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Rapport d’analyse: Navalny, empoisonné par le Kremlin, dénoncent cinq pays européens

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Une femme dépose des fleurs sur la tombe de l’opposant du gouvernement russe Alexei Navalny, un an après sa mort, au cimetière de Borissovo à Moscou, le dimanche 16 février 2025. Photo AP Une femme dépose des fleurs sur la tombe de l’opposant du gouvernement russe Alexei Navalny, un an après sa mort, au cimetière de Borissovo à Moscou, le dimanche 16 février 2025. (The Associated Press)

L’opposant russe Alexeï Navalny a été empoisonné par le Kremlin avec une toxine mortelle dérivée de la peau des grenouilles venimeuses, ont dénoncé samedi cinq pays européens.

Les ministères des Affaires étrangères du Royaume-Uni, de la France, de l’Allemagne, de la Suède et des Pays-Bas ont dévoilé que l’analyse des échantillons prélevés sur Navalny, décédé il y a deux ans, «a confirmé de manière concluante la présence d’épibatidine». Il s’agit d’une toxine présente dans les grenouilles venimeuses d’Amérique du Sud qui n’existe pas à l’état naturel en Russie, ont-ils précisé.

Les pays ont déclaré dans un communiqué commun que «la Russie avait les moyens, le mobile et l’occasion d’administrer ce poison». Ils ont indiqué qu’ils allaient dénoncer la Russie à l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) pour violation de la Convention sur les armes chimiques.

«La Russie considérait M. Navalny comme une menace. En utilisant ce type de poison, l’État russe a démontré les moyens ignobles dont il dispose et la peur écrasante qu’il éprouve à l’égard de l’opposition politique», a affirmé la ministre britannique des Affaires étrangères, Yvette Cooper.

M. Navalny, qui menait une croisade contre la corruption officielle et organisait des manifestations massives contre le Kremlin, était l’ennemi politique interne le plus féroce du président Vladimir Poutine. L’homme de 47 ans est décédé dans une colonie pénitentiaire de l’Arctique en février 2024. Il purgeait une peine de 19 ans qu’il estimait motivée par des raisons politiques.

Sa veuve, Ioula Navalnaïa, a indiqué l’année dernière que deux laboratoires indépendants avaient conclu que son mari avait été empoisonné peu avant sa mort. À plusieurs reprises, elle a accusé Vladimir Poutine d’être responsable de la mort d’Alexeï Navalny, ce que les autorités russes ont vigoureusement nié.

Samedi, Mme Navalnaïa a déclaré qu’elle était «certaine depuis le premier jour» que son mari avait été empoisonné, mais que «maintenant, il y avait des preuves».

«Poutine a tué Alexeï avec une arme chimique», a-t-elle écrit sur le réseau social X, qualifiant le président russe de «meurtrier» qui «doit être tenu responsable».

Les autorités russes ont toujours soutenu que l’homme politique était tombé malade après une promenade et qu’il était décédé de causes naturelles.

En 2020, Alexeï Navalny, avait aussi été empoisonné par un agent neurotoxique, une attaque qu’il a imputée au Kremlin, qui a toujours nié toute implication. Sa famille et ses alliés se sont battus pour qu’il soit transporté en Allemagne afin d’y être soigné et de se rétablir. Cinq mois plus tard, il est retourné en Russie, où il a été arrêté et emprisonné pendant les trois dernières années de sa vie.