De nouvelles atrocités «de grande ampleur» pourraient se reproduire au Soudan, comme celles commises lors de la prise d’El-Fasher par les forces paramilitaires il y a un an, alertent lundi les États membres de la Coalition pour la prévention des atrocités et la justice au Soudan.
«Le 26 octobre 2025, la violence à El-Fasher et dans ses environs a atteint un sommet dévastateur après des mois de siège et d’attaques croissantes menées par les Forces de soutien rapide (FSR)», en guerre contre l’armée soudanaise, rappellent l’Allemagne, le Canada, le Danemark, l’Irlande, la France, la Norvège, les Pays-Bas, le Royaume-Uni, le Sierra Leone, la Suède et l’Union européenne dans un communiqué commun.
«Des civils ont été soumis à des atrocités abominables, incluant des massacres, des meurtres motivés par l’appartenance ethnique, des exécutions sommaires, des actes de torture, des disparitions, des recrutements forcés, des détentions arbitraires, ainsi qu’une violence sexuelle et fondée sur le genre généralisée», poursuivent-ils.
Des experts de l’ONU ont estimé que cette offensive menée par les FSR pour prendre la dernière grande ville du Darfour (ouest) encore aux mains de l’armée présentait «les caractéristiques d’un génocide».

Alors que la guerre fait rage depuis avril 2023 entre l’armée du général al-Burhane et les FSR du général Hemedti, «le risque de nouvelles atrocités de grande ampleur au Soudan demeure extrêmement élevé», ajoutent les États dans leur communiqué commun, pointant notamment l’utilisation croissante de drones.
Ce tragique anniversaire «rappelle que nous devons agir collectivement pour empêcher que cela ne se reproduise», écrivent-ils.
«Nous appelons également tous les États à respecter le droit international et à utiliser leur influence pour protéger les civils, prévenir de nouvelles atrocités et contribuer à mettre fin à ce conflit dévastateur», ajoutent les signataires.
Plusieurs pays et acteurs extérieurs interviennent indirectement dans la guerre au Soudan en soutenant l’un ou l’autre camp par de l’armement, de la logistique ou des financements.
Les Émirats arabes unis sont considérés comme le principal soutien des FSR, accusés de fournir des véhicules, du carburant et du matériel militaire, notamment en les acheminant via des pays voisins (Tchad, Libye).
Outre ce communiqué, le Royaume-Uni a annoncé lundi des sanctions contre des commandants militaires soupçonnés d’avoir notamment commis des violences sexuelles liées au conflit lors de la chute d’El-Fasher.
