Le président Donald Trump a déclaré lundi sur les réseaux sociaux que l’Iran avait sollicité une rencontre avec ses homologues américains, bien que les responsables iraniens aient affirmé qu’aucune réunion de ce type n’était prévue après que les attaques survenues cette fin de semaine dans le golfe Persique ont semé le doute sur les négociations de paix.
Le président américain s’est efforcé de préserver un accord provisoire de plus en plus fragile alors que les tensions se sont intensifiées ces derniers jours dans le détroit d’Ormuz, par lequel transitait un cinquième du pétrole mondial avant le début de la guerre. Après quatre jours d’échanges de frappes, les deux camps semblaient avoir suspendu leurs attaques lundi.
Le président Trump a indiqué que la rencontre avec l’Iran aurait lieu mardi à Doha, au Qatar. L’envoyé spécial des États-Unis, Steve Witkoff, et Jared Kushner, le gendre du président, se sont envolés pour le Qatar en vue de cette réunion, a noté la porte-parole de la Maison-Blanche, Karoline Leavitt, à l’émission «Fox & Friends» de Fox News.
Mais Kazem Gharibabadi, négociateur en chef de l’Iran, a nié qu’une réunion ait été prévue.
Les États-Unis et l’Iran ont conclu un accord provisoire au début du mois qui prévoit la dilution des stocks d’uranium enrichi de Téhéran. Cet accord suspend également les sanctions soutenues par les États-Unis à l’encontre du pays, tout en rouvrant le détroit d’Ormuz et en accordant à chaque partie 60 jours pour élaborer des accords plus complets.
Les cours du pétrole ont chuté après la signature de l’accord provisoire, mais s’ils devaient s’inverser de manière significative, cela pourrait discréditer les affirmations de M. Trump sur le ralentissement de l’inflation à l’approche des élections de novembre.
Plus tôt dans la journée de lundi, le président iranien avait annoncé que 6 milliards $ US d’avoirs iraniens gelés seraient relâchés par le Qatar.
La mention de ces fonds par Masoud Pezeshkian semblait viser à rallier l’opinion publique iranienne à l’accord provisoire, d’autant plus que son emprise sur le détroit d’Ormuz a été mise à l’épreuve par les tentatives d’ouvrir les eaux territoriales d’Oman au trafic entrant et sortant du golfe Persique.
Tension accrue dans le détroit
Au cours de la guerre qui a commencé le 28 février, les attaques et les menaces de l’Iran ont empêché les navires de marchandises et les pétroliers de transiter par le détroit d’Ormuz, provoquant une crise énergétique mondiale.
Ces derniers jours, l’Iran a attaqué à deux reprises des navires dans le détroit — dont un pétrolier transportant du brut qatari — à la suite des efforts visant à ouvrir les eaux territoriales d’Oman au trafic du golfe Persique.
Ces attaques ont entraîné des frappes aériennes américaines en représailles et fait craindre que les négociations sur la fin de la guerre ne soient compromises. Dimanche, l’Iran a lancé des attaques de drones et de missiles visant Bahreïn et le Koweït.
L’Iran et Oman se sont réunis lundi à Oman pour discuter de la situation.
Le détroit d’Ormuz est depuis longtemps considéré comme une voie navigable internationale, bien qu’il soit situé dans les eaux territoriales de l’Iran et d’Oman.
Restitution de 6 milliards $ gelés à l’Iran
M. Pezeshkian a salué l’accord provisoire dans des commentaires publiés lundi par l’agence de presse officielle IRNA, le qualifiant de «grande victoire pour le peuple iranien».
«Conformément aux plans établis, 6 milliards $ US sur les 12 milliards $ US de ressources iraniennes détenues au Qatar seront relâchés et restitués au pays, et les démarches nécessaires sont en cours», a-t-il déclaré. Il n’a pas donné plus de détails.
M. Pezeshkian, un réformiste au sein de la théocratie iranienne, est le plus haut responsable iranien à avoir évoqué la libération des fonds détenus par le Qatar, médiateur clé aux côtés du Pakistan dans ces négociations.
À ce jour, les responsables américains affirment qu’aucun actif iranien gelé n’a été relâché. Le Qatar n’a pas non plus confirmé un tel transfert.
Confusion autour des négociations
La confusion grandit autour du prochain cycle de négociations entre l’Iran et les États-Unis.
Le Pakistan, médiateur clé, a fait savoir que les pourparlers reprendraient mardi. L’administration Trump a indiqué dimanche qu’aucune réunion n’avait été annulée et que les discussions techniques se dérouleraient comme prévu dans les jours à venir.
Mais Kazem Gharibabadi, négociateur en chef de l’Iran, a démenti que des pourparlers aient été programmés, dans des propos publiés par l’IRNA.
«Bien que les consultations avec le Qatar, notamment sur le suivi de la mise en œuvre des engagements de l’autre partie, se poursuivent comme d’habitude, les informations relayées par certains médias concernant des discussions techniques menées par des groupes de travail à Doha ne sont pas confirmées», a-t-il déclaré.
Les discussions techniques impliquent des diplomates de rang inférieur qui travaillent sur les détails d’un éventuel accord qui ramènerait les hauts dirigeants iraniens et américains à la table des négociations.
Baisse des prix du pétrole
M. Trump s’est réjoui lundi matin de voir le cours des contrats à terme de pétrole s’échanger à environ 69 $ US le baril aux États-Unis, une baisse qu’il a attribuée à l’accord provisoire conclu avec l’Iran.
Même si le président avait précédemment affirmé que les cours du pétrole et les préoccupations politiques nationales n’influençaient pas son approche vis-à-vis de l’Iran, M. Trump a souvent mis l’accent sur la baisse des cours du pétrole, présentant la réouverture du détroit d’Ormuz comme une victoire majeure.
Il a affirmé à tort que les cours du pétrole étaient inférieurs à ce qu’ils étaient avant la guerre.
Les contrats à terme sur le pétrole aux États-Unis s’échangeaient entre 65 $ US et 66 $ US le baril avant le début de la guerre, fin février.
Le Brent, référence internationale, s’échangeait à environ 72 $ US le baril avant le début de la guerre, et a dépassé les 126 $ US le baril en avril. Lundi, le Brent s’échangeait à environ 73,25 $ US le baril.
