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Rejet des accusations visant le Salvadorien expulsé par erreur des États-Unis

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Kilmar Abrego Garcia et sa femme, au centre, se tiennent la main lors d'un rassemblement en son soutien à l'extérieur d'une cour fédérale à Greenbelt, au Maryland, le 12 mai 2026. Photo AP/Michael Kunzelman Kilmar Abrego Garcia et sa femme, au centre, se tiennent la main lors d'un rassemblement en son soutien à l'extérieur d'une cour fédérale à Greenbelt, au Maryland, le 12 mai 2026. Photo AP (Michael Kunzelman)

Une affaire de trafic d’êtres humains visant Kilmar Abrego Garcia, dont l’expulsion par erreur avait contribué à galvaniser l’opposition aux politiques d’immigration du président américain Donald Trump, a été classée sans suite vendredi.

L’expulsion de M. Abrego Garcia vers le Salvador l’année dernière est devenue un embarras pour les responsables de l’administration Trump lorsqu’ils ont reçu l’ordre de le rapatrier aux États-Unis.

M. Abrego Garcia a fait valoir que le moment choisi pour les poursuites pénales et les déclarations incendiaires à son sujet de la part de hauts responsables de l’administration américaine démontraient que les actions juridiques à son égard étaient motivées par la vengeance.

Le juge fédéral Waverly Crenshaw, siégeant à Nashville, a fait droit à la requête de M. Abrego Garcia visant à obtenir le rejet de l’affaire pour «poursuite visée ou vindicative».

«Sans le procès remporté par Abrego Garcia contestant son expulsion vers le Salvador, le gouvernement n’aurait pas engagé ces poursuites», a tranché M. Crenshaw, rejetant l’ajout de «nouvelles preuves» à son encontre.

Dans des documents judiciaires antérieurs, M. Crenshaw avait écrit qu’il avait trouvé des éléments indiquant que les poursuites contre M. Abrego Garcia «pourraient être motivées par la vengeance».

Le juge a souligné que de nombreuses déclarations de responsables de l’administration Trump «suscitaient des inquiétudes». Il a cité une déclaration de Todd Blanche, alors procureur général adjoint, qui semblait suggérer que le ministère de la Justice avait inculpé M. Abrego Garcia parce qu’il avait obtenu gain de cause dans son procès pour expulsion abusive.

Le premier assistant du procureur fédéral pour le district central du Tennessee, Rob McGuire, s’était opposé aux demandes de fournir des documents et des témoignages provenant de hauts responsables du ministère de la Justice, dont M. Blanche, à M. Abrego Garcia.

M. McGuire a insisté sur le fait qu’il était le décideur dans cette affaire et que ses motivations étaient les seules qui comptaient.

M. Abrego Garcia a été inculpé de trafic d’êtres humains et de complot en vue de commettre un trafic d’êtres humains. Les procureurs soutenaient qu’il avait accepté de l’argent pour transporter à l’intérieur des États-Unis des personnes se trouvant illégalement dans le pays.

Ces accusations découlent d’un contrôle routier pour excès de vitesse effectué en 2022 dans le Tennessee. Les images de la caméra corporelle d’un agent de la patrouille routière montrent un échange calme avec M. Abrego Garcia.

Il y avait neuf passagers dans la voiture, et les agents ont discuté entre eux de leurs soupçons de traite de personne. M. Abrego Garcia a finalement été autorisé à poursuivre sa route avec un simple avertissement.

Un agent du département de la Sécurité intérieure a témoigné lors d’une audience précédente qu’il n’avait commencé à enquêter sur ce contrôle routier qu’après que la Cour suprême des États-Unis a déclaré, en avril 2025, que l’administration républicaine de M. Trump devait s’efforcer de rapatrier M. Abrego Garcia depuis le Salvador.

Cette expulsion violait une décision rendue en 2019 par un tribunal de l’immigration lui accordant une protection contre l’expulsion vers son pays d’origine, après que le juge a estimé qu’il y courait un danger en raison d’un gang qui prenait sa famille pour cible.

M. Abrego Garcia est un citoyen salvadorien marié à une Américaine et père d’un enfant. Il vit dans le Maryland depuis des années bien qu’il ait immigré en situation irrégulière aux États-Unis à l’adolescence. La décision de 2019 lui permettait de vivre et de travailler aux États-Unis sous la supervision des services de l’immigration et des douanes, mais il n’a pas obtenu le statut de résident.

Des responsables de l’administration Trump ont cependant déclaré que M. Abrego Garcia ne pouvait pas rester aux États-Unis. Ils se sont engagés à l’expulser vers un pays tiers, le Libéria en dernier lieu.