Un tribunal suédois a condamné mardi un homme de 61 ans à quatre ans et cinq mois de prison pour avoir exploité «impitoyablement» son épouse en la contraignant à se prostituer auprès de plus d’une centaine d’hommes.
L’homme a été reconnu coupable de «proxénétisme aggravé» ainsi que de tentative de viol, agression et menaces pour des faits qui se sont étalés sur plus de trois ans, selon un communiqué du tribunal sur cette affaire qui a choqué la Suède.
Le tribunal «a conclu que l’homme avait incité la femme à se prostituer et c’est également lui qui s’occupait de la majeure partie de la gestion de l’activité», a-t-il déclaré.
«La plaignante a été exploitée impitoyablement», souligne le tribunal.
Environ 120 clients ont été identifiés durant l’enquête, 29 ont pu être poursuivis et 28 condamnés, dont deux à de la prison ferme.
La procureure Ida Annerstedt avait déclaré à l’AFP au début du procès, en avril, que la femme avait «une peur profonde» de son mari.
L’accusé avait enjoint sa femme de ne pas le fâcher, sans quoi «le monstre serait libéré», avait déclaré la procureure au cours du procès.
«Nous avons établi que l’homme a influencé et poussé son épouse à accomplir des actes sexuels sur elle-même, à les diffuser sur internet, à recevoir d’autres clients sexuels et à tenter de convaincre des voisins et des clients à avoir des relations sexuelles avec elle. Dans de nombreux cas, cela s’est produit après des demandes insistantes, et des propos méprisants», a déclaré le juge Johan Ahlberg, cité dans le communiqué.
«En revanche, nous n’avons pas établi que sa participation ait été involontaire, au regard des conversations produites comme éléments de preuve, et faute de témoignage sur les événements jugés», a-t-il ajouté.
Le tribunal n’a pas condamné l’homme pour viols, n’ayant pu établir formellement la coercition.
Des comparaisons avaient été faites entre cette affaire et le cas en France de Dominique Pelicot, condamné en décembre 2024 à 20 ans de réclusion pour avoir drogué sa femme Gisèle afin de la livrer à des dizaines d’inconnus pour qu’ils la violent dans leur maison de Mazan (sud), entre 2011 et 2020.
