Le premier vol commercial direct entre les États-Unis et le Venezuela a atterri jeudi dans la capitale de ce pays d’Amérique du Sud, sept ans après que le département américain de la Sécurité intérieure eut ordonné une suspension pour une durée indéterminée, invoquant des raisons de sécurité.
La reprise d’un vol commercial sans escale entre les deux pays intervient plusieurs mois après la capture par les États-Unis de l’ancien président Nicolás Maduro lors d’un raid nocturne spectaculaire mené contre sa résidence à Caracas début janvier.
Elle intervient également un mois après la réouverture officielle de l’ambassade américaine à Caracas, à la suite du rétablissement de relations diplomatiques complètes avec le Venezuela.
«Je suis très impatient de partir voir ma famille et j’ai hâte de découvrir le pays», a témoigné Lennart Ochoa, un passager de Miami, peu avant l’embarquement. Il a indiqué qu’il était «prêt à partir» et qu’il avait acheté son billet dès qu’ils ont été disponibles. «Le simple fait de pouvoir aller voir ma famille grâce à un vol direct de Miami à Caracas n’a pas de prix.»
Le directeur du National Energy Dominance Council (Conseil américain pour la domination énergétique), Jarrod Agen, figurait parmi les passagers du vol inaugural. M. Agen doit rencontrer des responsables vénézuéliens et des dirigeants des secteurs de l’énergie et des mines dans le cadre des efforts déployés par l’administration Trump pour faciliter l’entrée d’entreprises américaines dans ce pays d’Amérique du Sud, selon le gouvernement vénézuélien.
À l’aéroport international de Miami, le personnel d’American Airlines a remis aux passagers de petits drapeaux vénézuéliens. Des ballons aux couleurs du drapeau — jaune, bleu et rouge — ornaient la porte d’embarquement menant à l’avion.
Le vol AA3599, opéré par Envoy Air, une filiale d’American Airlines, a décollé de Miami à 10 h 11, heure avancée de l’Est, avec cinq minutes d’avance sur l’horaire prévu, selon les informations sur les départs de l’aéroport international de Miami. Il est arrivé environ trois heures plus tard dans la capitale vénézuélienne, avant de repartir vers la Floride plus tard dans l’après-midi.
Auparavant, la compagnie aérienne avait annoncé qu’un deuxième vol quotidien entre Miami et Caracas serait mis en place à partir du 21 mai.
Fin janvier, le président américain Donald Trump a déclaré avoir informé la présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodríguez, qu’il ouvrirait tout l’espace aérien commercial au-dessus du pays, permettant ainsi aux Américains de s’y rendre.
«Les citoyens américains pourront très bientôt se rendre au Venezuela, et ils y seront en sécurité», avait déclaré M. Trump à l’époque.
Ces vols marquent la reprise des liaisons directes entre les États-Unis et le Venezuela pour la première fois depuis la rupture des relations diplomatiques en 2019. Au cours des sept dernières années, les passagers ont dû recourir à des compagnies aériennes internationales et à des itinéraires indirects passant par les pays voisins d’Amérique latine.
En janvier, lorsque la compagnie aérienne a annoncé la reprise des vols, elle a souligné qu’elle donnerait à ses clients la possibilité de retrouver leurs familles et de saisir de nouvelles occasions commerciales.
American Airlines était la dernière compagnie aérienne américaine à desservir le Venezuela. Elle avait suspendu en 2019 ses vols entre Miami et Caracas, ainsi que ceux à destination de Maracaibo, plaque tournante pétrolière du pays. Delta et United Airlines s’étaient retirées en 2017 dans le contexte d’une crise politique qui avait contraint des millions de personnes à fuir le pays.
«Les parents pourront retrouver leurs enfants, les grands-parents leurs petits-enfants, et des familles entières retrouveront la maison qui les a formées et élevées», a déclaré Daniella Levine Cava, mairesse du comté de Miami-Dade, lors d’une conférence de presse avant le début de l’embarquement. «Miami-Dade abrite la plus grande communauté vénézuélienne des États-Unis.»
