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Retrouvailles attendues à Londres d'un militant pour la démocratie de Hong Kong

Tous ont pleuré de joie. Cependant, il pourrait être renvoyé sur le territoire chinois cette semaine, bien plus tôt que prévu.

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ARCHIVES - Le député pro-démocratie Wu Chi-wai accorde une entrevue dans son bureau du Conseil législatif à Hong Kong le 19 novembre 2020. Photo AP ARCHIVES - Le député pro-démocratie Wu Chi-wai accorde une entrevue dans son bureau du Conseil législatif à Hong Kong le 19 novembre 2020. Photo AP (Vincent Yu)

Après avoir passé plus de cinq ans dans une prison de Hong Kong, l’ancien député pro-démocratie Wu Chi-wai a enfin pu retrouver son épouse et son fils à Londres la semaine dernière.

Tous ont pleuré de joie. Cependant, il pourrait être renvoyé sur le territoire chinois cette semaine, bien plus tôt que prévu.

Wu Chi-wai, ancien président du parti d’opposition qui fut autrefois le plus important de Hong Kong, faisait partie des 47 militants inculpés en 2021 dans le cadre de la plus grande affaire judiciaire de la ville, en vertu d’une loi sur la sécurité imposée par Pékin qui a anéanti un mouvement démocratique jusque-là florissant.

Il a été condamné en 2024 à quatre ans et cinq mois de prison pour complot en vue de commettre un acte de subversion, en raison de son rôle dans une élection primaire non officielle.

Après sa libération le mois dernier, son premier objectif était de retrouver sa famille, qui réside désormais au Royaume-Uni. Craignant que son casier judiciaire n’entrave son entrée sur le territoire, il avait pris contact au préalable avec le consulat britannique de Hong Kong.

Mais, après son atterrissage à Londres mercredi dernier, les autorités frontalières ont estimé que Wu Chi-wai pouvait avoir d’autres intentions, notamment celle de demander un titre de séjour de longue durée, a-t-il déclaré à l’Associated Press lors d’un entretien.

Wu Chi-wai a indiqué qu’il avait finalement été autorisé à entrer sur le territoire, les autorités lui accordant une liberté provisoire de sept jours en matière d’immigration. Cela signifie qu’il sera expulsé du Royaume-Uni mercredi, a-t-il précisé, ce qui mettra fin prématurément aux projets de sa famille de passer plusieurs mois ensemble.

Il a dit craindre que ce dossier d’immigration n’affecte ses futurs voyages, et espère que le ministère de l’Intérieur reviendra sur sa décision et prolongera son séjour.

«Je suis très inquiet à l’idée de ne pas avoir la possibilité ou la chance de pouvoir revenir au Royaume-Uni pour revoir ma famille», a-t-il dit.

Dimanche, le ministère de l’Intérieur a indiqué qu’il ne commentait pas systématiquement les cas individuels, mais que le gouvernement restait déterminé à soutenir les Hongkongais au Royaume-Uni.

De nombreux Hongkongais ont quitté le territoire

Dans le contexte des bouleversements politiques survenus à Hong Kong après l’adoption de la loi sur la sécurité en 2020, de nombreuses familles et de jeunes professionnels ont émigré vers d’autres pays, dont la Grande-Bretagne.

Les autorités de Pékin et de Hong Kong affirment que cette loi était nécessaire pour assurer la stabilité de la ville.

Les données du gouvernement britannique montrent que plus de 230 000 résidents de Hong Kong ont obtenu un visa spécial leur permettant de vivre et de travailler au Royaume-Uni et de demander la résidence permanente au bout de cinq ans. Plus de 9800 personnes se sont vu accorder le droit de s’établir définitivement.

M. Wu a nié chercher à obtenir l’asile au Royaume-Uni, bien que son projet à long terme soit de retrouver sa famille là-bas. Il a exprimé sa crainte que d’autres Hongkongais ne soient confrontés à un problème similaire à la frontière.

Il a expliqué que son billet de retour pour Hong Kong, initialement prévu pour novembre, avait déjà été modifié pour mercredi, et ce sans qu’il en soit à l’origine. Le ministère de l’Intérieur et la compagnie aérienne n’ont pas immédiatement répondu aux questions à ce sujet dimanche.

Wu Chi-wai affirme qu’il donnera la priorité à sa vie de famille, et non à la politique

L’assemblée législative au sein de laquelle il a siégé est désormais composée de partisans de Pékin, suite à une refonte du système électoral.

Certains médias ont été fermés, notamment le journal pro-démocratie Apple Daily, dont le fondateur, Jimmy Lai, purge une peine de 20 ans de prison en vertu de cette même loi sur la sécurité.

Le Parti démocratique que Wu Chi-wai dirigeait autrefois s’est dissous, à l’instar de dizaines d’autres associations de la société civile, invoquant notamment le climat politique parmi les facteurs à l’origine de cette décision.

Ces changements reflètent l’érosion des libertés promises à l’ancienne colonie britannique lors de son retour sous la souveraineté chinoise en 1997.

«Même si l’on a du mal à lâcher prise, il faut quand même le faire», a commenté Wu Chi-wai à propos de la fin de son parti.

Il a ajouté que la prison lui avait appris que la vie est courte. Ses parents sont décédés alors qu’il était derrière les barreaux, et il n’a été autorisé qu’à se rendre brièvement à leurs funérailles.

«Si, dans un tel moment, vous ne pouvez pas faire vos adieux à vos parents une dernière fois, le choc psychologique est en réalité considérable», a-t-il énoncé.

Après le départ de sa femme et de son fils pour le Royaume-Uni en 2022, Wu Chi-wai ne pouvait les appeler que dix minutes par mois. Il lui fallait environ un mois pour envoyer une lettre et recevoir une réponse.

Wu Chi-wai affirme qu’il ne s’engagera plus dans des activités politiques.

«Je veux prendre un nouveau départ et profiter pleinement du temps dont je dispose pour retrouver ma famille, a-t-il assuré. Je pense que c’est ma priorité absolue pour l’avenir proche.»