Le sous-secrétaire américain à la Défense Elbridge Colby a rencontré jeudi au siège de l’OTAN les alliés européens des États-Unis afin d’évaluer, a-t-il dit, leur engagement à assumer davantage la défense de leur continent.
Les Américains ont décidé en juin de se donner six mois pour revoir leur présence militaire en Europe, avec pour objectif que cette dernière assume à terme «la responsabilité première de sa défense conventionnelle». Cet examen de leur engagement sur le continent européen a officiellement débuté fin juillet.
«L’esprit dans lequel nous arrivons est évidemment, comme vous l’avez dit, un esprit de consultation, de participation», a affirmé M. Colby devant la presse, aux côtés du secrétaire général de l’Alliance Mark Rutte.
Il s’agit, a-t-il ajouté, d’avoir «une conversation pragmatique sur la manière dont nous avançons ensemble dans un monde, où l’Europe, qui est évidemment un continent très riche, peut prendre, et prend, la responsabilité principale de sa propre défense conventionnelle».
Et, de ce point de vue, «nous sommes proches, très proches de la position française qui consiste à dire qu’en réalité l’Europe peut et doit assumer davantage de responsabilités», a-t-il affirmé, à l’issue de la réunion des ambassadeurs des 32 pays de l’OTAN, à laquelle il a assisté jeudi.
«Honteux»
L’exigence par les États-Unis d’un meilleur partage du fardeau entre Européens et Américains dans la défense du continent n’est pas nouvelle. Mais elle a pris un tour plus dramatique depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche l’an dernier.
Son secrétaire à la Défense Pete Hegseth avait qualifié en juin à Bruxelles de «honteux» le comportement des alliés européens ayant refusé aux forces américaines l’accès aux bases de l’OTAN sur leur territoire ou ayant renâclé face à un telle perspective.
«Considérons certaines questions comme l’accès, l’utilisation des bases et les survols, où il y a beaucoup d’éléments positifs mais aussi certains points que nous devons régler pour que tout ait du sens à l’avenir», a déclaré sur ce point M. Colby.
«Assurons-nous de ne pas demander “carte blanche” quel que soit le contexte», a-t-il ensuite lancé devant la presse, avant de quitter le siège de l’OTAN.
«Nous devons être en mesure d’agir efficacement, nous avons besoin de prévisibilité, ce que les Européens réclament souvent. Or cela n’a pas toujours été au rendez-vous pendant l’opération Epic Fury et cela a suscité la frustration justifiée» de M. Trump, a-t-il ajouté.
Sous pression du président américain, les Alliés européens et le Canada se sont engagés à consacrer au moins 5% de leur produit intérieur brut (PIB) à leur défense d’ici à 2035.
Cette montée en puissance s’accompagne d’une réduction de l’engagement américain, y compris de retraits de troupes. Les États-Unis ont annoncé en mai leur décision de retirer entre 4.000 et 5.000de leurs 36 000 soldats présents en Allemagne.
Washington a également exprimé juin sa volonté de réduire sa contribution au «modèle de forces» de l’Alliance, qui permet à cette dernière de savoir sur quels moyens militaires elle peut compter de la part de ses 32 pays membres en cas de nécessité.
