Treize personnes ont été tuées lundi dans une ville industrielle du centre de la Russie, dans l’une des attaques les plus meurtrières survenues sur le territoire russe depuis le début de l’offensive de Moscou contre l’Ukraine en 2022.
Des frappes russes ont dans le même temps fait au moins 6 morts en Ukraine.
L’attaque ukrainienne «massive», menée en Russie «contre des sites industriels comme civiques» selon les autorités locales, a visé au Tatarstan la ville de Nijnekamsk, située à plus d’un millier de kilomètres de la frontière ukrainienne.
Ville d’environ 240 000 habitants, Nijnekamsk, souvent surnommée la «capitale pétrochimique» du Tatarstan, abrite notamment des raffineries pétrolières et une importante usine pétrochimique.
Selon des informations disponibles vers 12H00 GMT, «13 personnes ont été tuées, dont un enfant», ont indiqué les autorités du Tatarstan dans un communiqué, précisant que 75 autres avaient été blessées, dont 21 ont été hospitalisées.
Des ressortissants du Tadjikistan et d’Ouzbékistan figurent parmi les personnes tuées, selon le gouvernement régional.
Une journée de deuil lundi au Tatarstan a été déclarée par le dirigeant local Roustam Minnikhanov.
L’état-major ukrainien a affirmé avoir frappé la raffinerie Taneko, contrôlée par le géant pétrolier Tatneft, dans le cadre d’opérations visant à «réduire le potentiel militaire de l’agresseur russe».
Des images non vérifiées publiées sur les réseaux sociaux montraient un large panache de fumée noire s’élevant du site d’une installation pétrolière.
Pour sa part, le Comité d’enquête russe, chargé des principales investigations dans le pays, a annoncé l’ouverture d’une enquête pour «attentat».
«Selon les enquêteurs, les forces armées ukrainiennes ont visé avec des drones un secteur résidentiel, ainsi que des sites industriels à Nijnekamsk», a indiqué le Comité dans un communiqué.
Nijnekamsk avait déjà été frappée par des drones ukrainiens le 12 juin, l’état-major ukrainien ayant alors affirmé y avoir visé deux raffineries pétrolières.
L’attaque avait fait quatre blessés et provoqué l’annulation des célébrations locales à l’occasion de la Journée de la Russie, un jour férié national.
Frappes russes en Ukraine
Dans la nuit de dimanche à lundi, la Russie a abattu au total 456 drones ukrainiens au-dessus d’une quinzaine de ses régions et de la Crimée annexée, selon un communiqué du ministère de la Défense.
Dans la région de Belgorod, frontalière de l’Ukraine, une femme a été tuée à la suite d’une attaque de drone ayant visé une maison dans la localité de Novaïa Tavoljanka, ont indiqué les autorités locales.
En Ukraine, cinq personnes ont été tuées dans la région de Kharkiv (nord-est) dans un «tir d’artillerie massif» russe sur une zone résidentielle d’un village dans le district de Tchougouïv, a indiqué sur Telegram le bureau du procureur général, qui a diffusé des images de maisons détruites.
Une personne a aussi été tuée à Kherson (sud) dans une attaque de drone sur un taxi, selon le gouverneur régional Iaroslav Chanko.
À Zaporijjia (sud), qui abrite la plus grande centrale nucléaire d’Europe, des bombes planantes russes ont fait au moins 18 blessés, a indiqué la police ukrainienne.
Plus de quatre ans après le début de l’offensive russe à grande échelle contre l’Ukraine, la diplomatie est au point mort et les deux pays font monter en puissance leurs frappes à longue portée.
Ces frappes ciblent quasi quotidiennement des sites énergétiques, logistiques, portuaires ou de transport, faisant un nombre croissant de victimes civiles.
