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Pourquoi (et comment) Donald Trump a-t-il décidé d’organiser un gala de UFC à la Maison-Blanche?

Retour sur cet événement surréaliste et sur la façon dont il a vu le jour.

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Members of the media view the arena for the UFC Freedom 250 fights on the South Lawn of the White House, Thursday, June 11, 2026, in Washington. (AP Photo/Alex Brandon) Des journalistes observent l'arène où se dérouleront les combats de l'UFC Freedom 250 sur la pelouse sud de la Maison-Blanche, le jeudi 11 juin 2026, à Washington. (Alex Brandon)

Le combat se transposera en dehors de l’arène politique du Capitole dimanche à Washington… pour se dérouler dans un hexagone du UFC situé juste en face de la Maison-Blanche.

Organisé à l’occasion du 250e anniversaire de l’indépendance des États-Unis et le jour même du 80e anniversaire du président Donald Trump, l’UFC Freedom 250 ne laisse personne indifférent.

Quelque 4500 invités doivent prendre place dimanche sur la pelouse sud de la Maison-Blanche, et jusqu’à 100 000 autres pourront suivre les combats sur écran géant dans un parc adjacent.

Retour sur cet événement surréaliste et sur la façon dont il a vu le jour.

Un projet qui mijote depuis des années

D’après un employé de la Maison-Blanche sondé par CNN, l’idée d’accueillir la UFC à la résidence du président aurait germé dans l’esprit de Donald Trump en 2024, peu après sa deuxième élection. Assistant à un gala de l’organisation au Madison Square Garden de New York, le président américain aurait pris la décision d’organiser un événement encore plus «grandiose» à Washington.

Voici «La Griffe», l'arène de MMA à la Maison-Blanche L'arène de combat qui accueillera des combats d'arts martiaux mixtes le 14 juin à la Maison-Blanche lors d'un événement pour les 80 ans du président américain Donald Trump a été dévoilée jeudi.

Près de deux ans plus tard, l’événement est sur le point de voir le jour… et viendrait avec une facture de près de 60 M$, d’après CNN.

«L’UFC paye. Aucun argent public n’est utilisé» pour cette installation, a toutefois affirmé à l’AFP un responsable de la Maison-Blanche le mois dernier.

Donald Trump et le président de l’UFC, Dana White, un ami de longue date du président, ont néanmoins travaillé main dans la main pour organiser l’événement, d’après CNN. Un «festival» pour les fans aura par exemple lieu samedi, tandis qu’un rassemblement exclusif pour le mouvement MAGA aura lieu dimanche, rapporte le réseau américain.

Des combats qui ne font pas l’unanimité

Pour différentes raisons, le gala ne fait pas l’unanimité chez plusieurs.

Le podcaster Joe Rogan, qui commente la UFC et qui a soutenu Trump par le passé, est l’un des sceptiques. «J’y serai, mais ça ne m’emballe pas vraiment. Ça ne me semble tout simplement pas être une bonne idée», a-t-il exprimé en mars, dans des propos rapportés par CNN.

Mais cette semaine, l’animateur conservateur a tempéré ses propos, assurant que c’était «tellement drôle de voir les gens s’affoler à ce sujet».

«Il n’y a rien de plus américain qu’un combat de l’UFC sur la pelouse de la Maison-Blanche. C’est tellement américain. C’est tellement Trump. C’est complètement fou», a-t-il assuré avec enthousiasme.

Même au sein de la UFC, des combattants ont dit avoir été écartés de l’événement après avoir critiqué le gouvernement.

Le combattant Bryce Mitchell a par exemple décrit le combat à la Maison-Blanche comme «un abus flagrant de pouvoir politique visant essentiellement à pousser les gens à vénérer Donald Trump».

Une plainte devant les tribunaux a même cherché à bloquer sa tenue, estimant qu’il s’agissait là d’une utilisation illégale de l’espace public qui allait enrichir les amis du président.

La Maison-Blanche a rejeté ces accusations et même démenti une suggestion - faite par Donald Trump lui-même - que la structure pourrait persister, un peu comme Paris avait gardé sa Tour Eiffel après l’exposition universelle de 1889.

«La Griffe [NDLR; le surnom donné à l’hexagone] sera démontée immédiatement après la fin de l’événement», a écrit un responsable de la Maison-Blanche dans un document judiciaire.

CNN soulève néanmoins que l’UFC Freedom 250 génère un certain engouement auprès de la base «MAGA» de Trump et qu’on assiste à une véritable course pour obtenir des billets.

«Des partisans ont déclaré s’être heurtés à des obstacles malgré leurs contacts habituels au sein de l’administration — certains hauts responsables allant même jusqu’à conseiller aux personnes en quête de billets de s’adresser directement à la chef de cabinet de la Maison-Blanche, Susie Wiles, ou simplement de tenter leur chance sur Ticketmaster», rapporte le média américain.

«Gladiateurs»

Donald Trump, magnat de l’immobilier devenu président à la surprise générale, marque bien là sa différence avec ses prédécesseurs.

«Donald Trump a construit sa personnalité publique en étant lui-même un spectacle», souligne Peter Loge, de l’université George Washington, en entrevue avec l’Agence France-Presse. Ce spécialiste de la communication politique souligne que les combats de dimanche vont de pair avec un style de présidence qui plaît beaucoup auprès de sa base partisane.

«C’est un truc de gladiateurs», souligne l’universitaire. «En ces temps troubles dans le pays, cela revient à dire que les États-Unis sont puissants, en contrôle - et il y aura des feux d’artifice avec deux mecs qui se tapent dessus.»

La diplomatie américaine au service du MMA

La diplomatie américaine a signé jeudi un partenariat avec l’UFC, l’organisation qui domine le monde des arts martiaux mixtes.

«Peu importe la couleur de notre peau, notre pays d’origine ou la langue que nous parlons, nous sommes tous des êtres humains, et le combat est inscrit dans notre ADN», a déclaré le patron de l’UFC, Dana White, en signant cet accord au côté du secrétaire d’État américain Marco Rubio.

Dressant un contraste singulier, le chef de la diplomatie américaine vantait les mérites du MMA au moment où le président Trump annonçait sur Truth Social avoir annulé les frappes dont il menaçait l’Iran le jour même, assurant qu’il ne restait plus qu’à trouver «la date et le lieu» pour la «signature» d’un accord avec Téhéran.

Selon M. Rubio, l’événement est «un cadeau offert au peuple américain».

«Il ne reste plus grand-chose dans notre société, et je dirais même dans le monde, qui nous rassemble tous (...) C’est l’une des rares choses qui nous restent qui rassemble tant de personnes, venues d’horizons si divers, d’origines si différentes et aux points de vue si variés, pendant quelques heures, pour profiter d’une chose qu’elles ont en commun - et le pouvoir de rassemblement que cela génère est incroyable», a-t-il dit.

Dans le cadre du partenariat avec l’UFC, des athlètes et des entraîneurs joueront le rôle d’ambassadeurs sportifs des États-Unis et animeront des stages d’entraînement destinés à de jeunes athlètes internationaux.

Le département d’État a signé un partenariat similaire avec la NFL, le championnat de football américain, dont Marco Rubio est fan.

Avec de l’information de CNN et de l’Agence France-Presse