Une attaque de drones russes sur un poste-frontière entre l’Ukraine et la Moldavie a fait deux morts et trois blessés, a annoncé mercredi le gouverneur de la région d’Odessa en Ukraine, Oleg Kiper.
«Au cours de la nuit, des drones ennemis ont attaqué le poste-frontière routier de Starokozache à la frontière avec la Moldavie», a-t-il indiqué sur Telegram.
Selon un premier bilan, «deux personnes ont été tuées et trois blessées», a-t-il ajouté.
Le poste-frontière a été endommagé et son activité a été suspendue, a poursuivi le gouverneur, confirmant une première information du Service des gardes-frontières ukrainiens.
Un citoyen moldave qui voyageait en voiture vers Chisinau a également été blessé dans l’attaque, mais a refusé d’être hospitalisé, selon un communiqué du ministère moldave des Affaires étrangères.
Le premier ministre moldave Vasile Tofan a dénoncé l’intensification des attaques, qui mettent «de plus en plus en danger la vie de nos citoyens également», lors d’une réunion du Conseil des ministres retransmise sur Facebook.
«Rien qu’en août, 17 drones ont touché notre territoire. C’est plus que pendant toute l’année dernière», a-t-il souligné, parlant d’«une évolution extrêmement préoccupante.»
Situé côté ukrainien, le poste-frontière de Starokozache se trouve à la pointe sud-est de la frontière ukraino-moldave, à environ 70 kilomètres de la ville ukrainienne d’Odessa et à 130 kilomètres de Chisinau, la capitale moldave.
596 drones ukrainiens abattus par la Russie
La Russie a annoncé mercredi avoir abattu dans la nuit 596 drones ukrainiens au-dessus d’une dizaine de ses régions et de la Crimée annexée, des attaques qui ont fait quatre morts, dont un enfant, selon les autorités.
Cette annonce intervient au lendemain d’un nouvel entretien téléphonique entre le président russe Vladimir Poutine et son homologue américain Donald Trump sur les moyens de régler le conflit en Ukraine.
Les attaques ont notamment visé Novorossiïsk, ville portuaire sur la mer Noire, dans la région de Krasnodar (sud), où «quatre personnes, dont un enfant, ont été tuées» et 29 autres blessées, a indiqué le gouverneur régional, Véniamine Kondratiev.
«Nos militaires ont repoussé dans la nuit une attaque massive de drones ennemis contre la région, Novorossiïsk ayant été la ville la plus touchée», a-t-il précisé dans un communiqué sur Telegram.
De plus, la Russie a affirmé également avoir été visée par un drone ukrainien à 3000 km de la frontière, une attaque de longue portée rarissime et qui a provoqué un incendie sur un site industriel de l’Oural.
«Aujourd’hui, une attaque de drone contre l’un des sites industriels de Novy Ourengoï a été repoussée. La chute des débris a provoqué un incendie», a déclaré le gouverneur du territoire autonome de Iamalo-Nenetsie, Dmitri Artioukov.
L’attaque n’a fait ni morts ni blessés, a-t-il dit, demandant aux habitants de la région de «garder leur calme» et assurant que «la situation est sous contrôle».
La ville de Novy Ourengoï a été bâtie dans les années 1970 à la suite de la découverte d’un riche gisement de gaz naturel, celui d’Ourengoï.
La Russie — qui a lancé en février 2022 une offensive à grande échelle contre son voisin ukrainien —, et l’Ukraine sont engagées depuis des mois dans une nette escalade des frappes de longue portée, qui visent des sites énergétiques, logistiques et portuaires, ainsi que des navires en mer Noire.
Au point mort depuis longtemps, les efforts diplomatiques poussés par les États-Unis afin de mettre fin à ce conflit sanglant ont été relancés le week-end dernier avec une visite des émissaires de Washington Steve Witkoff et Jared Kushner à Moscou et à Kyiv.
Après ces déplacements, un nouvel entretien téléphonique a eu lieu mardi entre Vladimir Poutine et Donald Trump qui ont évoqué le conflit en Ukraine avec une «extrême franchise», selon le Kremlin.
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a affirmé mardi que des négociateurs russes, ukrainiens et américains pourraient se réunir dès ce mois-ci pour discuter d’une issue pacifique.
Mais la Russie s’est montrée plus réservée, estimant lundi qu’il était «trop tôt» pour parler concrètement d’une telle rencontre.
