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Sous pression de Trump, le Royaume-Uni prêt à revoir l’accord sur la restitution des Chagos à Maurice

L’accord de restitution a été suspendu en avril 2026 après avoir été dénoncé par le président américain.

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Les îles Chagos. Photographe : Pictures from History/Universal Images Group Editorial Les îles Chagos. Photographe : Pictures from History/Universal Images Group Editorial (Pictures from History/Photographer: Pictures from Hist)

Face à l’opposition inflexible de Donald Trump, le Royaume-Uni se dit prêt à renégocier l’accord conclu l’an dernier sur la restitution à Maurice de l’archipel des Chagos, où se trouve une base militaire américano-britannique stratégique.

L’accord de restitution, signé en mai 2025 par Londres après plusieurs années d’intenses négociations et un demi-siècle de litige, a été suspendu en avril 2026 après avoir été dénoncé par le président américain.

Le sort de l’archipel situé dans l’Océan indien empoisonne les relations britannico-américaines depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche.

Le président américain a à nouveau mardi qualifié l’accord de «terrible», lors de sa première rencontre avec le premier ministre britannique Andy Burnham, en marge de l’Assemblée générale de l’ONU à New York.

Le président Donald Trump serre la main du premier ministre britannique Andy Burnham lors de l'Assemblée générale des Nations unies, mardi 22 septembre 2026, au siège de l'ONU. Photo AP Le président Donald Trump serre la main du premier ministre britannique Andy Burnham lors de l'Assemblée générale des Nations unies, mardi 22 septembre 2026, au siège de l'ONU. Photo AP (Julia Demaree Nikhinson)

Il a ajouté que le Royaume-Uni allait «se pencher» sur la question, le chef du gouvernement britannique acquiesçant à ses côtés.

Un peu plus tard, Andy Burnham a affirmé à des journalistes britanniques qu’il fallait «trouver un compromis entre les différentes parties».

«Nous travaillons dur pour y parvenir», a-t-il ajouté, alors que Londres tente depuis des mois d’infléchir l’hostilité américaine à l’accord conclu par le précédent gouvernement travailliste de Keir Starmer, et initialement approuvé par Washington.

Interrogé sur la BBC mercredi, le ministre de la Défense Wes Streeting a reconnu que «l’accord, dans sa forme actuelle, ne peut pas aller de l’avant sans le soutien des États-Unis».

Ni M. Burnham ni M. Streeting n’ont cependant évoqué de prochain rendez-vous pour relancer les discussions.

Pas prioritaire

«Les propos de Donald Trump (…) confirment ce que l’on savait déjà: l’accord sur les îles Chagos est dans l’impasse, le Royaume-Uni ne voulant pas avancer sans le soutien américain», souligne à l’AFP Jack Pannell, du centre de réflexion British Foreign Policy Group.

Le projet de loi devant permettre de ratifier l’accord, introduit en juin au Parlement, devait être débattu fin octobre par la chambre des Lords. Les députés ne l’ont pas encore examiné.

Mais selon l’expert, ce sujet n’est pas prioritaire pour Andy Burnham, qui veut empêcher les Chagos «de devenir un boulet» pour les autres dossiers qu’il entend porter à l’international, comme la régulation de l’IA ou l’Ukraine.

Donald Trump s'exprime devant les Nations unies Voyez le compte-rendu de Sabrina Rivet.

L’accord de restitution prévoyait que le Royaume-Uni conserve un bail de 99 ans sur l’île de Diego Garcia afin de continuer à utiliser la base militaire stratégique qui s’y trouve, moyennant un paiement annuel de 101 million de livres à Maurice.

Cette base a joué un rôle majeur dans les deux guerres menées par les États-Unis en Irak (1990-1991, 2003-2011). Elle a aussi servi à lancer des attaques contre les rebelles houthis du Yémen, alliés de l’Iran contre Israël dans la guerre à Gaza.

Instrument de pression

Donald Trump avait reproché au prédécesseur d’Andy Burnham, Keir Starmer, d’avoir refusé que les bombardiers américains utilisent la base pour attaquer l’Iran, au début du conflit contre ce pays en février-mars.

Après avoir initialement approuvé l’accord, le président américain avait fait volte-face début 2026, le qualifiant de «grande stupidité», au moment où il affrontait l’opposition de nombreux pays européens, dont le Royaume-Uni, face à son projet de s’emparer du Groenland.

«Le fait que le Royaume-Uni abandonne un territoire extrêmement important (…) s’ajoute à une très longue liste de raisons de sécurité nationale pour lesquelles le Groenland doit être acquis», avait-il affirmé sur son réseau Truth Social.

Keir Starmer avait alors déclaré que ce changement de position n’avait d’autre but que de «faire pression (sur lui) et sur le Royaume-Uni», sur le dossier groenlandais.

Au moment de l’accord, M. Starmer avait aussi martelé qu’il n’y avait pas d’«autre alternative», face à l’opposition du parti conservateur et du parti nationaliste Reform UK.

Cet ancien avocat souhaitait régler ce litige avec Maurice, pour se conformer à un avis de la Cour internationale de justice (CIJ) et à une résolution non contraignante votée à l’ONU en 2019 qui demandaient au Royaume-Uni de mettre fin à son administration sur l’archipel.

Londres a conservé le contrôle des Chagos après l’indépendance de Maurice en 1968. Entre cette date et 1973, le Royaume-Uni a expulsé 2 000 Chagossiens pour installer sa base à Diego Garcia.