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Rencontre Trump-Xi: le bilan d’un sommet sur fond de tensions

Voici ce qu’il faut retenir de cette visite américaine de deux jours.

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Rencontre Trump-Xi: le bilan d’un sommet sur fond de tensions Par Sabrina Rivet | Le voyage de Donald Trump en Chine a pris fin vendredi. Le président américain et son homologue chinois, XI Jin Ping, ont tenté de s'entendre sur des enjeux majeurs, mais leurs discussions n’ont pas donné lieu à d'avancées majeures dans de grands dossiers.

Quel bilan pour Donald Trump? Le président américain a quitté vendredi la Chine après un dernier thé et une nouvelle visite à son homologue chinois Xi Jinping, avec lequel il a discuté commerce, Taïwan et Iran.

Voici les points-clés de sa visite de deux jours:

Un commerce en suspens

Donald Trump a déclaré vendredi que des accords «fantastiques» avaient été conclus. Xi Jinping a évoqué plus sobrement des «consensus». Peu de détails ont filtré de part et d’autre.

La Chine et les États-Unis sont au milieu d’une trêve commerciale d’un an conclue en octobre. Mais les différends demeurent.

Donald Trump espérait de la Chine d’importants achats d’avions américains et de produits agricoles — un enjeu clé pour sa base électorale.

Le président américain a déclaré à bord d’Air Force One, après son départ, que la Chine allait «acheter des milliards de dollars de soja».

Il a rapporté la promesse initiale d’achat, faite par son hôte selon lui, de 200 «gros» Boeing, dans un entretien avec la chaîne Fox News. Cette commande pourrait en appeler une autre de 750 appareils si la Chine était satisfaite des 200 premiers. L’avionneur n’a pas confirmé.

En revanche, M. Trump dit n’avoir pas abordé avec M. Xi l’épineuse question des droits de douane que s’imposent les deux pays.

Lors d’un point presse tenu après le départ de Donald Trump, le ministère chinois des Affaires étrangères a refusé de confirmer le moindre accord.

Xi déroule le tapis rouge à Trump sur fond de tensions multiples Donald Trump est arrivé en Chine alors qu'il s'agit de la première visite pour un président américain depuis 2017.

Ouvrir Ormuz

Mis sous pression par un conflit qui se prolonge au Moyen-Orient, Donald Trump était réputé chercher l’appui de la Chine, proche partenaire de l’Iran, pour trouver une solution à ce conflit régulièrement dénoncé par Pékin.

Selon le milliardaire de 79 ans, Xi Jinping lui aurait tenu des propos encourageants: la Chine ne fournirait pas d’armes à l’Iran et serait prête à contribuer à la réouverture du détroit d’Ormuz.

La Chine est directement affectée par le blocage du détroit par Téhéran et Washington. Selon la société d’analyse Kpler, plus de la moitié du pétrole brut importé par voie maritime par la Chine provient du Moyen-Orient.

Elle a encore réclamé vendredi un cessez-le-feu complet dans la région et la réouverture d’Ormuz «dès que possible».

Pas de commentaires sur Taïwan

C’est un sujet ultrasensible car il touche à la souveraineté de la Chine, laquelle revendique l’île de 23 millions d’habitants.

Les États-Unis sont le principal fournisseur d’armes de Taïwan et l’un de ses principaux soutiens sur la scène internationale, ce qui indispose Pékin, l’actuel président taïwanais étant issu d’un parti au credo indépendantiste.

Dans des propos inhabituellement fermes prononcés devant Donald Trump, le président chinois s’est alarmé jeudi du risque de «conflit» entre Chinois et Américains en cas de mauvaise gestion du dossier.

«Le président Xi et moi avons beaucoup parlé de Taïwan,» a déclaré le président américain à bord d’Air Force One.

«Il ne veut pas assister à une guerre pour l’indépendance», a ajouté M. Trump. «Je n’ai pas fait de commentaire, je l’ai écouté».

«Je n’ai pris aucun engagement dans un sens ou dans l’autre», a-t-il ajouté.

La politique des États-Unis sur Taïwan «reste inchangée à ce jour», a dit le secrétaire d’État Marco Rubio à NBC News, évacuant les suppositions selon lesquelles M. Trump pourrait faire des concessions en échange d’une aide chinoise sur l’Iran.

«Historique»

«C’est une visite historique, qui fera date», a dit vendredi Xi Jinping à son homologue.

Il a évoqué l’établissement d’une «relation stratégique stable et constructive» entre Chine et États-Unis.

«C’est un véritable repositionnement stratégique: il définit la manière dont les deux grandes puissances doivent coexister, se concurrencer et coopérer à long terme, en fixant des garde-fous clairs pour gérer les frictions tout en élargissant leurs intérêts communs», analyse Dong Wang, professeur à l’université de Pékin.

Rencontre entre Donald Trump et Xi Jinping en Chine Le président américain Donald Trump a rencontré jeudi son homologue chinois Xi Jinping à Pékin, à l'occasion du sommet des grandes puissances.

«Même si des désaccords persistent sur les technologies de pointe et la géopolitique, les deux camps agissent désormais dans le cadre de ce nouveau consensus stratégique pour éviter toute erreur d’appréciation ou de calcul», a-t-il ajouté.

Signe de cette entente: Donald Trump a invité Xi Jinping à la Maison-Blanche le 24 septembre.

Le président chinois a aussi promis à son homologue de lui faire parvenir des graines de roses de Chine, le milliardaire républicain s’étant montré impressionné devant celles cultivées dans les jardins du complexe gouvernemental chinois.

Droits humains

Donald Trump a dit à bord d’Air Force One avoir évoqué avec Xi Jinping la libération potentielle d’un pasteur chrétien détenu en Chine.

Selon le milliardaire républicain, M. Xi «examine avec un grand sérieux la situation» du pasteur, qui serait Ezra Jin selon la presse américaine.

En revanche, peu d’espoir pour le cas de Jimmy Lai, ex-magnat des médias pro-démocratie de Hong Kong, condamné en février à 20 ans de prison pour atteinte à la sécurité nationale.

«Je lui en ai parlé, c’est compliqué pour lui (…). Il m’a dit que c’était un cas difficile à gérer pour lui», a assuré M. Trump.