Les autorités américaines de régulation automobile ont intensifié leur enquête sur Tesla après que plusieurs de ses véhicules se sont percutés pendant qu’ils utilisaient leur fonction de conduite autonome. Cette évolution survient alors qu’Elon Musk s’apprête à lancer un nouveau modèle dépourvu de volant et de pédales.
La National Highway Traffic Safety Administration (NHTSA) a indiqué dans une note datée du 18 mars qu’elle examinait neuf accidents au cours desquels le logiciel de conduite autonome n’avait pas alerté rapidement les conducteurs pour qu’ils reprennent le contrôle de leur véhicule dans des conditions de brouillard ou d’autres conditions défavorables, les caméras du véhicule n’ayant pas détecté les dangers de la route.
La note de la NHTSA laisse entendre qu’une enquête réglementaire ouverte en 2024 sur des accidents liés à une mauvaise visibilité pourrait désormais déboucher sur des mesures coercitives, pouvant inclure un rappel de 3,2 millions de véhicules Tesla.
L’action Tesla a chuté de 3,2 % à 380,30 $.
Ce renforcement de la surveillance réglementaire intervient alors que Tesla tente de convaincre les investisseurs que l’avenir de l’entreprise réside moins dans la vente de voitures, qui sont en baisse, que dans la généralisation de son logiciel de conduite autonome.
M. Musk a déclaré qu’il allait bientôt transformer des millions de voitures Tesla déjà en circulation en taxis que leurs propriétaires pourront louer lorsqu’ils ne les utilisent pas.
Dans le cadre de cette transition, M. Musk a annoncé que Tesla allait déployer cette année son service de robot-taxis sans conducteur dans plusieurs villes américaines. L’entreprise prévoit également de lancer la production de son Cybercab, sans volant ni pédales, afin de le commercialiser auprès des clients le mois prochain.
Tesla n’a pas immédiatement répondu à une demande de commentaires.
Contrairement à d’autres véhicules autonomes, les véhicules Tesla s’appuient uniquement sur des caméras pour détecter les dangers sur la route. D’autres complètent les caméras par des lidars, une méthode plus coûteuse que M. Musk a décrite comme inutile.
L’enquête de la NHTSA sur les accidents survenant en cas d’éblouissement par le soleil, de poussière ou de brouillard trop dense va désormais passer à une «analyse technique», un niveau d’examen plus approfondi.
Tesla avait baptisé son logiciel d’aide à la conduite «Conduite entièrement automatique», un nom que les experts automobiles et les régulateurs ont jugé trompeur, car les conducteurs doivent toujours garder les yeux sur la route et être prêts à prendre le relais à tout moment. L’entreprise a depuis changé le nom en «Conduite entièrement automatique (supervisée)».
Sur les neuf accidents faisant l’objet d’une enquête, Tesla a indiqué aux autorités de régulation que trois d’entre eux ne se seraient pas produits si les nouvelles mises à jour du programme avaient été installées.
Tesla fait l’objet de plusieurs autres enquêtes réglementaires, notamment une concernant des véhicules autonomes qui auraient brûlé des feux rouges et une autre sur des poignées de porte qui auraient cessé de fonctionner lors d’accidents, piégeant les passagers à l’intérieur.
