Une frappe de drone russe contre un minibus a tué quatre personnes et blessé cinq autres mercredi matin dans la ville méridionale ukrainienne de Kherson, selon les autorités locales, le président Volodymyr Zelensky dénonçant une chasse à l’homme «cruelle».
L’attaque a visé cet autobus transportant des civils alors qu’il circulait dans les rues de cette ville très régulièrement ciblée par des frappes russes, d’après des responsables régionaux.
Elle a «pris la vie de quatre personnes» et cinq autres, dont le chauffeur, ont été blessés à divers degrés de gravité, a indiqué le gouverneur de la région de Kherson, Oleksandre Prokoudine.
L’opérateur du drone russe «ne pouvait pas ignorer qu’il visait un véhicule civil» mais il a tout de même «largué l’engin explosif directement sur le toit du bus», a-t-il ajouté.
Des photos, publiées par les autorités ukrainiennes, montrent un minibus jaune aux vitres soufflées et au sol taché de sang, avec un trou béant dans le toit.
Après la frappe, «le chauffeur a décidé de conduire immédiatement le véhicule endommagé vers l’hôpital pour ne pas perdre de temps», même si cela aurait pu l’exposer à une deuxième attaque, selon Oleksandre Prokoudine.
Volodymyr Zelensky, sur les réseaux sociaux, a dénoncé un «“safari” russe cruel» contre la population de Kherson.
L’Ukraine accuse régulièrement l’armée russe de se livrer à une chasse à l’homme en ciblant délibérément des civils à l’aide de drones.
Début août, Kyiv s’était indigné d’une vidéo montrant un vendeur de légumes poursuivi à Kherson par un drone russe.
L’homme, qui a survécu, avait ensuite affirmé avoir tenté de montrer à l’opérateur de l’appareil qu’il ne transportait que des produits alimentaires, et non du matériel militaire.
Ce type d’attaques «est la réalité du quotidien dans les régions ukrainiennes proches du front», a dénoncé Volodymyr Zelensky, appelant ses partenaires à agir pour mieux protéger l’Ukraine.
La ville de Kherson, qui comptait environ 280 000 habitants avant la guerre, avait été sous contrôle russe de mars à novembre 2022.
Les forces russes, désormais positionnées de l’autre côté du fleuve Dniepr qui la borde, la frappent régulièrement, notamment avec des drones. Une partie de la région de Kherson reste occupée.
Plus de quatre ans après le début de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, les frappes se sont intensifiées des deux côtés du front, faisant un nombre croissant de victimes civiles.
Les autorités russes accusent également régulièrement l’armée ukrainienne de cibler des civils à dessein avec des drones, notamment dans la région de Belgorod, frontalière de l’Ukraine.
Échange de prisonniers de guerre
L’Ukraine et la Russie ont procédé mercredi à un nouvel échange de prisonniers de guerre impliquant 103 personnes dans chaque camp, a annoncé le ministère russe de la Défense, dans l’un des seuls domaines de coopération entre les deux pays belligérants.
«Cent trois militaires russes ont été rapatriés. En échange, 103 prisonniers de guerre des forces armées ukrainiennes ont été remis», a-t-il indiqué dans un communiqué.
Les militaires russes se trouvent actuellement au Bélarus pour une prise en charge «médicale et psychologique», selon Moscou. Ils seront ensuite transférés vers la Russie.

Le ministère russe a souligné que les Émirats arabes unis, comme lors de précédents échanges, avaient joué «un rôle de médiateur» dans ce rapatriement.
L’Ukraine n’a pas encore fait de commentaire.
Les échanges de prisonniers sont l’un des derniers domaines de coopération entre la Russie et l’Ukraine, et le seul résultat tangible de négociations entre les deux pays.
Selon Kyiv, plus de 15 000 civils ukrainiens sont en détention dans des prisons russes. En février, M. Zelensky avait affirmé qu’environ 7 000 militaires ukrainiens étaient par ailleurs en captivité.
Depuis cet hiver, plusieurs nouveaux échanges de prisonniers ont eu lieu, impliquant à chaque fois plusieurs centaines de personnes des deux camps.