Pendant plus d’un mois, Luna, une chienne de race Jack Russell terrier qui s’était enfuie du chalet de sa famille alors qu’elle était en vacances au parc national de Yellowstone, a échappé à toute tentative de capture, tandis que les craintes quant à sa survie grandissaient et que l’hiver approchait. Mercredi, son calvaire a connu une fin heureuse lorsqu’elle a été retrouvée et qu’elle a pu retrouver ses propriétaires.
Cette chienne blanche de 10 ans, aux oreilles pointues et portant un collier gris, avait été aperçue en train de traverser des carrefours, de se promener dans les résidences du personnel et d’entrer dans des gîtes par les portes automatiques de ce vaste parc, qui abrite des grizzlis, des loups et d’autres prédateurs.
Katie Boucher, la bénévole qui a coordonné l’opération de sauvetage et porte-parole des propriétaires californiens de Luna, a raconté qu’elle et l’un des propriétaires avaient retrouvé la chienne dans un piège appâté avec des morceaux d’un chandail et d’une taie d’oreiller appartenant à la famille. Ils l’ont emmenée chez un vétérinaire, où le propriétaire a tenu la chienne pendant qu’elle était examinée mercredi après-midi.
«Elle est en sous-poids, mais c’est normal. Elle est alerte et de bonne humeur», a indiqué Mme Boucher. «J’ai pleuré tout le long du trajet depuis le parc jusqu’ici.»
Luna s’est échappée le 10 septembre. Mme Boucher a expliqué que la chienne avait passé sa première année dans la rue avant d’être adoptée et qu’elle avait fait preuve d’un fort instinct de survie pendant qu’elle était en liberté. D’après les témoignages, Luna a retracé les pas de sa famille à partir de la veille de sa disparition — se faufilant dans les restaurants ou les gîtes qu’ils avaient visités et cherchant refuge dans les résidences du personnel et les commerces.
Une évasion dans la nature sauvage
Le jour de son évasion, la famille l’avait laissée dans leur chalet avec une affiche «Ne pas déranger» pendant qu’ils partaient explorer le parc. Ils pensent qu’un membre du personnel d’entretien a accidentellement ouvert une porte, libérant ainsi la chienne.
«Le personnel s’est alors mis à la poursuivre dans cette partie du parc pendant plus de deux heures avant que les propriétaires ne reviennent et ne découvrent tout ce désordre ainsi que la disparition de leur chienne», a rapporté Mme Boucher.
Yellowstone a été le premier parc national des États-Unis et s’étend sur environ 9000 kilomètres carrés, couvrant des portions du Wyoming, du Montana et de l’Idaho.
La famille de Luna a recherché la chienne, qui est en partie de race chihuahua, mais on leur a dit qu’elle était probablement morte, peut-être tuée par un coyote, a raconté Mme Boucher. Quelques jours après avoir quitté Yellowstone, les propriétaires ont appris que Luna avait été repérée et ont contacté la présidente du Norris Ark Training and Recovery Center à Norris, au Montana, au nord du parc.

«Je ne peux même pas imaginer ce que je ressentirais si j’étais en train de passer les vacances de ma vie, à la recherche de toutes ces expériences mémorables dans l’un des plus beaux endroits de la planète, et que j’y perdais un membre de ma famille», a confié Katie Boucher.
Les habitants et les touristes appelaient Luna par son nom ou la poursuivaient, ce qui déclenchait chez elle une réaction de lutte ou de fuite et la poussait à s’enfoncer davantage dans le parc, selon Mme Boucher. Les bénévoles ont installé un piège sans mise à mort en utilisant l’odeur de la famille pour attirer Luna, en évitant toute nourriture susceptible d’attirer des ours ou d’autres animaux sauvages.
Le temps pressait à l’approche de l’hiver
Selon Katie Boucher, c’était la dernière semaine où elle aurait pu rechercher Luna. Elle dormait dans un parc de véhicules récréatifs réservé aux employés saisonniers, qui ferme ses portes lundi prochain.
Les recherches avaient mobilisé tant les résidents locaux que les touristes. Marie Jaskula, une résidente de la région qui gère l’un des dépanneurs du parc, a affiché des pancartes à chaque entrée du parc pour exhorter les visiteurs à rester à l’affût de la chienne.
«On ne saurait trop insister sur l’importance de ne pas la poursuivre», a-t-elle dit. «Tout le monde voit cette petite chienne filer à toute allure à travers l’intersection ou peut-être autour de leurs logements d’employés, et le premier réflexe est de l’appeler par son nom et de la poursuivre.»
