L’ancien avocat personnel du président américain Donald Trump, Todd Blanche, a prêté serment lundi en tant que procureur général, à l’issue d’une bataille de confirmation acharnée qui a mis en lumière les inquiétudes bipartites quant à l’orientation du ministère de la Justice sous la présidence républicaine.
C’est un autre ancien avocat de M. Trump — Emil Bove, aujourd’hui juge à la Cour d’appel fédérale — qui a fait prêter serment à M. Blanche à la Maison-Blanche, à la suite du vote de confirmation du Sénat, samedi matin, remporté à une très faible majorité.
Peu après, le nouveau ministre de la Justice est arrivé au siège du ministère sous les acclamations des employés alignés le long de l’entrée.
M. Blanche, ancien procureur fédéral à New York, prend officiellement les rênes d’un ministère de la Justice qu’il dirigeait par intérim depuis le limogeage de Pam Bondi en avril.
La bataille pour sa confirmation étant désormais derrière lui, M. Blanche doit désormais relever le défi de composer avec les exigences d’un président qui n’a pas caché son désir d’utiliser les forces de l’ordre pour s’en prendre à ses adversaires politiques.
Il devra le faire à la tête d’une agence affaiblie par les démissions, les licenciements et les départs volontaires, tout en faisant face à une opposition croissante de la part des tribunaux.
M. Blanche a été confirmé par 50 voix contre 49, deux républicains s’étant opposés à sa nomination en invoquant leurs inquiétudes face à ce qu’ils ont qualifié de politisation accrue du ministère sous M. Trump.
En tant que procureur général adjoint, puis procureur général par intérim, M. Blanche a supervisé les enquêtes visant de nombreux adversaires de M. Trump, notamment l’ancien directeur du FBI James Comey, que le ministère de la Justice a inculpé en avril pour la deuxième fois depuis le retour de M. Trump à la Maison-Blanche l’année dernière.
M. Blanche a vigoureusement défendu l’administration Trump contre les accusations selon lesquelles elle aurait instrumentalisé le ministère de la Justice.
Il a déclaré ne ressentir aucune pression pour apaiser M. Trump et insiste sur le fait qu’il ne voit aucun problème à ce que le président s’intéresse aux affaires du ministère de la Justice, qualifiant cela de «droit» et de «devoir» du président.
M. Blanche est entré dans l’entourage du président lorsqu’il a quitté son cabinet d’avocats en 2023 pour défendre M. Trump dans le cadre de plusieurs affaires pénales, dont deux engagées par le ministère de la Justice sous la présidence du démocrate Joe Biden.
M. Blanche a avancé que cette expérience lui avait permis d’observer de près ce qu’il qualifie d’utilisation du système de justice pénale à des fins politiques contre M. Trump.
Les défenseurs de M. Blanche affirment que la relation étroite qu’il a nouée avec Donald Trump en tant qu’avocat de la défense pourrait lui permettre de mieux résister aux exigences du président que ne l’a fait Mme Bondi.
La nomination de M. Blanche a failli être abandonnée en raison des inquiétudes bipartites concernant le règlement controversé du litige opposant M. Trump à l’Internal Revenue Service.
Sa nomination n’a pu aboutir qu’après qu’il eut confirmé par écrit, sous la pression des républicains, que l’administration renonçait à son projet de créer un fonds de 1,8 milliard $ US destiné à indemniser les alliés de M. Trump qui s’estiment lésés par ce service.
