Une crue spectaculaire et dévastatrice à la frontière entre le Népal et le territoire chinois du Tibet survenue mercredi a fait au moins 180 morts et plus de 1 300 disparus, selon les autorités.
Voici ce que l’on sait jeudi, au lendemain de la catastrophe himalayenne:
Que s’est-il passé?
Un puissant torrent d’eau, de boue et de débris a dévalé à grande vitesse mercredi matin des deux côtés de la frontière montagneuse du Népal et du Tibet, territoire chinois.
Une caméra de surveillance installée côté chinois a filmé une vague marron de plusieurs mètres submerger et engloutir en quelques secondes un bâtiment d’une demi-douzaine d’étages tandis que des personnes tentaient de fuir en courant.
Au Népal, la vague a déferlé sur les localités situées dans la vallée de la rivière Trishuli dans le district de Nuwakot, au nord de Katmandou, et celle de la Bhotekoshi à l’est de la capitale.
Dans un premier temps, les autorités chinoises avaient parlé de glissement de terrain, et les népalaises d’inondations.

Quelle en est la cause?
D’après l’Institut d’études géologiques des États-Unis (USGS), la crue pourrait avoir été causée par l’effondrement d’un glacier, d’une violence telle qu’il aurait provoqué un séisme de magnitude 5,2 et de nombreux glissements de terrain.
La topographie extrême de l’Himalaya a aggravé les risques. Les scientifiques vont tenter de comprendre si le changement climatique augmente la probabilité de tels événements extrêmes.
Au moins 180 morts
Les autorités népalaises ont indiqué jeudi à la mi-journée que la crue a couté la vie à 177 personnes. La Chine avait fait état la veille de trois personnes décédées, portant le bilan total à au moins 180 morts.

Plus d’un millier de disparus
Plus de 1300 personnes sont portées disparues, dont des centaines de touristes étrangers au cœur de l’Himalaya, «toit du monde» prisé des randonneurs et alpinistes, et le bilan ne cesse d’augmenter.
En Chine, 558 personnes sont portées disparues, dont 260 étrangers dont les nationalités n’ont pas été précisées.
Au Népal, plus de 1300 personnes n’ont pas été retrouvées. Parmi elles, 579 sont des touristes, dont 517 de nationalité étrangère, selon les autorités.
Parmi les touristes étrangers dont les autorités sont sans nouvelles, plus d’une centaine sont Indiens, une cinquantaine Ukrainiens. Des ressortissants de France, Malaisie, Royaume-Uni, Australie, Corée du Sud, Japon ou des États-Unis sont également recherchés, entre autres nombreuses nationalités.
Pékin a annoncé jeudi à la mi-journée qu’un centaine de Chinois sont portés disparus du côté népalais de la frontière.
Ressortissants français
Quatre touristes français sont portés disparus, a indiqué jeudi le bureau népalais du tourisme. Sollicité, le ministère français des Affaires étrangères n’a pas confirmé ce chiffre.
Il avait indiqué mercredi soir que 80 Français avaient signalé leur présence au Népal et que d’autres Français de passage pouvaient aussi être présents dans les zones touchées.

Aide internationale
Des moyens d’aide internationaux ont commencé à être envoyés dès mercredi au Népal.
Les États-Unis se sont engagés à verser 500 000$ d’aide d’urgence.
La Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (IFRC) a débloqué un peu plus d’un million d’euros de fonds d’urgence.
L’Union européenne a indiqué avoir activé son système de surveillance par satellite, Copernicus, pour aider les secouristes au Népal, et s’est dite prête à fournir davantage d’aide.
L’Inde voisine a envoyé 10 tonnes d’aide humanitaire, incluant des couvertures, des lampes solaires et des médicaments.