Une explosion à la suite d’une attaque ukrainienne à Sébastopol a fait cinq morts, a annoncé jeudi le gouverneur local installé par Moscou dans cette ville de la péninsule de Crimée annexée par Moscou.
Quatre artificiers du ministère russe des Situations d’urgence et un agent de sécurité ont été tués, a précisé Mikhaïl Razvojaïev sur Telegram. «Nos gars inspectaient la zone après une attaque ukrainienne. Une munition ennemie a explosé», a-t-il ajouté.
Depuis juin, les forces ukrainiennes intensifient leurs frappes sur cette péninsule annexée par Moscou en 2014, ciblant en particulier les infrastructures énergétiques et logistiques russes.
Ces attaques répétées ont entraîné l’instauration cet été d’une «situation d’urgence» dans toute la Crimée, destination prisée des estivants russes, où des pénuries de carburant et des coupures d’électricité ont été constatées.
Les frappes de Kyiv font aussi presque quotidiennement des victimes civiles en Crimée, où vivent 2,4 millions de personnes.
Une importante raffinerie russe mise à l’arrêt
Une attaque ukrainienne a mis à l’arrêt pour au moins six mois une importante raffinerie de pétrole située à environ 1300 kilomètres du front, a annoncé jeudi un responsable russe.
Cette situation pourrait aggraver les difficultés d’approvisionnement en carburant qui touchent automobilistes et entreprises en Russie ces derniers mois.
L’Ukraine a intensifié ses frappes de drones et de missiles longue portée contre les infrastructures pétrolières russes, cherchant à assécher la manne financière qui alimente l’offensive à grande échelle lancée contre son territoire il y a quatre ans et demi.
La raffinerie mise hors service est située à Orsk, ville de la région d’Orenbourg proche de la frontière avec le Kazakhstan. L’Ukraine l’a attaquée cette semaine, déclenchant un incendie important sur le site.
Le gouverneur local, Evguéni Solntsev, a affirmé que la raffinerie resterait pour l’heure fermée et que les réparations prendraient plusieurs mois.
«L’équipement est importé et, compte tenu des sanctions, les réparations prendront jusqu’à six mois», a-t-il écrit sur les réseaux sociaux.
«L’usine est complètement à l’arrêt. Nous nous préparons au pire des scénarios», a-t-il dit.

La région devra s’appuyer sur des importations de carburant pour couvrir ses besoins, selon lui.
Les attaques ukrainiennes ont provoqué des pénuries à travers la Russie dans les derniers mois.
Presque toutes les régions ont dû, à un moment ou à un autre, restreindre les ventes en limitant par exemple la quantité de carburant vendue par client, ou en interdisant le remplissage de bidons.
Les responsables avaient affirmé que la situation s’améliorait ces dernières semaines, sans parvenir à rassurer certains des automobilistes rencontrés par l’AFP à Moscou mercredi.
«Les files d’attente sont de nouveau plus longues. Et les prix de l’essence ne baissent pas, au contraire, ils augmentent», regrettait un chauffeur de taxi, Noursoultan Akhmadov.
