Les chefs de la diplomatie de la Pologne et du Bélarus se sont rencontrés en marge de l’Assemblée générale de l’ONU, première réunion de haut niveau entre ces voisins depuis dix ans, perçue par Varsovie comme une amorce de normalisation.
Les tensions sont vives depuis des années entre la Pologne, membre de l’UE et de l’OTAN, et le Bélarus, allié de Moscou, État reclus dirigé par Alexandre Loukachenko depuis 1994.
Le ministre polonais des Affaires étrangères, Radoslaw Sikorski, a déclaré mercredi à la chaîne de télévision polonaise TVP qu’il avait rencontré la veille son homologue Maxim Ryzhenkov, sur le «territoire neutre» de l’ONU.
«Nous avons, plus que par le passé, une situation normalisée à la frontière», a-t-il indiqué.
«Nous avons aussi des libérations de prisonniers, dont Andrzej Poczobut», a ajouté Sikorski, en référence à un journaliste polono-bélarusse libéré par Minsk cette année. «Les voisins ont donc davantage de raisons d’essayer de stabiliser leurs relations».
Les ministres se sont rencontrés alors que l’administration du président américain Donald Trump a rouvert un dialogue avec Minsk, allégeant certaines sanctions en échange de libérations de prisonniers.
«Il s’agit de la première rencontre, de prise de contact, mais des réunions ont aussi lieu à d’autres niveaux», selon M. Sikorski. «Nous ouvrirons bientôt un nouveau bâtiment d’ambassade à Minsk. Lorsqu’un voisin souhaite dégeler et améliorer les relations, la Pologne est toujours la première à accepter».
Cité par l’agence de presse d’État Belta, le ministère bélarusse des Affaires étrangères a quant à lui indiqué que la réunion s’était «concentrée sur l’évaluation de l’état des relations bélarusso-polonaises et sur les voies de leur développement ultérieur dans l’intérêt des peuples des deux pays».
Le Bélarus a réprimé les manifestations de masse anti-Loukachenko en 2020. Des centaines de personnes restent emprisonnées et des milliers ont dû s’exiler, principalement en Pologne.
En 2022, Minsk a autorisé Moscou à utiliser son territoire pour envahir l’Ukraine.
La Pologne — qui a une frontière commune avec le Bélarus, la Russie et l’Ukraine — a également accusé Minsk d’avoir orchestré une crise migratoire à sa frontière, qu’elle a depuis largement étanchéifiée en érigeant un mur.
La dernière réunion de haut niveau entre les deux voisins remonte à 2016, lorsque le premier ministre polonais de l’époque, Mateusz Morawiecki, s’était rendu à Minsk.
