue des opérations de vote aux États-Unis, selon des médias, alors que de cruciales élections de mi-mandat doivent se tenir en novembre.
La Commission d’assistance aux élections (EAC), une agence publique créée en 2002, est chargée de certifier les équipements de vote et distribuer des centaines de millions de dollars d’aide fédérale au titre des élections, rappelle la chaîne CNN.
Donald Trump est en conflit avec l’EAC: il a fait pression sur la commission pour qu’elle intègre, sur les formulaires d’inscription sur les listes électorales, une obligation de fournir une preuve de citoyenneté. Mais sa demande a en grande partie été bloquée par la justice.
L’EAC est d’ordinaire dirigée par quatre représentants des deux ailes du Congrès. Plus tôt cette année, deux républicains à sa tête avaient démissionné, selon le quotidien USA Today.
Les deux membres restants de ce quatuor, choisis par le camp démocrate, ont finalement reçu jeudi un email leur annonçant leur renvoi, selon le journal.
«Au nom du président Donald J. Trump, je vous écris pour vous informer que votre mandat de commissaire de la Commission d’assistance aux élections prend fin avec effet immédiat», est-il écrit dans ce message de la Maison-Blanche, d’après la chaîne CNN.
Les démocrates ont condamné cette décision, jugée par exemple «irresponsable et dangereuse» au risque de «semer le chaos» par le secrétaire d’État de l’Arizona (sud-ouest) Adrian Fontes.
Pour le sénateur de Virginie (est) Mark Warner, «démettre tous les commissaires restants quelques mois seulement avant les élections de mi-mandat de 2026 est une mesure extraordinaire qui demande une explication immédiate du gouvernement».
Le directeur général du Centre Brennan pour la justice, Michael Waldman, a jugés ces renvois «particulièrement préoccupants, au vue des efforts incessants déployés par le président Trump pour tenter d’interférer dans les élections».
Toute démarche de l’EAC nécessite l’approbation de trois de ses quatre responsables. Trouver leurs remplaçants pourrait toutefois prendre des mois, avance USA Today.
D’après le quotidien, la Maison-Blanche a défendu dans un communiqué le droit du président «de renvoyer des individus qui ne seraient pas pleinement en phase avec la mission essentielle consistant à garantir la sécurité des élections en Amérique et à veiller à ce chaque vote légal soit pris en compte».
