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Taïwan ne renoncera pas à sa liberté, affirme son président lors de la Fête nationale

Le discours a rapidement suscité les critiques de Pékin, qui l’a accusé de faire fi des faits et d’induire le public en erreur.

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Le président taïwanais Lai Ching-te salue la foule lors des célébrations de la Fête nationale à Taipei, à Taïwan, samedi 10 octobre 2026. Photo AP/Chiang Ying-ying Le président taïwanais Lai Ching-te salue la foule lors des célébrations de la Fête nationale à Taipei, à Taïwan, samedi 10 octobre 2026. Photo AP (Chiang Ying-ying)

Le président taïwanais Lai Ching-te a déclaré que Taïwan chérissait la paix, mais ne renoncerait pas à sa liberté, dans un discours prononcé samedi à l’occasion de la fête nationale de l’île, alors que les tensions entre les États-Unis et la Chine au sujet de Taïwan persistent.

Le discours de M. Lai a rapidement suscité les critiques de Pékin, qui l’a accusé de faire fi des faits et d’induire le public en erreur.

Taïwan est confrontée à une pression militaire et politique croissante de la part de la Chine, qui considère cette démocratie insulaire comme une province séparatiste devant être reprise par la force si nécessaire. En septembre, lors de sa visite à Washington, le président chinois Xi Jinping avait dit à son homologue américain Donald Trump qu’il espérait que les États-Unis adhéreraient à «la position correcte consistant à s’opposer à l’“indépendance de Taïwan”».

Le président Lai a soutenu que la Chine exerçait des pressions pour tenter de modifier le statu quo dans le détroit de Taïwan, et que la «détermination» de l’île ne concernait pas seulement sa propre survie face à une «expansion autoritaire». Cette situation teste le droit international et sa capacité à l’emporter sur la force, a avancé le dirigeant taïwanais.

L’augmentation des investissements de Taïwan en défense vise à dissuader la guerre, et non à la provoquer, a ajouté M. Lai.

La Chine et Taïwan sont gouvernées séparément depuis 1949, date à laquelle une guerre civile a porté le Parti communiste au pouvoir à Pékin. Les forces du Parti nationaliste, vaincues, se sont réfugiées à Taïwan. Depuis lors, l’île dispose de son propre gouvernement.

La Chine a fait pression sur Washington pour qu’il mette fin aux ventes d’armes à Taïwan, notamment lors d’un sommet qui s’est tenu en mai à Pékin entre MM. Trump et Xi. À la suite de cette rencontre, un contrat d’armement américain d’un montant record de 14 milliards $ US destiné à l’île a été gelé.

En septembre, le président Xi a demandé aux États-Unis de traiter la question taïwanaise «avec prudence».

Samedi, M. Lai a déclaré que Taïwan se félicitait du dialogue entre la Chine et les États-Unis visant à gérer leur rivalité et à réduire les risques de conflit et de guerre, mais il a souligné que le maintien de la paix exigeait une bonne compréhension de l’histoire.

La Chine fustige le président Lai

Le ministère taïwanais de la Défense a indiqué que 21 avions militaires chinois et sept navires de la marine avaient opéré autour de Taïwan au cours d’une période de 24 heures s’achevant samedi à 6 heures du matin, heure locale, 13 de ces appareils ayant franchi la ligne médiane du détroit de Taïwan et pénétré dans la zone d’identification de défense aérienne de l’île.

La porte-parole du Bureau chinois des affaires taïwanaises, Zhang Han, a critiqué M. Lai, pour ce qu’elle a qualifié d’attachement obstiné à une mentalité d’«indépendance de Taïwan» dans son discours, selon l’agence de presse officielle chinoise Xinhua.

Des invités étrangers, dont le roi Mswati III d’Eswatini et le lieutenant-gouverneur de l’Indiana, Micah Beckwith, ont présenté leurs félicitations à Taïwan, a indiqué le bureau de M. Lai. L’Eswatini est le seul allié diplomatique de Taïwan en Afrique. Une délégation parlementaire japonaise s’est également rendue sur l’île et s’est jointe aux célébrations.

La première ministre japonaise, Sanae Takaichi, a provoqué la colère de Pékin en novembre dernier en déclarant que toute action chinoise contre Taïwan pourrait entraîner une riposte militaire japonaise.

La fête nationale commémore la fondation de la République de Chine, qui a renversé la dynastie Qing en 1911. Le gouvernement nationaliste s’est installé à Taïwan en 1949, alors que les communistes de Mao Zedong prenaient le pouvoir sur le continent pendant la guerre civile.