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Royaume-Uni: sous haute pression, Keir Starmer «réfléchit aux réalités politiques»

La pression est encore montée d’un cran sur le premier ministre britannique ce week-end.

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Starmer 19 juin Le premier ministre britannique Keir Starmer marche aux côtés du premier ministre adjoint David Lammy lors d'une visite dans un projet d'habitation au nord de Londres, le vendredi 19 juin 2026. (Peter Macdiarmid/Pool The Times via AP)

Confronté à des pressions de plus en plus fortes pour quitter Downing Street, le premier ministre britannique travailliste Keir Starmer multiplie les consultations et «réfléchit aux réalités politiques», a affirmé dimanche un ministre de haut rang, tandis que les médias pronostiquent une démission dans les prochains jours.

M. Starmer a répété vendredi qu’il se battrait pour rester au pouvoir, après l’élection au Parlement de son principal rival Andy Burnham, le maire du Grand Manchester, désormais favori pour le déloger de son poste.

Mais la pression est encore montée d’un cran sur Keir Starmer ce week-end.

Le ministre du Commerce britannique Peter Kyle a déclaré dimanche que le premier ministre, miné par l’impopularité, «prenait le temps de réfléchir aux réalités politiques, aux défis et aux opportunités auxquels il est confronté».

«Il s’est entretenu avec un très large éventail de personnes», a déclaré M. Kyle à la chaîne Sky News après avoir eu, selon ses propres termes, une conversation «franche» avec Keir Starmer vendredi.

La Une du journal The Observer dimanche assurait que M. Starmer «devrait démissionner» lundi, tandis que le Sunday Telegraph le disait «prêt» à partir, citant des proches du dirigeant britannique.

Selon The Observer, M. Starmer va «définir un calendrier pour son départ», précisant qu’il avait mené des discussions tout au long du week-end depuis Chequers, la résidence de campagne des premiers ministres.

«Je lui souhaite le meilleur!»

Donald Trump a pris pour acquis une démission du dirigeant travailliste, et lui a souhaité «le meilleur».

«Keir Starmer va démissionner comme premier ministre du Royaume-Uni», a écrit le président américain sur sa plateforme Truth Social.

«Il a échoué lamentablement sur deux sujets très importants - L’IMMIGRATION ET L’ENERGIE (EXPLOITEZ LE PETROLE DE LA MER DU NORD!). Je lui souhaite le meilleur!», a-t-il écrit.

La ministre des Affaires étrangères, Yvette Cooper, figure parmi les ministres de premier plan lui ayant demandé de démissionner, selon Sky News.

Plus de 100 députés travaillistes réclament désormais le départ de Keir Starmer, soit un peu moins d’un quart des députés du parti.

M. Starmer, ex-avocat de 63 ans, spécialisé dans les droits humains, était pourtant entré par la grande porte à Downing Street le 5 juillet 2024, après une large victoire du Labour aux législatives.

Les attentes étaient grandes dans un Royaume-Uni qu’il avait jugé «cassé» par 14 années de gouvernements conservateurs, mais deux ans plus tard, le pays reste confronté à une économie apathique, une hausse du coût de la vie et à des services publics, notamment de santé, éreintés par des années d’austérité.

Son gouvernement n’a pas non plus échappé aux affaires. Plusieurs de ses ministres ont été contraints au départ, dont sa numéro deux Angela Rayner, en septembre 2025. Il a également été accusé de ne pas prendre ses responsabilités dans l’affaire Peter Mandelson: nommé ambassadeur à Washington, l’ex-commissaire européen a été limogé neuf mois plus tard, après des révélations sur son amitié avec le criminel sexuel Jeffrey Epstein.

Parmi les successeurs possibles au chef du gouvernement, dont l’ex-ministre de la Santé Wes Streeting, Andy Burnham est le seul capable de battre clairement Starmer dans une élection interne, selon des études d’opinion.

Mais selon un sondage Yougov réalisé vendredi, seuls 23% des Britanniques pensent qu’il ferait un meilleur premier ministre que l’actuel locataire de Downing Street.