Des centaines de personnes sont toujours à la rue à Pereira, dormant sous des tentes ou dans des abris, un mois après le puissant séisme en Colombie qui a fait plus de 330 morts et provoqué l’effondrement de milliers de bâtiments.
Fanery Andrade dort sous une tente dans un parc avec sa famille, dans l’attente des aides promises par le gouvernement. Sa maison a été réduite en ruines par le séisme de magnitude 7,4 ayant touché l’ouest du pays le 10 août dernier.
«Nous sommes encore là parce que les loyers sont impossibles, nous avons cherché, c’est hors de prix, ils ont atteint des niveaux stratosphériques», confie à l’AFP cette vendeuse ambulante de 41 ans.
Le séisme a détruit des écoles, des hôpitaux et des milliers de bâtiments. Les pertes ont été estimées par le gouvernement à 9,5 milliards de dollars. La reconstruction prendra des années.
Mme Andrade se souvient comment elle a réussi à sortir de chez elle juste avant que la maison ne s’effondre, à quelques mètres du parc.
«On dort encore avec la peur au ventre», assure-t-elle en montrant les restes de son logement.
Elle aurait pu aller dans un abri, mais a préféré rester près des six familles de voisins qui campent également. «On s’entraide tous», explique-t-elle.
Souffrant d’anémie et d’autres pathologies, la quadragénaire souhaite plus que tout pouvoir réinstaller son petit stand de fritures et retrouver «une petite maison».
Le président de droite Abelardo de la Espriella, qui a prêté serment trois jours avant le séisme, a annoncé des aides au logement d’un montant équivalent à 245 euros (environ 393 $ CAN) pendant trois mois pour les personnes sinistrées.
Mais plusieurs victimes interrogées par l’AFP assurent n’avoir toujours pas reçu cette aide.
Après avoir perdu sa boutique familiale de bougies aromatiques et de vaisselle jetable, où elle travaillait depuis 28 ans, Francia Elena Vasquez a réinstallé des étals dans l’angle d’un stationnement mis à sa disposition. «Grâce à la communauté, aux gens, (…) nous nous en sortons», raconte la commerçante.
Le séisme a détruit plus de 36 000 logements, selon l’organisme de gestion des catastrophes.
«On doit repartir de zéro», témoigne Matias Vélez, aide-soignant de 36 ans, blessé durant le tremblement de terre. Depuis l’effondrement de son appartement, il vit chez ses parents.